Cameroun : sécurité, mémoire et pas de sujet fâché… L’essentiel de la rencontre entre Paul Biya et Emmanuel Macron

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Les discussions entre Paul Biya et Emmanuel Macron dureraient finalement 90 minutes et finiront par durer un peu plus de deux heures, ce mardi 26 juillet. A l’issue de leur entretien, qui s’est tenu dans l’après-midi à Yaoundé, les deux chefs d’Etat ont regagné le salon des ambassadeurs au Palais de l’Unité, où était organisée la traditionnelle conférence de presse lors des visites officielles. Au cours de leurs échanges, tous deux ont réaffirmé « les relations solides » entre leurs deux pays, avant d’entrer plus en détail sur le contenu de leurs entretiens.

Lis

Malgré la promesse française de renouer les relations entre Paris et l’Afrique, pas un sujet fâcheux au menu de cette visite, la première du président français en Afrique depuis sa réélection en mai dernier. Premier sujet abordé lors du tête-à-tête : la crise en Ukraine et son impact négatif sur la sécurité alimentaire. Les deux présidents ont convenu que « tout doit être fait pour une cessation rapide des hostilités », en « remplaçant la logique de l’affrontement par celle de la réconciliation et du dialogue ».

Reprenez le sol

Cependant, le président camerounais s’est abstenu de condamner la Russie et a affirmé le droit à la non-ingérence qui caractérise la diplomatie de son pays. Le président français s’est de son côté inquiété de l’avancée de l’influence russe en Centrafrique et au Mali, dénonçant « des manœuvres pour s’emparer de ressources en échange d’un soutien sécuritaire à des pouvoirs politiques affaiblis ou des juntes ».

C’est l’enjeu du parcours risqué du président français : essayer de gagner du terrain face aux autres puissances. Sur le plan économique, le président français a reconnu le déclin de la présence économique française au Cameroun. Il a salué le dynamisme de l’économie camerounaise qui bénéficie de « cet effet de concurrence ».

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Emmanuel Macron a évoqué son ambition de diversifier la coopération entre son pays et le Cameroun en se concentrant sur le secteur agricole. A l’instar du Français Pierre Castel qui a investi près de 18 milliards de francs CFA dans une maïserie à travers sa filiale SABC, le président français a présenté son initiative Food & Agriculture Resilience Mission (FARM) et les opportunités qu’elle pourrait offrir au Cameroun.

Ouverture des archives

Emmanuel Macron et Paul Biya ont également longuement évoqué les questions de défense, notamment les crises sécuritaires auxquelles est confronté le Cameroun, dans le nord menacé par Boko Haram et dans les régions de l’ouest ravagées par les tendances séparatistes. Le président camerounais a appelé à un renforcement de la la coopération entre les deux pays, notamment en ce qui concerne la formation des officiers et des unités sur le terrain. Emmanuel Macron a, pour sa part, souligné la nécessité de poursuivre « la vraie décentralisation », présentant la régionalisation comme une solution à la crise qui secoue les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Egalement appelé à répondre à des questions sur les souvenirs, Emmanuel Macron a promis qu’une équipe d’historiens ferait la lumière sur le passé pour écrire une histoire commune des relations entre les deux pays. « Nous devons lancer conjointement le travail des historiens français et camerounais qui auront accès à toutes nos archives. Je m’engage par la présente à ouvrir pleinement nos archives pour faire la lumière sur ce passé », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

 » Je ne peux pas entendre « 

Aucune autre annonce forte n’a été faite suite aux échanges entre les deux présidents. Les questions sensibles concernant l’État de droit dans le pays ont été évitées, et Emmanuel Macron assure qu’il s’exprimera sur les questions de démocratie avec de jeunes représentants des organisations de la société civile française et camerounaise plus tard dans la journée. Il organiserait une rencontre sur ce thème à Etoudi, le village de Yannick Noah, avant de s’envoler pour le Bénin le 27 juillet puis pour la Guinée-Bissau.

Lis

Pas même un mot sur l’extraordinaire longévité de Paul Biya – 40 ans – au pouvoir… ou presque. Interrogé par un journaliste de RFI qui voulait savoir si le président camerounais serait réélu en 2025, il a d’abord répondu qu’il « n’avait pas entendu », avant d’assurer que « le Cameroun est dirigé conformément à sa constitution ». « A l’expiration de cet ordre, on vous dira si je reste ou si je vais au village », a-t-il conclu.

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Source :
Jeune Afrique

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