Cameroun : les Ambazoniens et l’industrie des enlèvements

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La voix est hésitante et l’anglais un peu difficile. « Moi, Regina Mundi, Ambazonienne de naissance et de nationalité, je prends la parole aujourd’hui, 30 avril 2022 […]† Je demande à tous de rejoindre le combat pour mettre fin à la République [du Cameroun] de l’Ambassade. †

Enlevée le même jour à Bamenda, dans la province du Nord-Ouest, la sénatrice n’a manifestement pas écrit le texte qu’elle lit devant ses ravisseurs – elle en esquive une ligne. Filmée par les Forces de défense ambozoniennes (ADF), Regina Mundi siège à la chambre haute du parlement et porte les couleurs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.

Menaces d’exécution

En échange de sa libération, les preneurs d’otages exigent le regroupement de tous les dignitaires anglophones et la libération de 75 personnes détenues dans diverses prisons à travers le pays. Selon nos informations, ils menacent d’exécuter le parlementaire le 20 mai, jour de la fête nationale camerounaise, qui commémore l’unification des territoires anglophone et francophone.

Le reste de la vidéo consiste en un long commentaire suffisant d’un directeur de l’ADF, un mouvement mené de loin par Ayaba Cho, un chef de guerre sécessionniste réfugié en Norvège. C’est lui qui s’est présenté sur son compte Twitter en mars dernier comme le parrain de l’attentat d’Ekondo-Titi. Elle a été réalisée à l’aide d’un engin explosif improvisé et a fait sept morts, dont le sous-préfet et le maire de cette ville du Sud-Ouest.

Dans les coulisses, ils négocient des rançons contre des libérations. Par exemple, ils financent l’entretien des troupes et l’achat d’armes

Source :
Jeune Afrique

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