Cameroun : Paul Biya va-t-il élire un vice-président ?

0

Il y a exactement 38 ans, Paul Biya a failli être anéanti dans un coup d’État alimenté par les personnes chargées de le protéger. Un véritable traumatisme que le président camerounais n’a jamais totalement surmonté et dont il a retenu une tendance à la méfiance et une préférence affichée pour le secret. Quel que soit le problème.

Employés dans le noir

Aujourd’hui encore, Biya n’aime rien de plus que de se séparer et de laisser ses associés dans le flou de ses véritables intentions. Obtenir de la présidence camerounaise qu’elle confirme – ou infirme une information – est généralement un défi. Aucune de nos sources ne commenterait donc – ou démentirait – le projet de réforme constitutionnelle sur lequel Eoudi travaillerait, qui viserait à créer un poste de vice-président de la République.

Lire

« Nous n’avons pas travaillé sur un tel dossier jusqu’à ce matin », a répondu l’un d’eux. S’il y a des changements, nous serons heureux de vous tenir informés. Cependant, deux autres de nos interlocuteurs ont mentionné une équipe qui s’était formée secrètement pour proposer un texte qui serait bientôt déposé au Parlement, tandis qu’un troisième est allé jusqu’à suggérer qu’un constitutionnaliste, étranger de surcroît, pour des raisons de confidentialité , aurait pu être posté pour contribuer.

Des diplomates européens et américains exhortent le président à trouver un successeur vraiment apte à gouverner

Ces écarts sont-ils suffisants pour conclure qu’il y a des informations incorrectes ? Les rumeurs d’un amendement constitutionnel circulent depuis plus d’un an, laissant Paul Biya, 89 ans, déterminé à élire un député qui pourrait devenir son successeur constitutionnel si nécessaire.

Pression occidentale

La Constitution seule a déjà tout prévu. En cas de vacance, l’intérim serait assuré par Marcel Niat Njifenji, le président du Sénat. Niat est un homme du sérail, moins de neuf ans en fonction mais près de quatre-vingt-dix ans, dont la santé est si fragile qu’il passe autant de temps à soigner qu’à assurer le bon fonctionnement de la chambre haute – plus que le même temps, dit la rumeur.

Pourquoi le gouvernement camerounais se donnerait-il la peine de créer un poste de vice-président ? Depuis des mois, les diplomates européens et américains exhortent le président à trouver un successeur vraiment apte à gouverner. †

Mais un vice-président nommé par décret aura toujours un problème de légitimité, argumente un politologue camerounais. Quant à l’hypothèse d’un vice-président élu en même temps que le président, je me demande pourquoi on modifie la constitution maintenant s’il faudra attendre la fin du mandat, en 2025, pour connaître l’heureux élu, puisque nos textes n’offrent aucune possibilité d’anticiper les élections présidentielles. †

Lire

« Cette initiative serait malavisée, poursuit notre interlocuteur, d’autant plus qu’il s’agit d’une ouverture prématurée du domaine. Vous remarquez que nous spéculons déjà sur les profils les plus intéressants ». Plusieurs noms circulent déjà, dont celui de l’ancien Premier ministre, Philémon Yang, ou celui de l’actuel chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute.

Quelques années avant sa démission, Biya lui-même a été désigné comme successeur constitutionnel par Ahmadou Ahidjo

Le poste de vice-président, aboli en mai 1972 avec la création de l’État unitaire, est revenu dans le débat depuis que certains anglophones ont appelé à un retour au fédéralisme pour isoler les mouvements sécessionnistes. Les francophones y voient un moyen pour le président d’élire un « dauphin ».

Ce n’est pas un mystère, Paul Biya, lui-même désigné successeur constitutionnel par le président Ahmadou Ahidjo quelques années avant sa démission, n’a jamais semblé écouter les conseillers et les chancelleries le pressant de réfléchir à l’au-delà.

A Yaoundé, la guerre des clans menée par les ambitieux est déjà telle qu’il serait politiquement dangereux de nommer un vice-président pour succéder au chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir. Tant pour le président que pour le titulaire, qui aurait immédiatement une cible sur le dos.

googletag.cmd.push(function() {
googletag.display(« div-gpt-ad-1649254064637-1 »);
});

googletag.cmd.push(function() {
googletag.display(« div-gpt-ad-16492540646371-2 »);
});

googletag.cmd.push(function() {
googletag.display(« div-gpt-ad-16492540646371-3 »);
});

Source :
Jeune Afrique

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

[gs-fb-comments]

[comment]

[supsystic-newsletter-form id=4]

Vidéo du jour:



Laisser un commentaire