Capitaines espions, généraux…ces hommes sur lesquels Biya compte pour sécuriser la CAN 2021

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A quelques jours du coup d’envoi de la 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, le Cameroun met tout en œuvre pour assurer la sécurité des joueurs et des visiteurs tout au long de la compétition. L’enjeu est de taille car le pays est secoué par des crises sécuritaires dans trois grandes régions (Nord-Ouest, Sud-Ouest et Extrême-Nord). Jeune Afrique dresse le portrait des hommes qui comptent sur Paul Biya pour sécuriser la CAN.

C’est l’un des plus grands défis de la Coupe d’Afrique des Nations : faire face aux menaces de Boko Haram et surtout des séparatistes ambazoniens. Pour cela, Paul Biya s’appuie sur des fidèles loyalistes expérimentés dans le renseignement et sur des soldats aguerris. « Jeune Afrique » vous présente les « sécurocrates » du président.

Paul Biya

A partir du 9 janvier, toute l’Afrique tournera son attention vers le Cameroun, où la Coupe d’Afrique des nations (CAN) souhaitée par Paul Biya aura finalement lieu, après quelques retards. Le chef de l’Etat camerounais, qui prévoit d’assister aux cérémonies d’ouverture et de clôture, n’a jamais été un fan de football, mais il a fait de l’événement continental un rendez-vous politique incontournable de son mandat actuel de sept ans.

Paul Biya veut donc surtout répondre au défi sécuritaire de cette CAN 2021 – qui paradoxalement se déroule en 2022. Face aux menaces des séparatistes ambazoniens, qui espèrent profiter de la médiatisation de l’événement pour frapper dans les rassemblements, les villes et les stades Limbe (Sud-Ouest) et Douala (Littoral) apparaissent en première ligne. Le danger de Boko Haram est également pris en compte, même s’il n’y a pas de concurrence dans le Grand Nord.

Sur qui le président camerounais s’appuie-t-il pour garantir la sécurité du match aux spectateurs ? Jeune Afrique présente le casting de sécurité de Paul Biya, de gouvernement à gouvernement, en passant par l’armée et les services de renseignement.

Paul Atanga Nji

Le bras armé de Paul Biya, le ministre de l’Administration territoriale, dirige le Conseil national de sécurité, rattaché à la présidence, qui regroupe tous les acteurs de la sécurité de l’Etat. Paul Atanga Nji, formé au renseignement par l’ancien chef des espions camerounais Jean Fochivé, est aussi le lien direct du président avec les gouverneurs régionaux.

Il est également originaire de la région du Nord-Ouest, la région la plus touchée par les attaques des séparatistes anglophones.

Adolphe Lele Lafrique et Bernard Okalia Bilai

Gouverneurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest respectivement, bases arrières des séparatistes anglophones, ils sont en première ligne dans la lutte contre les Ambazoniens, au contact des militaires et destinataires des lettres de renseignement. Adolphe Lele Lafrique et Bernard Okalia Bilai sont chargés de la réponse sur le terrain aux mouvements qui pourraient menacer les rassemblements à Bafoussam (Ouest), Limbé et Douala.

Ils s’associent aux gouverneurs du Littoral et de l’Ouest, Samuel Ivaha Diboua et Awa Fonka Augustine. Dans une moindre mesure, le gouverneur du Nord, Abate Edi’i Jean, occupe le même poste clé face à la menace Boko Haram sur le site de Garoua.

Martin Mbarga Nguelea

Délégué général à la sûreté nationale (DGSN) depuis 2010, il est chef de la police nationale et du service général de renseignement. Le service est directement lié à la présidence de la république. Cet ancien élève de l’École normale supérieure de police de Yaoundé est depuis de nombreuses années l’un des conseillers les plus proches et influents du président Paul Biya (dont il a un an de plus). Il a occupé le poste de DGSN de 1983 à 1984 et a été blessé lors de la tentative de coup d’État en 1984.

Ancien ambassadeur au Brésil puis en Espagne, il occupe le rang de ministre au sein de l’appareil camerounais, au sein duquel peu risquent de le critiquer, y compris en coulisse.

Léopold Maxime Eko Eko

Directeur général du renseignement extérieur depuis 2010, cet ancien chef espion du renseignement général et espion de Paul Biya est chargé de recueillir des renseignements sur les menaces extérieures à la sécurité. Comme le colonel Joël Emile Bamkoui, avec qui il s’entend à peine, il a eu plusieurs contacts avec les dirigeants ambazoniens, pour lesquels il agit comme un interlocuteur modéré.

Léopold Maxime Eko Eko connaît par cœur les divisions qui minent le mouvement indépendantiste. Ce commissaire divisionnaire est l’un des hommes de confiance de Paul Biya, qui n’hésite pas à lui ordonner d’enquêter sur certains des puissants du sérail camerounais.

Joseph Beti Assomo

En poste depuis 2015, le Secrétaire d’Etat à la Présidence chargé de la Défense est un ancien Gouverneur de l’Extrême-Nord, familier de la menace Boko Haram et du Littoral, ainsi qu’un vieil ami de l’actuel Gouverneur du Nord-Ouest. , Adolphe Lele Lafrique. . Il peut aussi compter sur son bras droit Joël Emile Bamkoui.

Désormais en charge de la sécurité militaire, ce colonel a eu plusieurs contacts avec des dirigeants ambazoniens à l’étranger ces dernières années, notamment Akwanga Ebenezer et Chris Anu. Il dispose donc de réseaux précieux au sein de l’appareil ambazonien. Le ministre de la Défense travaille également avec Galax Yves Landry Etoga, secrétaire d’État à la Défense et chef de la gendarmerie.

René Claude Méka

Chef d’état-major des armées, ce général discret occupe depuis vingt ans le plus haut grade de l’armée camerounaise. René Claude Meka a récemment effectué une tournée d’inspection des régions ravagées par les raids séparatistes ambazoniens. Il travaillera principalement avec le général Bède Benoît Eba Eba, commandant de la région militaire interarmées numéro deux (Littoral et Sud-Ouest), et avec le général Nka Valère, commandant de la région militaire interarmées numéro cinq (nord-ouest et ouest).

Deux autres généraux seront indispensables : Bouba Dobekreo, commandant du secteur 1 de la Force multinationale interarmées (unité régionale (Cameroun/Tchad/Nigéria) déployée aux frontières nigériane et tchadienne) et Saly Mohamadou, commandant de la région militaire interarmées numéro 4 ( Extrême – Nord).

Ivo Desancio Yenwo

Le directeur de la sécurité présidentielle est l’un des confidents de confiance du président depuis le coup d’État manqué de 1984. Il s’est ensuite rangé du côté des loyalistes et a été l’un des hommes qui ont mené Paul Biya à l’abri des mutins. Ivo Desancio Yenwo occupe son poste depuis 2004.

Originaire du nord-ouest, région la plus sujette aux attaques des séparatistes ambazoniens, ses réseaux sont donc aussi importants dans la lutte contre les séparatistes anglophones. Ce général est en contact direct et quotidien avec le président Paul Biya et son adjudant, le général Joseph Fouda.

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