Décentralisation : George Elanga Obama, une variante de Minddevel

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Inscrite dans la constitution de 1996, la décentralisation n’a jamais été menée comme elle le devrait. La mise en place de tout un ministère qui lui est consacré n’a rien changé. La faille et les sources, avec un ministre dont la seule volonté serait de s’accaparer toutes les prébendes liées au poste.

Et pendant ce temps, le processus de déconcentration stagne et le soulèvement des communautés locales bouillonne. Les régions à régimes spéciaux restent bloquées et demandent plus d’autonomie.

Au vu de ces faits, le premier des observateurs estime que le ministre de la décentralisation et du développement local serait l’un des nombreux approximatifs poussant le gouvernement de Dion Ngute. L’un des leviers inopérants qui précipitent une fin apocalyptique du régime actuel. La pointe du Point Hebdo…

Cette forme de gouvernement, l’État unitaire centralisé, ne date pas d’aujourd’hui. La décentralisation consiste essentiellement en un transfert progressif par l’Etat de compétences non exclusives aux collectivités territoriales décentralisées, assorti de moyens humains, techniques, matériels et financiers suffisants. Ce transfert de compétences est régi par des textes réglementaires votés par l’Assemblée nationale et promulgués par le Président de la République.

De cette façon, les compétences transférées sont mises en pratique avec succès au plus près des groupes cibles. Ils permettent ensuite aux collectivités territoriales décentralisées (Ctd) de promouvoir la démocratie participative, la gouvernance et le développement local. Les cadres social, sanitaire, sportif, éducatif, sanitaire, culturel, économique, artisanal et touristique sont ainsi directement touchés. Cela a donc été inscrit dans la Constitution de 1990. Et pourtant cette décentralisation s’est lentement concrétisée au Cameroun jusqu’à ce jour.

Au point que beaucoup pensent que le Cameroun aurait pu éviter la crise anglophone si cette décentralisation avait été correctement pratiquée. Au Cameroun, la décentralisation ne remonte pas à 2019, lorsque le chef de l’Etat promulgue la loi sur les Collectivités Territoriales Décentralisées (Ctd).

Histoire

L’histoire nous apprend que la décentralisation au Cameroun commence entre les deux guerres mondiales, d’abord au Cameroun britannique avec le système de gouvernement dit de gouvernement indirect pratiqué par la Grande-Bretagne impliquant les chefs traditionnels dans les affaires d’administration et d’administration de la ville, enfin au Cameroun français à partir de 1941 avec la création des Communes Urbaines Mixtes (Cmu) de Yaoundé et Douala.

Elle a été constitutionnalisée par la Constitution camerounaise du 2 juin 1972, qui donne aux communes un cadre juridique en en faisant des personnes morales de droit public jouissant d’une autonomie financière, juridique et administrative.

La loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 2 juin 1972 a créé une deuxième catégorie de collectivité territoriale décentralisée : la région. Ainsi, les collectivités territoriales décentralisées du Cameroun ont deux statuts juridiques : celles qui bénéficient d’une constitutionnalité directe parce qu’elles sont créées par la constitution (commune et région) et celles dont la constitution est indirecte parce qu’elles sont créées par la loi.

En effet, l’article 55(1) de la Constitution permet au législateur de créer « tout autre type de communauté décentralisée ». L’abolition des premières nécessite une révision de la Constitution, alors qu’un simple texte du législateur suffit à mettre fin à l’existence des communautés de type 2 précitées.

Fonds Covid-19

Ainsi, avec la création des régions, on s’est félicité du fait que surtout l’Etat central céderait la place, après la création de tout un département ministériel dédié à la décentralisation. Mais force est de constater qu’aujourd’hui ce département ministériel se positionne davantage comme un frein à cette décentralisation pourtant chère au président de la République. La preuve : l’octroi aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest d’un statut spécial que le ministre George Elanga Obama ne peut accorder. Est-ce par incompétence ?

Surtout, on peut supposer que, de la part du chef de l’Etat, la nomination de médiateurs publics a été le sceau définitif du statut particulier accordé à ces deux régions en crise armée depuis près de quatre ans. C’est à ce moment-là que se pose le vrai problème, et qui semble être celui des finances.

Si la loi prévoit que 15 % du budget de l’Etat ira automatiquement aux collectivités territoriales décentralisées, ce n’est pas le cas. Il est très curieux de savoir que l’enveloppe budgétaire de chaque conseil régional ne dépasse pas 3 milliards de Fcfa, malgré l’énorme taille des pouvoirs délégués. Une véritable dérision et déception pour ceux qui croyaient jusqu’à présent à la décentralisation. de développement qui donnent envie de vivre dans nos villages et communes.

Trois milliards de francs CFA pour un conseil régional, ce qui est raisonnable pour certains frais obligatoires, notamment les salaires du personnel, les indemnités et même certaines missions. Pour un budget de l’Etat allant jusqu’à cinq mille milliards de francs CFA, on s’attendrait à ce que le Ctd se partage 750 milliards de francs CFA. Ce qui n’est pas le cas.

Entre incompétence et débauche

Plus sérieusement, on note une volonté du Ministre de la Décentralisation et du Développement Local de continuer à contrôler ce qui doit être géré par le Ctd. On l’a vu dans la gestion des fonds destinés à la lutte contre le Covid-19. Le Minddevel aurait reçu 2,5 milliards de FCFA. Cependant, certains maires approchés qui ont demandé l’anonymat affirment qu’ils n’auraient pas reçu de radis des fonds Covid. D’autres, en revanche, estiment que les fonds reçus n’ont pas été utilisés comme ils l’auraient souhaité.

Lors de l’attribution de certains marchés, des instructions seraient venues de Minddevel. Pour ces derniers il est exclu qu’une quelconque justification soit donnée pour la gestion desdits fonds. Selon ce dernier, ce sont les agents de la tapisserie de Minddevel qui doivent remettre les pièces justificatives au ministre.

Fonds Covid 19

Pendant ce temps, des sources allèguent qu’Elanga Obama a perdu le sommeil depuis le début des audiences compte tenu de la difficulté à produire des pièces justificatives pour l’utilisation des plus de 2 milliards reçus. C’est encore lui qui s’est retrouvé à acheter « des véhicules tout-terrain aux présidents des conseils des 10 régions élus en décembre 2020. Le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, a remis personnellement les clés de ces voitures à chacun des bénéficiaires.

Découvrez ce qui peut arriver dans ces types de transactions de rétro-commission et autres pots-de-vin tenant le Ctd en otage du pouvoir central. Or, ce n’est pas ce que le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, pensait et souhaitait de la décentralisation. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

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