Crise anglophone : le casse-tête du DDR

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Alors que les ex-combattants sécessionnistes rendent leurs armes et retournent dans les camps où ils doivent être préparés à la réinsertion sociale, nous ne savons pas quoi faire d’eux une fois l’entraînement terminé.

Il y a un peu plus de deux ans, le gouvernement camerounais a créé une commission pour la démobilisation, le désarmement et la réinsertion (RDA) des ex-combattants de la crise actuelle dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun. Les premiers camps installés dans les deux régions ont déjà accueilli plusieurs centaines « d’anciens sécessionnistes ». Après le début des programmes de formation, certains ont commencé à apprendre quelques métiers qui leur permettront de s’intégrer dans une nouvelle vie professionnelle, loin de la brousse et des armes. Sauf qu’il y a un profond désaccord entre les décideurs de Yaoundé.

Selon les informations de La Nouvelle Expression, certains au gouvernement estiment que « certains gars se sont assez mangé les dents dans ces camps. Avec des grèves à répétition par ennui et avenir incertain. Il est temps que nous leur laissions carte blanche pour prouver concrètement que l’opération de démobilisation, de désarmement et de réinsertion est bien en cours.

Mais il y a un problème, un cadre reste proche du processus : « Nous ne pouvons pas former les garçons maintenant et les envoyer sur le terrain, toujours ici dans la zone anglophone. Ils risquent d’être tués par leurs camarades du maquis qui, depuis leur désertion, les considèrent comme des traîtres, bons à la potence. Après leur formation, ils ne peuvent être que relativement en sécurité. loin des régions anglophones. Parce que ceux qui sont encore dans la brousse les voient maintenant comme un danger. »

Mais il y a une tendance, plus discrète, qui pense que la réintégration des ex-combattants ne peut être effective que si la paix est rétablie. Final! Une pilule qui tarde encore à traverser les faucons. La Nouvelle Expression a connaissance d’une polémique autour du cas des « ex-combattants » présenté lors de la visite de travail du Premier ministre Dion Ngute à Bamenda. Personne n’indique dans quel secteur ils ont mené leurs opérations, ni dans quel centre ils se trouvent actuellement.

Des cas similaires ont déjà été rapportés avec cette opération. Les services de Francis Fai Yengo, le chef de la RDA, sont très silencieux sur la situation de ces ex-combattants. « Par prudence pour une opération liée à la sécurité de l’Etat et des habitants des centres. Une source contributive révèle qu’un projet est en cours de construction de centres équipés pour la formation à divers métiers et capables d’héberger plusieurs milliers de déserteurs. Ceux qui encouragent cette initiative font savoir qu’ils montreront leur réelle efficacité au plus tôt après la guerre. « Parce que l’opération DDR ne sera que de la pure propagande tant que la paix ne sera pas revenue », chuchote une source.

Yoyo Emmanuel, ancien membre du Front social – démocrate, originaire du Nord – Ouest, émerveillés par la mission de Paul Tasong, le patron de la reconstruction du Nord – Ouest et du Sud – Ouest, après sa première mission dans la région qu’il a pris il y a plus d’ un ans : « Construirez-vous dans un climat de violence, de lutte et de méfiance mutuelle » ? Et de poursuivre : « la reconstruction sans la paix d’abord n’est qu’une perte pour près de cent milliards de francs CFA, mobilisés pour reconstruire le nord-ouest et le sud-ouest dévastés par 4 ans de guerre. La reconstruction ne peut pas être un pas vers la paix, c’est plutôt la paix qui est un pas décisif vers la reconstruction ».

Dans ces cris de mécontentement, la surprise est également venue d’un parlementaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir. Pour l’Honorable Mbella Moki Charles, Sénatrice du RDPC de la Région Sud-Ouest et ancienne Maire de Buea, il faut dire la vérité dans les yeux. Reconstruire l’infrastructure sans un nouvel état d’esprit de la part des personnes affectées serait contre-productif. » Franchement, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont très affectés psychologiquement. Nous avons d’abord besoin d’un capital humain équilibré à développer afin d’éviter d’autres problèmes à l’avenir.

Pour Melvin Songwe, qui représente la jeunesse camerounaise et anglophone au Parlement africain, « un travail préparatoire aurait dû être fait bien en amont, avec tous les acteurs impliqués dans cette crise, pour faciliter sa mise en œuvre sur le terrain »

Sur tous ces doutes et méfiance sur le succès éventuel du plan présidentiel de reconstruction des deux régions du Cameroun anglophone, Paul Tasong avait écarté toutes ces réserves. Et est resté ferme sur sa position : « La reconstruction a la plus haute priorité. Ce plan de reconstruction n’est pas une fin en soi, mais plutôt un moyen pour un retour à une paix durable.  » Paul Tasong et son adjoint, l’ancien maire SDF de Kumbo, Njong Donatus, ont été nommés le 3 avril 2020 pour diriger le plan de reconstruction des deux régions anglophones, adopté le 5 décembre 2019 à l’issue du Grand Dialogue National sur un chantier du Titanic.

#Crise #anglophone #cassetête #DDR

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