Cameroun : au coeur de Yaoundé, « le Temple de Noé »

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Dans son quartier d’Etoudi, à deux pas de la présidence camerounaise, l’ancien champion de tennis Yannick Noah a fait construire un immense complexe hôtelier. Visite guidée.

C’est la chronique d’un retour au pays. Celle de la légende du tennis Yannick Noah, ancienne personnalité préférée des Français, star de la musique et homme d’affaires, qui est revenue construire un village de vacances sur la terre où sont nés ses ancêtres. Aussi l’histoire d’un patronyme, qui appartient à l’une des familles les plus célèbres et les plus influentes du Cameroun. « Cet endroit est plus qu’un hôtel, c’est le Temple de Noé », raconte Yannick, qui nous fait visiter le site mi-février.

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Déterminé à pérenniser l’héritage de ce lieu emblématique de Yaoundé, il n’a pas changé le country club fondé par Zacharie, son père, décédé en 2017. Une oasis de verdure de plusieurs hectares qui ressemble à un parc d’attractions, parsemée de vastes pelouses, de courts de tennis et d’un terrain de basket ajoutés par son fils, Joakim Noah, pendant son séjour en NBA… Construit par sa défunte mère, Marie-Claire Échalier-Perrier, l’école qui accueille trois cents enfants, a aussi tout son charme.

Patrimoine

Parmi les innovations, un minibar nous plonge, dès l’entrée, dans l’univers de l’ancien sportif de haut niveau. De part et d’autre de cet espace cosy, un mini-musée, dans lequel le vainqueur de Roland-Garros expose tous les trophées qu’il a remportés au cours de sa carrière. Balade authentique et originale dans le monde du tennis des années 80. Idéal pour boire un verre ou discuter entre amis, dans une ambiance bercée par les musiques du monde.

Où qu’ils soient, tous les enfants du clan doivent savoir qu’ils ont une maison au Cameroun

Et bientôt le plat principal : autour d’une cascade, dix-neuf chambres et trois suites, dont une VIP. « Chacune de ces pièces porte le nom d’un petit-fils du clan, explique Yannick. Histoire de les préparer à récupérer cet héritage et de leur dire que où qu’ils soient, ils ont une maison au Cameroun.

A l’intérieur, un mélange d’artisanat camerounais ou, plus largement, africain, donnant un côté ethnique chic. Bambou et rotin local, bogolan – ce tissu de coton fabriqué au Mali -, chaises en bambou, le tout recouvert de paille du Nord Cameroun.

Guitare et Karaoké

Chez les Noahs, la musique reste le fil conducteur. Au cœur du domaine, un bus désaffecté a été réaménagé pour accueillir les amateurs de karaoké. Le samedi, il n’est pas rare de voir le nouveau gardien du temple prendre sa guitare et monter sur scène pour jouer quelques notes. Le grand-père, Simon Noah Bikié (le « Papa Tara » célébré par Yannick en chanson), et le père, Zacharie Noah, dit « Tonton Zac », qui repose non loin dans le caveau familial, apprécieraient.

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Yannick Noah a également ouvert une boutique pour Le Coq Sportif, la marque qui équipe les équipes nationales de football du Cameroun. Membre du conseil d’administration de l’équipementier, avec lequel il voyage depuis l’âge de 19 ans, Yannick Noah n’est pas étranger à la signature du contrat liant cette marque à la Fédération camerounaise de football depuis janvier 2020.

Ce n’est pas la compagnie qui compte, mais la spiritualité du lieu

L’ancienne gloire du tennis se souvient de cette réunion du conseil où l’appel d’offres a été discuté. « Quand je suis tombé sur le dossier camerounais et qu’on l’a regardé, j’ai dit : [aux membres du CA]allons-y sans hésiter », se souvient-il.

Près de 1,5 million de dollars ont été investis dans le développement de la propriété de 3 acres. Yannick Noah a l’air bon enfant et refuse d’endosser le costume d’entrepreneur. « Ce n’est pas le business qui compte, mais la spiritualité du lieu », note-t-il. Une des conséquences du tournant de son précédent projet immobilier ?

Mille hébergements… et un test

Fin 2016, les médias annonçaient en grande pompe son ambitieux projet : la construction d’une ville au cœur de Yaoundé, baptisée « Cité des cinquantenaires » : 1 000 logements conçus selon les normes européennes seraient livrés en 2019. Yannick Noah et ses partenaires financiers – dont son fils Joakim – ont ciblé la classe moyenne et la diaspora, investissant plus de 60 milliards de francs CFA (plus de 90 millions d’euros).

En son absence, Yannick Noah avait créé une société civile immobilière, MJ Construction, et délégué l’exécution des travaux à son cousin, Emmanuel Atangana. Trois ans plus tard, et après environ 500 000 € dépensés, rien n’avait bougé sur le chantier dont l’achat avait été facilité par la Mairie de Yaoundé. Yannick Noah estime avoir été victime d’une arnaque et est actuellement jugé contre ce membre de la famille.

Parmi les visiteurs, les tennismen Amélie Mauresmo et Yahiya Doumbia, le boxeur Tony Yoka…

A 61 ans, l’ancien sportif, installé au Cameroun en 2020 en pleine pandémie de Covid-19, entame une nouvelle vie. Depuis l’ouverture du Village Noah, ses amis font le voyage pour découvrir ce coin du Cameroun : Amélie Mauresmo et Yahiya Doumbia, membres de la grande famille du tennis français, le boxeur Tony Yoka, etc. Lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, la CAF les membres sont également restés dans le village, où se trouvait une fan zone officielle de la compétition.

Noah veut en faire une escale privilégiée pour les Yaoundais comme pour les touristes. « Nous offrons aux visiteurs un bel endroit, à Yaoundé, pour qu’ils sortent du pays et se disent : ‘On a vu quelque chose de beau' », conclut-il.

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Source :
Jeune Afrique

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