Frustrations au Rdpc : La liste des démissions s’allonge à Messok

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Depuis le 16 novembre 2021, plus de 50 autres militants ont décidé de quitter les rangs de la section Haut-Nyong Sud 2.

A Messok, chef-lieu du district du même nom, à près de 200 km d’Abong-Mbang, chef-lieu du département du Haut-Nyong à l’est, le climat politique continue de se dégrader. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), proche du pouvoir, perd pied sur place.

« Messok n’est plus un bastion imprenable du Rdpc. Paul Biya doit savoir », perd un ex-militant de ce parti politique à qui le reporter du Messager demande à rencontrer le maire mardi 16 novembre 2021 en début d’après-midi.

« C’est le fossoyeur de cette formation politique ici. Elle est à la racine de tous nos problèmes. Demandez-le en mairie. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas à sa place car il n’habite pas ici», poursuit notre interlocuteur avec colère.

Renvoyés aux services de la commune, nous ne retrouverons aucune trace de David Bachelard Keyo. Un responsable communal, qui vient s’enquérir du paiement des 10 mois d’arriérés de salaire qui lui sont dus par la commune, nous informe que « j’ai appris que le maire d’Abong-Mbang est en train de rencontrer le sous-préfet ».

Mais deux jours plus tôt, joint au téléphone par des journalistes prévoyant une descente à Messok, le maire avait rassuré : « Là vous me trouverez ». Cette défection de M. Keyo n’empêche pas le « noyau dur » du 103 d’être le premier à démissionner.

Une dizaine d’entre eux se trouvent dans ce qu’on appelle communément leur « quartier général » au centre-ville. Là, l’ancien président de la section Rdpc du Haut-Nyong Sud 2, Michel Enkoh, est entouré de ses collaborateurs. Ils arrivent avec la dernière version de la lettre de démission de la cinquantaine de militants qui s’apprêtent à laisser derrière eux le pagne à l’effigie de Paul Biya.

Aucun d’eux n’est sensible à la hiérarchie locale du Rdpc, qu’ils accusent de contrôler le processus de marginalisation des filles et des fils du quartier Messok. Base politique à l’appui, tous balayent l’argument du maire, nouveau président de cette section, selon lequel « tous sont des militants fictifs ».

Joseph Samedjoh, l’ancien vice-président de la section, Soulemanou Djoaro, le président de la sous-section Ojrdpc de Messok A, David Alama, militant de base et agent municipal à la retraite, Justin Bareko Nkonga, Hamidou Bouba, président du comité de base de Messok A, Jean Sonkeu, militant de la cellule B du sous-département Messok C, et d’autres ex-militants nous montrent leurs noms dans le document encore en possession du département de départ.

Mascarade sur le terrain
Pour justifier leur départ du RDPC, les signataires de cette autre lettre de démission, comme leurs prédécesseurs, estiment que « ce parti politique ne nous a rien apporté alors que nous lui avons témoigné notre fidélité ces dernières années ».

Par ailleurs, ils dénoncent « notre marginalisation par un régime que nous avons toujours servi et qui, compte tenu de ce qui s’est passé depuis l’élection du maire en mars 2020, a décidé de nous mépriser ».

« Puisque le Rdpc n’a plus besoin de Messok, nous avons préféré nous retirer de ses rangs pour que les dirigeants locaux continuent leur mascarade sur le terrain, la plupart indiquent prendre leur retraite. La preuve : nous n’étions pas présents à la célébration du 39e anniversaire de Paul Biya au pouvoir le 6 novembre ».

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