Cameroun : bienvenue aux « gentlemen » de Yaoundé

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Un coup de sifflet a mis fin à la conversation. Les montres indiquent 5 heures précises. La petite dizaine de dignitaires habitués des lieux ont quitté la terrasse du Cannibale pour se positionner dans le café, face à l’écran de télévision. Certains ont leur place assignée, au premier rang. D’autres sont assis sur un tabouret, accoudés au bar. Ces quinquagénaires sont généralement des avocats ou des fonctionnaires. Mais le 13 janvier 2022, ils sont tous entraîneurs de l’équipe camerounaise de football. Les Lions Indomptables se préparent à affronter l’Ethiopie pour leur deuxième rencontre en Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Le premier match, une victoire contre le Burkina Faso, a été difficile. Alors force est de constater que les spectateurs du Cannibal ont le difficile enthousiasme, malgré les quelques bouteilles de bière servies sur les tables.

Lis

Augustin Onambélé Fouda a choisi un doigt de whisky, qu’il a prolongé d’un Coca-Cola bien frais. Propriétaire des lieux, il s’est installé à sa place, juste à côté de la porte d’entrée qui donne sur le carrefour Elig-Essono, dans le coeur historique de Yaoundé. Dans cette atmosphère déjà sombre, il fume cigarette sur cigarette. Le mince pharmacien ne montre aucun enthousiasme particulier pour son équipe nationale, dont il regrette la gloire fanée. Alors que certains désespèrent de la piètre qualité d’une passe, tandis que d’autres réclament l’indulgence pour le geste raté d’un attaquant, il quitte fréquemment son siège et n’accorde qu’une attention toute relative à cette rencontre, qui se conclura pourtant par une victoire de quatre buts pour les Camerounais. .à un.

héritage manqué

Augustin, comme tout le monde l’appelle ici, n’a jamais été l’homme le plus démonstratif de toute façon. A deux pas d’ici, les tombes de sa famille se trouvent dans un cimetière, et une chapelle y a été construite par son père, André. Il dirige ce lieu où les notables de la capitale ont pris l’habitude de venir parler politique sans compromis. Même si une partie des clients sont des fonctionnaires, l’appareil d’Etat n’y a pas bonne presse. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) non plus, malgré la présence de certains de ses élus. Nous partageons autant de potions que nous partageons de secrets sur l’abus des puissants. Certains trouvent la force de s’indigner, augmentant le volume des débats. Augustin Onambélé Fouda est l’un des plus « tranquilles ».

Son père reste le premier Noir à gouverner le destin de la ville, qu’il a marqué de son empreinte.

Source :
Jeune Afrique

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