Sacrifice humain : Révélations d’un prêtre sur le drame d’Olembe

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• 8 personnes sont décédées à Olembe

• Un prêtre catholique parle de pratiques sataniques

• Des sacrifices sont faits sur le plus haut sommet de l’état

Le surnaturel s’invite dans le drame d’Olembé où 8 morts et des dizaines de blessés. Le prêtre de l’Église catholique Ludovic Lado, farouchement opposé à la détention de la CAN au Cameroun, est convaincu que les autorités du pays ont utilisé les victimes du 24 janvier comme sacrifices humains pour des rites sataniques.

« Ces vampires voulaient à tout prix remplir les stades, et voilà des sacrifices humains à Olembe. Stade maudit ! ‘ a-t-il déclaré avant d’appeler à une cérémonie d’exorcisme du nouveau stade portant le nom du président de la République Paul Biya.

« Du sang humain a coulé sur le stade Paul Biya à Olembé. Il doit être expulsé et purifié. Je ne plaisante pas. Donc, le SUCRE de votre macabre CAN était du SANG humain, le sang des enfants sortant de la classe. Quel pays », déplore-t-il.

Quand le père Lado lie les pratiques sataniques à la bousculade qui a eu lieu à l’entrée du stade d’Olembe, c’est parce que la pratique est courante au Cameroun. Plusieurs dirigeants du régime Biya font des sacrifices peu orthodoxes pour rester au pouvoir.

CameroonWeb vous propose l’intégralité de l’interview du Dr. Charles Ateba Eyene révèle les pratiques sataniques au plus haut niveau de l’État

Pourquoi un livre entier sur les crimes rituels, les cultes, les pouvoirs, la drogue et l’alcool au Cameroun ?

Charles Ataba : Le phénomène des crimes rituels a dangereusement pris le dessus dans notre pays. Le Cameroun est aujourd’hui l’un des pays qui consomment le plus d’alcool et de drogues au monde. Les sectes, les loges accentuent de plus en plus la vie du pays. De décembre 2012 à janvier 2013, plus de 15 Camerounais ont été assassinés à Yaoundé.

Nous n’avons jamais vu cela dans notre pays. Des enquêtes ont été faites, mais rien n’a été entendu, en termes de conclusions. Dans de telles circonstances, des enquêtes sont toujours faites, mais elles n’aboutissent presque jamais ; du moins, la population n’est guère informée du résultat.

N’oublions pas qu’en 1995 le Révérend Père Engelbert Mveng a été assassiné ; son cerveau était vide. Depuis, personne ne sait ce qui s’est passé. C’est le sort réservé à tous les crimes rituels, au Cameroun, au Gabon et ailleurs. Les lucifériens ont une solidarité inestimable et imparable. C’est pourquoi j’invoque la solidarité populaire dans mon travail ; armes de combat.

Le peuple doit s’organiser ; il ne faut rien attendre de l’État, ni de son gouvernement ; parce que les profiteurs des crimes rituels dans nos pays sont généralement en haut de l’échelle ; ils se protègent, ils ont des sbires haut placés dans le sérail ; ils déguisent et camouflent les confiscations.

Ils ne se dénoncent pas, ils sont regroupés dans une sorte de solidarité, au sein d’un syndicat de malfaiteurs. Il est donc important de faire une pause, pour attirer l’attention de tous sur ces phénomènes. C’est important dans une société qui place les valeurs morales et humaines au cœur de la gouvernance.

Pourquoi avoir choisi de publier des photos carrément choquantes ?

Nous sommes en communication persuasive. Et la photo est un élément essentiel dans ce type de travail ; il nous empêche d’être jugés pour fiction ; précisément parce que nous ne sommes pas dans le domaine de la science-fiction. J’ai écrit une lettre ouverte au Président de la République, Paul Biya, lui disant qu’il ne peut pas se taire et peut être inactif dans les crimes rituels.

Je l’ai informé qu’il ne peut pas rester les bras croisés pendant que nous tuons des gens, nous prenons le sexe, les organes génitaux, la langue, les dents, les cils et les sourcils, les doigts, les cheveux et vous ne dites rien ; vous ne punissez pas ceux qui commettent de telles abominations. Ce n’est pas possible. J’ai informé le chef de l’Etat Paul Biya que le régime du Renouveau est responsable de ces crimes.

C’est sous le règne du Renouveau que ces crimes furent commis. Il est donc important que le chef de l’Etat sache que lorsqu’il sera jugé par l’histoire, on évoquera cette affaire de crimes rituels. Il n’en est pas l’auteur, mais il a la responsabilité de tout faire pour éclairer l’opinion publique. Je propose même au chef de l’Etat de créer une cour criminelle spéciale pour juger les auteurs de ces crimes et meurtres rituels.

Si nous laissons prospérer la mafia, la loi du silence, l’omerta, si nous laissons ces abus impunis, les gens se sentiront de plus en plus en insécurité. L’image du Cameroun dont parlait le Ministre Issa Tchiroma, c’est bien quand on parle à travers le monde du Cameroun comme d’un pays où l’on commercialise le cœur, les oreilles, les organes génitaux, surtout les femmes…

Vous affichez les prix des vagins, des langues qui se sont vendues des millions de francs CFA. On dirait que vous avez scruté le marché noir et les transactions liées au commerce de ces organes humains.

Il existe deux types de vagins sur le marché. Celles que nous considérons comme sales, maculées de sperme parce que nous avons eu des relations sexuelles. Ce type de vagin perd une partie de sa valeur et coûte moins cher qu’un vagin frais qui n’a pas subi de contamination ou certaines manipulations sexuelles.

C’est pour les pratiques occultes, mystiques. Un vagin frais coûte trois à quatre millions, un sale environ deux millions. Les sourcils coûtent vingt-cinq mille le paquet. Le cœur, quand il est encore frais, coûte cinq millions. Dents, langue, oreilles, cils, chaque organe a son prix selon la qualité de la marchandise.

Dans les recherches que nous avons faites, nous remarquons qu’il y a des parties précieuses. Il convient de souligner que les crimes rituels sont un phénomène mondial reconnu par l’UNESCO, qui a d’ailleurs organisé un colloque sur le sujet au Gabon en juillet 2005 sur les crimes rituels en Afrique centrale. Au Kosovo, en Grande-Bretagne, les phénomènes de crimes rituels existent partout.

Le phénomène s’applique dans les rites, les cercles magico-sataniques et exotériques ; spiritualisme. Les crimes rituels obéissent aux loges, aux cultes et à certaines pratiques. Il existe même des tableaux statistiques qui montrent que l’âge, le sexe, la taille, etc. des victimes ciblées sont pris en compte. Dans une étude comparative que nous avons faite, entre le Cameroun et le Gabon, on se rend compte qu’on veut plus de jeunes, des gens qui ne sont pas encore pollués, parce qu’ils incarnent la pureté. Vous avez dans le livre la photo d’un enfant assassiné au Gabon, celle des enfants Epagna dont l’âge varie entre cinq et huit ans. En plus d’aimer les jeunes, ils aiment aussi les petites filles.

Nous pensons qu’un phénomène de crimes rituels a désorienté, désintégré et spolié de nombreuses familles, tout le monde minimise cela au point où nous pensons que c’est normal. Nous ne devons pas rester silencieux et laisser passer ces horreurs. Mon travail est éducatif; Je propose des conseils pour éviter de tomber dans le piège des spécialistes du crime rituel.

Comment les combattre, les dénoncer, les détecter. Il faut être vigilant, les propositions en termes de réactions civiles et d’armes de guerre sont justifiées car je pense que c’est au peuple de se sauver. Il est impératif que dans nos villes et nos quartiers nous organisions des comités de vigilance, des coalitions contre les crimes rituels.

Que peuvent faire les agences gouvernementales désormais impuissantes contre cette répétition de crimes rituels ?

La responsabilité de protéger la vie et les biens des citoyens camerounais ; les questions de sécurité et de maintien de la paix sociale relèvent avant tout du président de la République Paul Biya. Elle doit prendre des mesures coercitives rigoureuses et fermes.

Si nécessaire, une loi spéciale devrait être votée et promulguée condamnant les crimes rituels dans ce pays. Les auteurs doivent être punis avec la plus grande sévérité. Nous ne pouvons pas mettre en place un tribunal spécial pour défendre l’argent alors que l’urgence est plus de protéger la vie humaine que les biens matériels. Il est important de repenser le contrat social entre le peuple et les gouvernants ; l’argent n’est pas plus important que les gens.

Nous avons également attrapé le pape François et lui avons demandé de prendre une position ferme contre l’homosexualité. Les homosexuels se vantent d’avoir expulsé son prédécesseur. Il ne doit pas fuir ses responsabilités. Il doit instruire ses évêques et ses représentants au niveau des églises, surtout en ce qui concerne l’église qui est en Afrique.

Nous avons également écrit une lettre aux jeunes camerounais qui, pour la plupart, sont victimes de crimes rituels. Nous leur demandons de rester fermes, d’être courageux et d’affronter par tous les moyens les auteurs de crimes rituels. Ils doivent utiliser les technologies de l’information et de la communication.

Des photos, des cassettes peuvent être des documents utiles pour l’acte d’accusation. Que les jeunes n’acquiescent pas, qu’ils ne cèdent pas au renoncement ou au découragement.

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Source: CamerounWeb

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