Cameroun : Yaoundé en opération séduction auprès de la diaspora

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Le ministre des Affaires étrangères et les parlementaires ont entamé une série de rencontres avec les Camerounais de l’étranger venus assister à la Coupe d’Afrique des Nations. La contre-offensive peut-elle payer ?

La diaspora camerounaise, terreau du militantisme anti-Biya, a beaucoup retenu l’attention des autorités ces dernières semaines. A Yaoundé, la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’achève le 6 février, sera même vue comme l’occasion de se rapprocher de cette frange de la population traditionnellement hostile au président Paul Biya.

Depuis fin janvier, le Réseau des parlementaires de la diaspora s’emploie à séduire et persuader les Camerounais revenus assister aux matches. « Il y a une place au Cameroun pour tous les Camerounais, quelles que soient leurs préférences politiques, ethniques, religieuses ou idéologiques », a souligné le président Louis-Henri Ngantcha.

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A Yaoundé, Douala et Limbe, les députés et sénateurs ont donc multiplié les rendez-vous, tout comme le ministre des Relations extérieures. Lejeune Mbella Mbella a également utilisé la CAN pour recevoir des Camerounais de la diaspora porteurs de projets.

Billets gratuits pour la CAN

Dans la capitale camerounaise, plusieurs centaines de billets ont été mis à la disposition de la présidence, des membres du gouvernement et des officiels pour chaque match disputé par l’équipe nationale. Une grande partie a été redistribuée aux responsables des différentes administrations, ainsi qu’aux membres de la diaspora venus soutenir les Lions Indomptables – ils ont été battus en demi-finale face à l’Egypte (0-0, 1-3 au tab).

Ces initiatives sont-elles une réponse aux critiques des anti-Biya qui se sentent exclus de la CAN ? Au début de la compétition, certains avaient demandé – sans succès – à venir librement dans leur pays d’origine pour assister à la compétition mère du football africain.

Privé de son passeport camerounais et expulsé, l’écrivain Patrice Nganang espérait que la CAN déclencherait un silence

C’est le cas de Patrice Nganang, connu pour son opposition au président et profondément engagé dans les « exilés politiques ». Déchu de son passeport camerounais et expulsé manu militaire du Cameroun après avoir écrit un texte critique sur la crise anglophone en décembre 2017, l’écrivain basé aux États-Unis espérait que la CAN serait la raison d’une accalmie dans la lutte politique que Yaoundé livre à ses adversaires étrangers. .

« Ce sont des milliers de personnes qui se sont installées partout dans le monde et ne peuvent pas retourner dans leur pays […]. Ce n’est pas normal que les Camerounais qui aiment le football ne puissent pas venir à cette fête », a-t-il plaidé dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

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Le cas des trois « influenceurs » pro-Biya

« Les Camerounais sont libres d’aller et venir à leur guise, tant qu’ils disposent des moyens nécessaires pour se déplacer », a répondu un cadre de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), joint par Jeune Afrique. Passeport ou laissez-passer pour ceux qui ont conservé la nationalité camerounaise, visa en sus pour ceux qui ont acquis une autre nationalité. Rien que pour ces opposants, pour la plupart bien connus des missions diplomatiques camerounaises, il est quasiment impossible d’obtenir une réponse favorable à une demande de visa.

Il est presque impossible pour les opposants d’obtenir un visa

Leur situation à la mi-janvier contrastait fortement avec celle de trois « influenceurs » camerounais installés en France et invités à la CAN. Un document attribué au directeur du cabinet civil de la présidence, Samuel Mvondo Ayolo, demandant que leur séjour soit pleinement pris en charge par l’État, a circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vive polémique. Le voyage de ce pro-Biya, connu sur les réseaux sociaux pour ses dérives linguistiques, qui devait durer un mois, a finalement été annulé.

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Source :
Jeune Afrique

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