Douala : C’est ainsi que Forgeron a trompé ses abonnés et englouti 4,5 milliards de FCFA

0

A ce jour, les épargnants potentiels n’ont jamais perçu de dividende. Qu’en est-il des projets d’agrandissement du marché de New-Deïdo, de la construction de la base de loisirs Bessékè…

A peine trois ans après sa création, le Forgeron broie du noir. Un communiqué du Conseil de la Communauté Urbaine de Douala (Cud) a déjà porté les couleurs, à l’issue de son assemblée générale du 31 mars, concernant l’examen du compte administratif de l’exercice clos le 31 décembre 2020.

Ledit conseil n’a pas indiqué avoir « pris connaissance de la situation survenant avec la société d’investissement Métropolitaine dont les informations financières disponibles font apparaître une perte de résultat opérationnel après plus de deux ans d’exploitation, des investissements à l’arrêt et sans perspective de reprise, il n’y a pas de cash flow, ainsi que des charges d’exploitation disproportionnées, qui ont toutes absorbé la totalité du capital social initial et mettent en péril la continuité des opérations de cette société ».

En conséquence, le conseil de Cud avait « mandaté le maire de la ville de Douala pour défendre, sans concessions, dans le cadre de la procédure judiciaire pendante, d’une part les intérêts de la ville de Douala, y compris l’engagement financier direct, contre environ 2,5 milliards de francs CFA, et d’autre part ceux de petits abonnés qui ont été convaincus par l’engagement de la communauté urbaine de Douala dans ce projet et qui n’ont aujourd’hui aucune perspective de retour sur investissement ». Des signaux de cet effondrement sont signalés depuis le 12 février 2021, date à laquelle un magistrat du tribunal de grande instance de Douala a signé une injonction préliminaire ordonnant le placement de l’entreprise sous administration provisoire.

Un peu plus d’un mois plus tard, l’assemblée générale mixte de Smith (ordinaire et extraordinaire) convoquée par son président du conseil d’administration, le Dr. Fritz Ntonè Ntonè, prévu le 25 mars 2021, n’aura pas lieu. En effet, le Tribunal de Première Instance (Tpi) de Douala-Bonanjo, qui statue au pas horaire en référé dans l’affaire contre la Smid Sa, agissant en qualité de procureur et de diligence de son administrateur provisoire, Monsieur François Maurice Njoh, contre M. Fritz Ntonè Ntonè, qui a interdit toute assemblée générale convoquée par ce dernier, a déclaré qu’il considérait l’interdiction de tenir cette assemblée comme illégale. Un prix remis dans l’après-midi du 23 mars 2021.

Le tribunal justifie sa décision par les multiples dysfonctionnements relevés sur la Forgeron Sa, sous l’ère Fritz Ntonè Ntonè, notamment l’absence d’Assemblée Générale légalement convoquée depuis la séance inaugurale du 17 août 2018 ; sa cooptation en qualité d’administrateur, sans détenir d’actions, et sa nomination en qualité de président du conseil d’administration, par un mécanisme illégal, en violation des statuts du Forgeron et de la loi uniforme Ohada sur le droit des sociétés commerciales et le partenariat économique ; la nomination le 12 février 2021, par ordonnance n° 68/Hh, du Président du Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo, statuant en matière de référé d’heure en heure, d’un administrateur provisoire en la personne de sieur François Maurice Njoh, désigné de fait, renonce de plein droit aux personnes morales à leurs pouvoirs et prérogatives.

Cette nomination, fait valoir le tribunal, fait suite à la paralysie causée par le non-renouvellement du mandat des administrateurs et du président du conseil d’administration arrivé à échéance et la non-réalisation de l’assemblée générale statutaire. Un ajout d’actes extrêmement préjudiciables au Forgeron Sa, qui provoquera probablement sa faillite… la suite est connue. Selon des sources dignes de foi, l’administrateur provisoire n’a pas eu accès aux comptes, après une opposition déposée par Fritz Ntonè Ntonè en justice. Ce qui a paralysé son fonctionnement.

Ce n’est que par arrêté du Tpi de Bonanjo-Douala, en date du 12 août 2021, d’obtenir les extraits de compte et de constater que les déménagements étaient en outre effectués par l’ancienne équipe. Par exemple, un versement de 115 millions de francs CFA aurait été effectué, alors que la banque avait demandé par courrier que toutes les opérations soient suspendues dans l’attente de la décision de justice. Une décision qui devait être valable pour les deux parties. De là à parler de complicité de détournement de fonds, il n’y a qu’un pas facile à franchir.

La Société métropolitaine d’investissement de Douala (Smid), fondée le 18 août 2018, avait réussi à mobiliser 5,4 milliards de FCFA sur les 10 milliards demandés pour constituer son capital social. Avec pour objectif de récolter à terme 1400 milliards de francs CFA, afin de construire certaines infrastructures dans la capitale économique. A ce jour, de nombreux épargnants n’ont jamais perçu de dividende.

Plus sérieusement, cette société sur laquelle reposaient beaucoup d’espoirs est d’un noir écrasant. Et du coup les projets d’agrandissement du marché de New-Deïdo, la construction de la base de loisirs Bessékè… ont été oubliés.

#Douala #Cest #ainsi #Forgeron #trompé #ses #abonnés #englouti #milliards #FCFA

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

[gs-fb-comments]

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vidéo du jour: