Cameroun : l’école, la nouvelle Sodome et Gomorrhe

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Consommation de drogue, sexe en groupe, sorcellerie… la communauté éducative semble dépassée par ce phénomène de mode dans les écoles à travers le pays.

La situation est à la fois alarmante et préoccupante. La recherche du savoir cède peu à peu la place aux pulsions dans les écoles. A Yaoundé, la population se souvient encore du cas d’une trentaine d’élèves exclus du lycée bilingue de Mendong, dans l’arrondissement de Yaoundé VI. La décision du directeur est intervenue le 3 novembre, à l’issue d’une réunion du conseil de discipline. Ces étudiants ont été exclus à cause de la consommation de drogue pour certains et d’orgie pour d’autres. En effet, le 22 octobre, une dizaine d’élèves en tenue du lycée bilingue de Mendong ont été aperçus dans une maison inhabitée non loin de la brigade de gendarmerie du quartier du même nom. Ils seront interpellés par la gendarmerie grâce à un quartier.

« Dans cette maison inhabitée, les étudiants étaient en possession de quatre bouteilles de whisky et buvaient des stupéfiants. Certains se sont échappés et nous avons emmené les autres à la gendarmerie. Comme ils étaient mineurs, nous les avons libérés après que leurs parents aient signé le procès-verbal. Mais nous sommes toujours à la recherche de la personne qui livrera les médicaments aux étudiants », confie un gendarme sous couvert d’anonymat. Il y a environ un an, dans une salle de classe du même établissement, une énorme scène d’orgie avait mis en scène des élèves. Elle avait fait le tour des réseaux sociaux. Alors que ces deux groupes d’élèves ont été définitivement radiés du personnel du lycée bilingue de Mendong le 3 novembre, deux élèves du lycée d’Elig-Essono, toujours dans la capitale politique, ont été interpellés pour des délits flagrants de possession de drogue. Ces élèves, ont rapporté des sources policières, se trouvaient non loin de l’école, dans le périmètre des vendeurs de cannabis. Deux ans plus tôt, une vingtaine d’élèves du même lycée, non loin de quartiers réputés dangereux comme Elig-Edzoa et Etoa-Meki, avaient été interpellés avec une importante quantité de drogue.

débauche

Des écarts ajoutés à ceux enregistrés dans d’autres écoles des villes de Yaoundé, Douala, Kribi, entre autres. En effet, l’année scolaire 2020-2021 a malheureusement été marquée d’une part par le phénomène des bourses magiques au sein du Lycée Bilingue Kribi, dans le Département de l’Océan, Région Sud et d’autre part. , à travers des scènes d’orgie, étayées par des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, tournées dans des écoles de Kribi et Douala. Trois établissements ont été impliqués dans ces pratiques tumultueuses dans cette dernière ville (un lycée technique, un lycée bilingue d’enseignement général et un établissement privé) et un dans le premier.

Selon les rapports des directeurs d’école à la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, les élèves concernés, dont des acteurs et des photographes, avaient été expulsés de l’école au cours de cette année scolaire. Les spectateurs, à leur tour, s’étaient vu infliger une interdiction temporaire de huit jours chacun. Mais à Kribi, les 14 élèves interdits d’orgie avaient été réintégrés par le ministre des Enseignements secondaires alors qu’ils étaient en mission de travail à Kribi.

arme blanche

Cinq autres jeunes régulièrement inscrits impliqués dans l’affaire dite du portefeuille magique au lycée bilingue de Kribi ont également été expulsés du lycée. Sur les cinq étudiants, deux ont été poursuivis et jugés libres pour avoir pratiqué la sorcellerie. Ils ont en fait été libérés sous caution. Une autre scène qui a eu un impact négatif cette année scolaire s’est déroulée à Obala, dans le département de la Lekié, en région Centre. Le 20 novembre 2020, un élève avait utilisé un couteau à lame, objet interdit dans les bâtiments scolaires, pour couper le doigt de son camarade de classe.

L’année scolaire 2019-2020 a également eu de tristes souvenirs gravés dans les mémoires. Deux meurtres avaient marqué cette année-là. Le 14 janvier 2020, un jeune professeur de mathématiques, Boris Kevin Njomi Tchakounté, a rendu son âme aux portes du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé. C’était le résultat d’un coup de couteau qu’il a subi alors qu’il enseignait sereinement dans une classe de 4e année du lycée classique Nkolbisson à Yaoundé. D’après les témoignages de certains élèves de cette classe, l’élève meurtrier de 17 ans a sorti un couteau de sa poche et a poignardé à la poitrine l’enseignant qui lui avait demandé de quitter la classe. Selon le rapport à Pauline Nalova Lyonga, il s’agissait d’un meurtre au premier degré car l’élève aurait annoncé quelques heures avant son intention de poignarder le professeur de mathématiques.

tram

Le 29 mars 2019, l’élève Tsanou Rosmaann Bleuriot a également été poignardé à mort par son ami au lycée bilingue de Deido, à Douala. Des témoignages rapportent que ces deux jeunes, entourés de camarades de classe différents, se sont violemment disputés. Soudain, l’un d’eux sortit de sa poche un couteau à lame et poignarda son camarade dans le flanc avant de s’enfuir. Poursuivi par ses camarades témoins de la bagarre, il aurait pu être arrêté peu après par la police non loin de l’école. En plus de ces deux faits marquants qui ont défrayé la chronique durant l’année scolaire 2019-2020, la présence de drogues dans certaines écoles à travers le pays avait également été signalée. Ce fut le cas au Lycée de Nkol-Eton à Yaoundé, où le 11 novembre 2019 un élève d’un autre genre venu livrer de la drogue aux élèves de ce lycée a été interpellé par le directeur. Ces derniers avaient prévenu la gendarmerie que, lors de leur perquisition dans le sac de l’élève suspecté, ils avaient trouvé les uniformes de tous les lycées de la ville de Yaoundé avec une grande quantité de drogue.

En 2017, c’est le CETIC de Ngoa-Ekelle, toujours dans la commune de Yaoundé, qui a défrayé la chronique : une étudiante de 17 ans a été surprise en train de consommer du chanvre indien dans les toilettes de l’établissement. Il avait aussi un kit avec une bonne quantité de veines de ce médicament destiné à la vente. Il a ensuite été remis à des éléments de la brigade Melen. C’était en fait après un incident survenu une semaine avant son arrestation. Après qu’un étudiant s’est évanoui, il a avoué à son réveil qu’il avait avalé 11 comprimés de Tramol.

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