Affaire Estelle Mouzin: Sabine Kheris, la juge qui a confessé Monique Olivier et Michel Fourniret

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    Pourquoi parle-t-on d’elle ?

    En un an, Sabine Kheris, juge d’instruction à Paris, a fait accélérer l’enquête sur la mort d’Estelle Mouzin, enlisée par ses sept prédécesseurs durant seize ans et la disparition de la fillette en 2003. La semaine dernière, Monique Olivier a indiqué à la juge que Michel Fourniret, son ex-mari, a enlevé Estelle à Guermantes (Seine-et-Marne) avant de la violer et de l’étrangler à Ville-sur-Lumes (Ardennes). Mardi et mercredi, Sabine Kheris a entendu l’homme déjà condamné pour huit meurtressans qu’aucune information ne filtre. En mars, elle lui avait fait reconnaître un rôle dans cette disparition.

    Qui est-elle ?

    Sabine Kheris, après une expérience au Parquet, est passée à l’instruction, décrochant le surnom de « Madame cold case ». À 55 ans, elle applique sa méthode
     : d’abord plonger dans la procédure, des dizaines de milliers de pages pour celle d’Estelle Mouzin, afin de la connaître par cœur. Ensuite, elle n’hésite pas à faire appel à un archéologue ou à un drone. Enfin, elle cherche àcomprendre la personnalité de sa cible, bien complexe avec Michel Fourniret, lisant des ouvrages de Dostoïevski ou Albert Camus, ses auteurs préférés, afin d’en discuter avec lui et le mettre en confiance.

    Elle est entrée dans son « si vous travaillez, je vous aiderai ». Le meurtrier lui a avoué que « jouer avec un partenaire tel que vous, ça en vaut la peine ». Cette « soupière de la vérité » comme la surnomme un confrère, a œuvré dans bien d’autres domaines comme le dossier Karachi, sur le financement de la campagne d’Édouard Balladur en 1995, ou l’affaire du « mur des cons » dans les locaux du Syndicat de la magistrature.

    Qu’en penser ?

    À la lumière de ces succès sur des crimes parfois vieux de trente ans, l’idée de créer un service national spécialisé dans les cold case prend tout son sens : donner du temps à un juge d’instruction afin qu’il ne se consacre qu’à quelques dossiers, avec un œil neuf, pour explorer les pistes oubliées, faire apparaître des liens et indices que les précédents juges d’instruction, qui croulent sous quantité de procédures, ne pouvaient relever. Une façon de tendre vers la possibilité d’éliminer le crime parfait, celui jamais élucidé et puni.

    > 1965 : naissance.

    > Parquetière à Béthune et à Bobigny pendant treize ans, elle est ensuite juge d’instruction à Nanterre puis à Paris se consacrant à des dossiers comme l’affaire Borrel, un magistrat français tué à Djibouti en 1995, ou le dossier Karachi, des rétrocommissions qui auraient financé la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995.

    > 2015 : signe l’ordonnance de renvoi de la présidente du Syndicat de la magistrature après le « Mur des cons ».

    > 2016 : demande le renvoi de Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier devant la Cour de justice de la République dans l’affaire du bombardement des militaires français de Bouaké Côte d’Ivoire) en 2004.



    SOURCE: https://www.w24news.com

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