Grand Nord : Une pénurie annuelle de plus de 7 000 poches de sang

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Les besoins en sang dans le Grand Nord sont bien inférieurs à l’approvisionnement. Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de donneurs volontaires. Mais la Journée mondiale du don de sang a été célébrée sans chichi le 14 juin 2021. Cependant, le thème de cette édition « Donnez votre sang pour faire le cœur du monde » souligne la contribution vitale des donneurs de sang dont le geste sauve des vies.

Mais des préjugés entourent ce geste. Alors que les besoins de la région sont de l’ordre de plus de 10 000 poches de sang, seules 3 086 poches ont été collectées en 2020 au Centre de Transfusion Sanguine (Cts) de l’Hôpital Régional de Maroua. Selon le major de cette structure, Abraham Adamou, sur les 3 086 sacs, 2 853 provenaient de proches des requérants, et seulement 233 ont été donnés par des bénévoles. La réticence de la population à donner du sang inquiète les autorités sanitaires. En proie aux atrocités de Boko Haram, qui font de nombreuses victimes dans des attentats suicides, l’Extrême-Nord a besoin de poches de sang pour approvisionner en permanence les formations hospitalières pour relever ce défi. « Depuis lors, nous avons eu plus de 10 000 poches de sang par an dans la région, mais nous n’atteignons pas ce nombre. Le problème est qu’il y a très peu de donateurs pour répondre à ces besoins. Les gens n’ont pas la culture pour donner du sang. Les gens pensent que s’ils donnent du sang, ils mourront ou tomberont malades. D’autres encore pensent que leur sang sera vendu. Autant de préjugés qui suscitent des réticences », déplore Abraham Adamou, le major de Cts. Par ailleurs, ce dernier souligne le regret que « les gens pensent que leur demander de proposer deux donateurs est une manière de les arnaquer. Bien que ce soit une condition qui est nécessaire dans les centres de transfusion sanguine à travers le pays. »

Malgré les quelques actions de sensibilisation qui ont été menées, la situation n’a pas changé. Le Grand Nord reste en bas du classement du Grand Nord. « En plus du poste permanent à l’hôpital, nos équipes sont déployées chaque trimestre à l’Université de Maroua, à l’Eneg, au lycée agricole et dans d’autres grandes écoles de la ville. L’hôpital travaille en collaboration avec une association qui parcourt les quartiers pour informer la population », explique le major du centre de transfusion sanguine. Ces efforts sont loin de convaincre la population d’avoir la culture du don de sang. Pour la petite quantité disponible, les demandeurs du précieux liquide doivent remplir des conditions jugées difficiles. Pour bénéficier d’une poche de sang de 500 CC, il faut débourser 15 000 F et présenter deux donneurs sains. Puisqu’il s’agit d’un sac de 250cc, la même quantité est nécessaire, mais un seul donneur est proposé. « Si l’on connaît le niveau de vie du Camerounais moyen, ces conditions ne sont pas à la portée de tous. Si vous avez besoin de 2 ou 3 poches de sang, ce n’est pas facile. Le gouvernement devrait revoir ces conditions pour donner aux Camerounais de classe inférieure la possibilité de sauver également leur vie en cas d’urgence », a déclaré Oumarou Haman, un habitant de Maroua.

Au centre de transfusion sanguine de l’hôpital régional de Maroua, les groupes sanguins O et A sont les plus demandés, suivis des groupes B et AB. Malgré la faible quantité de poches de sang collectées, le Cts major indique que sa structure n’a jamais été brisée. « Même si nous n’en avons pas assez, nous parvenons quand même à satisfaire les candidats », rassure-t-il.

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