Cameroun: le lamido de Garoua, l’affaire du meurtre et le difficile apprentissage du pouvoir

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A Garoua, il est tabou de discuter publiquement des mésaventures judiciaires du lamido. Avant de s’y aventurer, votre interlocuteur regardera discrètement à gauche puis à droite pour finalement ne lâcher que quelques phrases sibyllines. Dans cette grande ville du nord du Cameroun, la nouvelle se répand à la vitesse de l’harmattan et tout le monde a peur de se mettre dans le collimateur du nouvel homme fort de la ville. Ses mésaventures forment pourtant le feuilleton de l’après-CAN et donnent subtilement l’échange autour d’un chai, au coucher du soleil.

La rumeur est emportée, la foule menace d’attaquer le lamidat

Le 3 février, Ibrahim El Rachidine était auditionné dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du jeune Ali Youssef, 16 ans, survenu dans la clôture du lamidat. L’incident s’est produit le 31 janvier. La ville de Garoua était timidement sous le choc de l’euphorie qui accompagnait le quart de finale Tunisie-Burkina Faso qu’elle venait de disputer lorsque ses habitants ont été informés du décès d’un des cousins ​​du lamido, survenu dans son palais.

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Bientôt la rumeur est emportée. Le jeune homme aurait subi des tortures avant de succomber, la foule menace d’attaquer le lamidat. Les autorités locales doivent intervenir pour rétablir le calme, tandis que Yaoundé ordonne l’ouverture d’une enquête.

Le corps de la victime, enterré dans la nuit selon la coutume islamique, a été exhumé le lendemain, 1er février. Une autopsie confirme la torture et le corps est scellé. Le tribunal militaire a été saisi, le lamido a été inculpé d’homicide involontaire et l’enquête est « normale » depuis, ont indiqué des sources judiciaires.

Source :
Jeune Afrique

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