Au Cameroun, une fiction brise l’omerta sur le viol

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Frank Thierry Léa Malle n’en est pas à son coup d’essai. En 2016, sa société de production, Inception Arts&Com, sort un court métrage Point de vue consacrée à la violence faite aux femmes. De L’accordune fiction de Canal+ qui sortira sur petits et grands écrans le 29 avril, le réalisateur camerounais de 35 ans signe son deuxième long métrage après innocent (Prix du Jury à l’Africlap Festival 2020), un polar sur les discriminations de genre.

« Ce film parlait de justice, de justice et de vérité. L’accord est une question de justice, de justice et d’honneur », nuance-t-il. Inégalités sociales, inégalités économiques, violences et discriminations sexuelles… Autant de thèmes chers à ce fils, évoqués par une mère dévouée qui remplissait le « rôle de mère et de père à la fois ».

lutte des classes

C’est peut-être pour cela que Frank Thierry accorde à Léa Malle une place importante dans ses dernières fictions, comme le personnage de Flora, joué par la jeune actrice Vanessa Ambassa. Diplômée des quartiers pauvres et sensibles de Yaoundé, elle rêve d’études supérieures. Flora rencontre Cédric (Jakin Touwole), un garçon de bonne famille promis à un bel avenir, fils d’une femme ambitieuse et pleine de carrière, maire par intérim à l’époque en pleine campagne électorale.

Le couple opposé tente de redéfinir les lignes de l’homogamie sociale en décidant de s’aimer. Mais le destin de la jeune fille bascule un soir : victime d’une agression sexuelle après une intoxication au GHB, Flora tente de retrouver sa mémoire et le coupable, avec l’aide d’un substitut du procureur, un autre personnage féminin.

Lutter contre le viol, sans tabou

Sous ses airs de thriller social sans grande prétention cinématographique, et derrière une narration parfois maladroite – ponctuée de parcours chronologiques qui obscurcissent la lecture – L’accord ose, sans détours ni tabous, aborder la question du viol. Et augmente celui de l’accès à la justice pour les plus précaires.

Lis

Le film s’ouvre sur un fait divers : le réalisateur assiste à une scène dans laquelle un automobiliste heurte un piéton, qui succombe à ses blessures. Pour éviter un procès, le chauffeur achète le silence de la famille du défunt. « Je suis parti de là. Mais j’ai fait le choix de mettre le viol, sujet plus fort, au centre de l’histoire, pour commencer, raconte le cinéaste. Les gens ne sont pas forcément conscients de leurs droits, qu’ils peuvent porter plainte ou engager une procédure civile, poursuit-il. Mon travail de réalisateur est d’informer, avec la dose de sensibilisation nécessaire ».

    © Inception Arts & Com

© Inception Arts & Com

Mettre fin à l’impunité

Frank Thierry Léa Malle note une certaine prise de conscience sociale et une expression d’indignation face aux violences sexuelles faites aux femmes dans la sphère publique et notamment sur les réseaux sociaux. Cependant, il refuse de faire de son film un plaidoyer féministe. « La fille violée est l’allégorie d’une société violée, qu’on veut faire taire pour de l’argent. C’est bien de cela qu’il s’agit, de remettre en cause ces accords entre riches et pauvres, entre Etat et population, nuance-t-il. Flora représente cette société pauvre dont les droits sont bafoués. Sortir de l’insécurité et des déterminismes sociaux pour en finir avec l’impunité, tel est le message du jeune réalisateur qui rêve d’une société plus juste et égalitaire.

L’accord par Franck Thierry Malle – ddiffusé sur Canal+ et sortie cinéma (Canal Olympia à Yaoundé et Majestic à Abidjan, Côte d’Ivoire) le 29 avril

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Source :
Jeune Afrique

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