Can 2022 : Des policiers accusent leur patron de détourner leurs primes

0

Plusieurs policiers ont déploré le détournement de primes

Ils ont peur des représailles

Les montants diffèrent selon les commissariats

Des policiers travaillant dans le cadre de la sécurité du Can se plaignent de diverses exactions. Certains des employés de la 33e Coupe d’Afrique des Nations en cours, la CAN au Cameroun, se sont prononcés contre les heures supplémentaires et autres avantages dus à leurs supérieurs.

Sous couvert d’anonymat, ils se sont confiés, de peur d’être sanctionnés par la hiérarchie. Un policier a déclaré: « Je fais des heures supplémentaires au moins trois jours par semaine pour rétablir l’ordre public, mais les avantages que l’État et mes camarades me donnent sont détournés et finissent dans les poches des supérieurs.

Un autre a déclaré que la situation était pire pour les agents de sécurité travaillant à Yaoundé, la capitale du pays.

« Nous sommes confrontés à de nombreux défis. Nous ne sommes pas satisfaits. Notre hiérarchie nous donne de l’argent, mais certains officiers supérieurs le coupent et nous donnent des cacahuètes. Parfois on ne voit même pas l’argent », se plaint un policier de Yaoundé.

Le même officier a précisé que les quatre postes de police centraux de la capitale décident de la rémunération de leurs agents. « S’il arrive que vous perceviez l’indemnité journalière. C’est chaque commissaire qui décide quoi vous donner en fonction de son vote. Nous recevons des sommes qui n’ont rien à voir avec ce qui nous a été alloué. C’est pourquoi plusieurs policiers se bousculent », confie-t-il.

« … Nous travaillons jour et nuit. L’argent que la CAF leur a envoyé pour nous le donner, ils l’ont coupé quand même. Vous verrez un inspecteur de police à Yaoundé qui a signé 20 000 FCFA et un autre, 14 000 FCFA ou 16 000 FCFA. Les montants varient , même si ce n’est pas prévu », a déploré l’officier.

Les histoires d’officiers supérieurs exploitant ou parfois privant leurs subordonnés de leurs avantages ne sont pas nouvelles au Cameroun.

Un inspecteur de police a commenté : « C’était une infraction pénale qui a eu lieu et maintenant ils exagèrent. Parfois, vous travaillez et ils prennent ce qu’ils devraient vous donner et le gardent pour eux parce qu’ils savent que vous ne pouvez rien faire ou dire… »

Des préoccupations similaires ont été entendues dans diverses régions du pays. Dans certains endroits, c’est devenu une bataille entre les éléments et leur hiérarchie. Les éléments sont même allés jusqu’à ouvrir le feu sur leur supérieur. On se souvient de cet élément de la garde présidentielle qui a ouvert le feu sur le cortège présidentiel. Arrêté, le militaire avait déploré le fait qu’il n’avait pas touché ses primes. Un autre officier de police en service à Buea, dans la région troublée du Sud-Ouest, a déclaré qu’il continuait de faire l’objet de traitements inappropriés de la part de ses supérieurs.

« Nous n’avons pas reçu d’uniforme pendant plus de cinq ans. L’argent de la CAN envoyé par Yaoundé vient d’être décidé par notre délégué régional en charge de la sécurité publique et a divisé l’argent en deux… », a-t-il déclaré.

Selon ledit officier, ces pratiques ne motivent pas et affaiblissent l’esprit des forces armées sur le terrain et contribuent dans une certaine mesure à prolonger le conflit armé.

« …les supérieurs ne font que gagner de l’argent et nous, les éléments, souffrons et c’est pourquoi certains ne font pas leur travail de manière professionnelle… », a-t-il ajouté.

N’oublions pas que la police camerounaise a été mise à l’honneur pour de mauvaises raisons ces dernières années.

De l’extorsion à la torture, en passant par les arrestations arbitraires, les détentions et autres violations des droits humains, la liste est interminable. Dans la plupart des cas, ces actes ont été filmés, mais aucune sanction n’a été infligée. Malgré de multiples appels et protestations, les autorités n’ont rien ou presque rien fait pour rétablir l’ordre et la discipline dans le corps.
Récemment, le délégué général camerounais à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguelle, a dû prendre de rares mesures pour sanctionner certains agents.

Mais le chef de la police n’a pas encore répondu aux allégations de détournement massif d’avantages destinés à des éléments pour assurer l’ordre dans le tournoi AFCON en cours.

#Des #policiers #accusent #leur #patron #détourner #leurs #primes

Source: CamerounWeb

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

[gs-fb-comments]

[comment]

[supsystic-newsletter-form id=4]

Vidéo du jour:



Laisser un commentaire