Succession et héritage : le fratricide des Muna

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Conseil d’administration bloqué par les ayants droit, qui dénoncent la saisie de la direction par deux de leurs frères, dont Akere Muna, et réclament leur part du gâteau.

La bataille pour la succession de Salomon Tandeng Muna, ancien président du Cameroun occidental (1968-1972) et ancien président de l’Assemblée nationale du Cameroun réuni (1973-1988), est loin d’avoir son épilogue. Ce conflit fratricide a connu un nouvel épisode le 13 juillet. Le conseil d’administration ordinaire prévu à cette date, à Douala, à la clinique Daniel Muna Memorial (nom de l’ancienne Polyclinique de Bonanjo), n’a plus eu lieu. Constatant l’énième absence de Me Akere Muna, l’un des administrateurs, trois autres bénéficiaires de cette famille nombreuse de huit enfants, dont cinq sont déjà décédés, ont manifesté leur opposition au maintien de l’emploi. Les principaux arguments sont d’une part l’absence de l’avocat Akere Muna et d’autre part la suspension de ce dernier après sa condamnation par les tribunaux du pays.

Les bénéficiaires qui s’opposent à la tenue dudit conseil sont Ama Tutu Muna, George Muna et Chembifon Muna. Leur boycott a eu pour conséquence que le quorum n’a pas été atteint, et donc l’impossibilité de siéger. Dans la foulée, après une nouvelle procédure initiée par l’ex-ministre Ama Tutu Muna, le président du tribunal de première instance (Tpi) de Douala-Bonanjo a été expulsé vers la clinique, accompagné d’une délégation de la magistrature. Il s’agissait de constater d’une part la non réunion effective du conseil d’administration et d’autre part « constater qu’Akere Muna continue d’exercer en qualité d’administrateur, par procuration », alors que cette qualité aurait été de le faire révoquer par une décision de justice. Le président du tribunal a également reçu des informations utiles de la part du président dudit conseil, nul autre que la fille de feu Daniel Muna, ancien PCA et PDG de ladite fondation.

Cette initiative judiciaire est menée à bien à la grande satisfaction des trois membres rebelles de la famille Muna. Leur boycott lance ainsi le feuilleton de cette guerre fratricide de longue date. Une lutte qui avait déjà pris de l’ampleur en juillet 2009 après la mort du Dr. Daniel Muna, alors PDG de la polyclinique Bonanjo. « Comme vous le savez, la Polyclinique de Bonanjo est un investissement familial. Il s’agit d’une société à responsabilité limitée (SA) composée d’actionnaires, formée des huit enfants de feu Solomon Tandeng Muna. Il y avait un conseil d’administration mis en place par le regretté Dr. Daniel Muna, qui a fonctionné de son vivant. Depuis plus de dix ans, nous avons perdu des proches, cinq actionnaires sont morts, mais ils ont succédé à des enfants », a déclaré Chembifon Muna au Jour. Il se présente comme le fils de feu Edwin Muna (troisième fils de feu Salomon Tandeng Muna), décédé en 1973.

Transparence
Les trois « ayants droit » affirment avoir été défavorisés et expropriés. Ils accusent les deux autres administrateurs, en l’occurrence Maître Akere Muna, administrateur des biens privés de ce pouvoir, et l’actuel Pca, d’avoir modifié les documents après le décès de Daniel Muna. Selon eux, cette action vise à minoriser les autres collègues administrateurs et en même temps à les déshériter. « Le 13 juillet, nous nous sommes mis en colère. Les bénéficiaires sont venus faire valoir leurs droits. Des documents sont demandés depuis un certain temps. La clinique est faite [en 1980, ndlr] sous le nom de Polyclinique de Bonanjo, société anonyme. Il y a quatre ou cinq ans, elle est devenue la Daniel Muna Memorial Clinic. Mais que s’est-il passé? En gros, ils ont changé les documents », explique Chembifon Muna. Pire, ils accusent Akere Muna d’avoir bloqué, par ses absences répétées et son refus de se présenter, les séances du conseil de famille, autrefois présidé par feu Bernard Muna, et les conseils d’administration.

Nos tentatives pour obtenir un avis motivé d’Akere Muna en réponse à ces allégations ont été infructueuses. En réponse à notre SMS du 20 juillet 2021, l’ancien président de la branche camerounaise de Transparency International vient de déclarer : « Je ne suis pas au Cameroun ». Les titulaires de droits lésés demandent plus de transparence dans la gestion des biens hérités de leur père ou grand-père décédé. En 2018, le tribunal de première instance du centre administratif de Yaoundé a condamné Akere Muna à trois ans de prison, avec une suspension de cinq ans. Il a été reconnu coupable de dissimulation de faux et d’utilisation de faux dans des écrits commerciaux privés. L’ancien candidat à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 a également été condamné à payer une amende d’un million de francs CFA et 511 000 francs de frais. Les dégâts ont été stoppés pour un coût de dix millions de francs CFA.

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