Sécurité et paix au Cameroun : Paul Biya dépassé par les événements !

0

Le contenu du discours de Paul Biya, daté du 31 décembre 2020, était globalement mobilisateur. Une mobilisation autour de quatre grands axes, qui ont retenu l’attention des Camerounais en 2021 : la poursuite de la lutte contre le Covid-19, la poursuite du programme de développement économique du pays, le maintien de la paix et de la sécurité et le processus démocratique au Cameroun. Malheureusement, sur ces derniers points, on a assisté auparavant à un statu quo, voire avec émotion, concernant la crise du NoSo et les crises intercommunautaires à répétition dans les départements du Logone et Chari et du Mayo.Danay.

Dans son discours à la nation fin 2020, Paul apparaissait comme un père qui voit le danger dans le comportement de ses enfants et tire la sonnette d’alarme dans le seul but d’assurer la sûreté et la sécurité de la paix sur notre territoire national. « Dans le premier cas, ce sont des voleurs, attirés par des proies faciles constituées d’éleveurs pacifiques et de leurs troupeaux. Dans le second cas, il s’agit désormais de rafles isolées de Boko-Haram ou de tentatives de suicide confiées à des adolescents. La vigilance et l’action efficace de nos forces de défense et de sécurité ont considérablement réduit l’incidence de ces malfaiteurs. », avait indiqué.

Ainsi, il se souvenait de la bonne conduite et des risques associés, tout en faisant preuve de courage lorsque la malveillance et la malveillance faisaient obstacle au bien-être de ses compatriotes. « La liste est longue des atrocités et des crimes qu’ils ont commis. L’une des plus horribles est celle qui s’est déroulée récemment à Kumba, qui s’est soldée par la mort de 07 écoliers et des blessures infligées à plusieurs autres (…).

Il est temps pour moi d’en appeler une fois de plus à la responsabilité des pays amis qui reçoivent les sponsors et des organisations qui, par divers canaux, ciblent les bandes armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Tous ceux qui seront identifiés comme commanditaires ou complices de ces crimes odieux à l’issue de l’enquête devront répondre de leurs actes », a-t-il déclaré.

Sinon, le président Biya a tiré des leçons réalistes et honnêtes sur l’avancée du processus démocratique camerounais, qui est entré dans une nouvelle phase décisive en 2020. création de conseils régionaux.

La crise à Noso s’est encore aggravée

Entre juin et juillet 2021 ; au moins quatre policiers ont été tués dans une embuscade près de la région nord-ouest de la ville de Bali-Nyonga. Deux gendarmes ont été décapités dans la ville de Babadjou, dans la région de l’ouest, limitrophe de la région du nord-ouest, lors d’une attaque imputée aux séparatistes armés. D’autres cas incluent le meurtre par l’armée dans le 3e arrondissement de Bamenda d’un civil au volant d’une voiture et l’enlèvement de six responsables locaux dans la région sud-ouest de la ville d’Ekondo-Titi.

Le village de Ntong a également été durement touché, selon des images du 11 février et du 5 mars 2021.

En tout cas, les témoignages et images satellites révèlent l’étendue des destructions dans les régions anglophones. L’enquête d’Amnesty International révèle l’ampleur épouvantable des ravages causés par le conflit dans les régions anglophones du Cameroun.

Sur le terrain, les affrontements entre divers groupes armés et les forces armées camerounaises se poursuivent sans relâche et les civils paient un lourd tribut, avec des homicides illégaux, des enlèvements, des destructions de maisons et de villages. Le Premier ministre n’a pas non plus été épargné lors de sa visite de paix dans la région du Nord-Ouest.

Lors de l’offensive du 16 septembre 2021, les séparatistes ont attaqué dans le département de la Ngoketundja, un des départements de la Région du Nord-Ouest. « À l’aide d’un engin explosif improvisé (Eei) et d’un lanceur de missiles antichars (Lrac), les insurgés ont bloqué les véhicules de l’armée » avant d’ouvrir le feu sur les forces armées « qui avaient été gravement neutralisées par l’explosion de charges explosives ».

Quatre jours plus tôt, une autre patrouille de l’armée a trouvé des engins de fortune dans le département de Bui, dans la même région. Le bilan des deux attaques est d’une quinzaine de soldats, et a coûté la vie à plusieurs civils, trois voitures de l’armée ont également été endommagées.

Les derniers crimes horribles à ce jour impliquent les meurtres de quatre étudiants et d’un enseignant à Ekondo Titi et d’autres enlèvements…

Dialogue national où es-tu ?

Tout cela montre une fois de plus que le fameux dialogue national aux allures cosmétiques n’était qu’une illusion. Et alors que les violences sur le terrain ont repris, le débat sur la reconstruction qui avait commencé à l’Assemblée nationale semblait également déconnecté de la réalité. Comment parler de reconstruction dans le NoSo, à l’heure où les canons crépitent encore et où le conflit a des conséquences politiques, sociales et culturelles qui ne sont pas encore épurées ?

Cette situation est loin d’être surprenante si l’on sait que la première attitude face à ce problème a été le déni. « Cependant, la reconstruction n’est pas une histoire de bâtiments, elle commence d’abord par un réarmement moral pour toutes les populations dites anglophobes, pour toutes ces victimes. Il faut d’abord une reconstruction morale avant de passer à la phase matérielle. C’est beaucoup de travail préparatoire. , explique le politologue Gérard Zambo.

A cela s’ajoute le dysfonctionnement de la RDA, avec des plaintes récurrentes, dont des manifestations d’habitants, qui continuent de dénoncer la mauvaise surveillance et les promesses non tenues du gouvernement.

Toronto, espoir?

L’espoir ne viendrait-il pas de Toronto, où les anglophones autour de certains dirigeants du NoSo ont rassemblé une trentaine d’organisations séparatistes et ambazoniennes anglophones du 29 octobre au 1er novembre à Toronto, Canada ?

Séparatistes, fédéralistes ou unionistes ont tous accepté de se réunir autour d’une même table, à l’hôtel DoubleTree de Toronto, pour tenter de ramener la paix dans les provinces du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun. « Nous savons tous qu’il n’y aura pas de solution militaire à cette guerre. Nous devons donc trouver un moyen de parvenir à la paix, et cela ne sera possible que s’il existe un consensus sur le processus de recherche d’une solution négociée. a exhorté Denis Foretia, de la Coalition pour le dialogue et les négociations (Cdn, l’ONG organisatrice).

Pendant quatre jours, dans la métropole canadienne, nous avons vu des représentants de groupes séparatistes armés (dont celui de l’Ambazonie AgovC Board de Lucas Ayaba Cho), des militants séparatistes tels que John Mbah Akuroh, Mark Baréta, Eric Tataw, Carlson Anyangwe, ou encore Yerima Dabney, qui Ayuk Tabe l’assiste depuis son incarcération à la prison de Kondengui.

Mais aussi des dirigeants d’organisations de la société civile anglophone comme l’avocate Agbor Balia, Esther Oman de l’ONG Reach Out, et même des religieux, avec le modérateur de l’Église presbytérienne Fonki Samuel Forbah, et l’archevêque émérite de Bamenda, Monseigneur Cornelius Fontem Esua. Un résumé qui en dit long sur la multitude des points de vue et donc sur la difficulté de parler d’une seule voix.

Au cours des prochains jours, a-t-on appris, les délégués examineront « des options pour faciliter la convergence stratégique », en se concentrant sur certains des piliers. Ce sont « les mécanismes pour promouvoir les négociations internes et promouvoir le dialogue au sein de la direction de la lutte ; une position éclairée sur l’éducation, l’aide/l’accès humanitaire et la protection des droits humains ; un cadre et des principes directeurs pour la négociation ; principes directeurs pour la médiation internationale : évaluer l’espace géopolitique régional et mondial actuel, proposer un cadre pour un processus de médiation internationale crédible et garanti et développer « une position pour la médiation internationale » sur la base du cadre proposé.

Au Canada, clôturant les débats, la Coalition pour le dialogue et les négociations a insisté sur la nécessité « d’améliorer le dialogue et la coopération au sein de la direction de la lutte anglophone, de travailler ensemble pour instaurer la confiance, le respect, la tolérance et la courtoisie, à un protocole d’entente sur la communication et l’utilisation des réseaux sociaux, et à cette occasion une déclaration commune a été publiée fournissant des informations sur le processus de négociation avec la République du Cameroun.

Conflits intercommunautaires dans le Nord

Outre la présence de Boko-Haram, récemment réapparu, les affrontements entre éleveurs, pêcheurs et agriculteurs qui ont éclaté dans la région de l’Extrême-Nord, dans le département du Logone-et-Chari, ont fait au moins 100 000 morts. sur la jambe. de leurs maisons, créant une urgence humanitaire.

Au total, plus de 22 personnes ont été tuées et 30 autres blessées dans ces affrontements intercommunautaires meurtriers, selon le bilan officiel. Plus de 30 000 personnes ont été contraintes de fuir vers le Tchad voisin.

A ce jour, hormis une visite de consolation, le gouvernement camerounais n’a pas initié un dialogue franc entre les deux communautés pour parvenir à la nécessaire réconciliation et à la reprise des activités. Les différentes communautés vivant dans les départements du Logone et du Chari et du Mayo Danay craignent l’infiltration de membres de la secte Boko Haram dans ce conflit, dans lequel des combattants arabes Choa et Mousgum ont quitté le Tchad pour tenir la main forte sur leurs frères installés au Logone et Chari.

Les collectivités locales sont débordées. À ce jour, les tensions couvent alors que les différentes factions s’espionnent malgré la descente fulgurante de Minât Atanga Nji. Les populations déjà languissantes dans la misère réclament une vraie base pour discuter des problèmes fondamentaux de ce département en présence des victimes et des élites crédibles de la région et des communautés Kotokos, Choa Arabs, Mousgums, Massa, Kanuri comme Ibrahim Talba, Malte , Alamine Ousmane Mey, Abakar Ahamat, Mounouna Foutsou, les généraux Assoualai et Mahamat Ahmed Kotoko, Saïd Kamsou-loum, Mahamat Mamadi, Barka Abouya… sans oublier les autorités traditionnelles.

Au final, Paul Biya a raté son objectif pour 2021 qui était d’assurer la sécurité et la paix sur notre territoire national. Principalement en raison du manque de contrôle de la situation par le gouvernement.

#Sécurité #paix #Cameroun #Paul #Biya #dépassé #par #les #événements

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

[gs-fb-comments]

[comment]

[supsystic-newsletter-form id=4]

Vidéo du jour:



Laisser un commentaire