Annecy 2021 : l’Afrique à l’honneur au plus grand festival du film d’animation

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« On retrouve l’ambiance du festival. Nous sommes à nouveau vivants. « Annecy s’affiche fièrement comme » le premier grand événement culturel international à accueillir le public » (Sans carte sanitaire) en France après incarcération. Du 14 au 19 juin, la capitale mondiale du cinéma d’animation présentera sur place plus de 200 courts et longs métrages,  » un millésime d’exception « , Et » le meilleur de l’animation africaine » Sous forme d’hommage. Entretien avec Mickaël Marin, directeur du Festival, du Filmmarkt et de la Cité de l’image en mouvement à Annecy (Citia).

RFIA : Trouvez-vous satisfaisant qu’après l’incarcération, le Festival International du Film d’Animation d’Annecy soit le premier grand événement culturel international à accueillir les spectateurs dans les salles ? ?

Michael Marin Mar : L’année a été très compliquée pour nous. Nous avons dû travailler sur une édition encore plus difficile à organiser que l’an dernier, technologiquement, en termes de contenus à proposer en ligne et sur le marché, sans savoir si nous pouvions le faire sur place. Il fallait tenir, tenir, tenir, jusqu’à l’annonce du président de la République.

La satisfaction pour nous aujourd’hui est de voir une ville avec des panneaux avec des affiches, des infrastructures montées. On sent qu’on retrouve l’ambiance du festival. Nous sommes à nouveau vivants. C’est le plus important.

Cinéastes et professionnels étrangers viennent-ils aussi à Annecy ? ?

Certains le font. Ceux qui pourraient… Nous aurons une présence beaucoup moins internationale qu’une année normale. Il ne faut pas oublier qu’en 2019, année la plus importante en termes de fréquentation, 92 pays étaient présents à Annecy. Cette année l’événement sera beaucoup plus franco-français et européen. Néanmoins, des extra-européens nous rejoindront. Le problème pour nous, et je pense pour d’autres festivals internationaux, c’est que les conditions de voyage sont tellement compliquées de nos jours, avec des conditions qui changent très régulièrement, avec des prix, notamment pour les billets. un jour…

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Il est très difficile pour les participants de l’étranger de venir. Alors certains seront là, d’autres seront en ligne avec nous, car c’est encore trop compliqué de venir à Annecy. Si nous avions eu des conditions de transport plus ou moins normales et des passages frontaliers normaux, nous aurions eu deux fois et demie le nombre de personnes accréditées que nous recevrons sur place. La planète animation voulait venir à Annecy.

Le festival 2021 aura lieu à la fois sur place et en ligne. De quelles leçons avez-vous tiré ? l’édition 2020, une édition pas comme les autres, car la première entièrement numérique ?

Nous avons gardé quelques appareils qui seront pérennisés. Par exemple, nous avons un concours de projets, avec des centaines d’entrées. Ensuite, une trentaine de projets sont sélectionnés et présentés lors du marché du film. Comme nous n’avions pas pu le faire physiquement l’année dernière, nous avons demandé aux équipes de réaliser une vidéo de présentation du projet. Nous avons fait beaucoup de travail pour accompagner les porteurs de projets, les créateurs, afin qu’ils puissent faire la meilleure présentation vidéo. Ce matériel est utile pour Annecy, mais les équipes de tournage peuvent le sauvegarder plus tard pour le présenter dans d’autres festivals. C’est un dispositif que nous n’avions pas auparavant et que nous avons perpétué… Toute la difficulté pour nous est : que rendons-nous disponible en ligne ? Le plus gros challenge était de trouver cet équilibre entre le « en ligne » et le « sur place », pour avoir une complémentarité.

« Hayop Ka ! The Nimfa Dimaano Story », film d’animation d’Avid Liongoren (Philippines), présenté en compétition au Festival d’Annecy 2021. VINGT MANILLE, FILM DE PRINTEMPS

Vous organiserez cette année plus de 200 projections en présentiel. Quel sera le temps fort de cette édition 2021 dans la sélection officielle ? ?

Nous obtenons un nombre record de longs métrages : douze. Cela ne s’est jamais produit depuis la création du Festival d’Annecy en 1960. Ce ne sont pas douze longs métrages, parce que beaucoup de films ont été produits ou parce qu’il y avait du « stock » à montrer. Non, notre représentant artistique a choisi ces films car nous avons la chance d’avoir une qualité exceptionnelle de longs métrages.

De très belles avant-premières attendent le public : on va projeter Luca, de Pixar. Il y aura Même les souris vont au paradis de Denisa Grimmova et Jan Bubenicek, produit par la République tchèque et la France, c’est un très bon film d’animation pour la famille. Il y aura Esprit des studios d’animation DreamWorks. Nous avons également des séances de Travail en cours, films très attendus, en production. Annecy est vraiment le miroir de la production actuelle. Et une tendance se confirme, des sujets pour adultes, le reflet du monde actuel, avec des sujets sur les réfugiés, la guerre, l’identité… C’est à dire qu’il y aura toujours un cinéma pour la famille et les enfants, mais de plus en plus un cinéma pour adultes.

A l’occasion de ses 60 ans, le Festival International d’Animation d’Annecy a programmé 47 films africains dans ses différentes sélections officielles. Cette année, vous comptez rendre un véritable hommage à l’animation africaine. Walt Disney et Kugali Animation Studios présentent Face avant, leur série d’animation plébiscitée et atypique à l’univers afro-futuriste. Sous quelle forme sont les cinéastes et les faiseurs d’animation africains aujourd’hui ? ?

Nous sommes très fiers de pouvoir rendre cet hommage, que nous aurions dû rendre en 2020, car nous avons été labellisés dans le cadre de la saison Afrique 2020. Nous accompagnons des porteurs de projets en Afrique depuis plus d’une décennie. pour les aider à mieux s’organiser, progresser, réussir à Annecy et être reconnus par la communauté mondiale. Alors après dix ans de travail avec différents pays d’Afrique, des créateurs et différentes entités, cette saison de l’Institut français est tombée à la perfection. On s’est dit : c’est peut-être l’occasion de donner une visibilité supplémentaire. Par la suite, cet hommage se traduit par des projections sur place, sous forme de rétrospectives ou d’animations contemporaines, et en ligne. Nous montrerons ce qu’il y a de mieux pour nous dans l’animation africaine.

« Black Barbie », du cinéaste britannique d’origine ghanéenne Comfort Arthur, sera projeté dans le cadre de l’hommage à l’animation africaine au Festival d’Annecy qui se déroulera du 14 au 19 juin. © Blue Moon Productions

Quelle évolution voyez-vous ? ?

Il existe une grande diversité de techniques et de sujets. Ça va très vite. Nous pouvons le voir clairement. Les plates-formes avaient également raison. Ils sont excités. Netflix et Disney ont réalisé des séries avec des talents africains. Pour nous il y a un avant et un après, après cet hommage. Nous aurions dû avoir une belle délégation africaine. Les talents voulaient bouger en masse. Malheureusement, les conditions de voyage font que nous aurons du talent, mais pas tant que ça. Mais ce n’est qu’un report. Aujourd’hui nous avons noué des liens très forts avec l’animation africaine et Annecy sera la meilleure caisse de résonance possible pour ce métier et pour l’animation de demain pour une reconnaissance puis pour générer de nouveaux projets, entre Africains ou entre créateurs africains et le reste du monde. Je suis convaincu.

Ses points forts incluent : Lady Buckit et les vadrouilles hétéroclites, un long métrage nigérian d’Adebisi Adetayo (2020). Y a-t-il des premières mondiales d’animation africaine à Annecy ?

Notre souhait n’était pas de montrer des avant-premières, mais de montrer déjà ce qui se fait aujourd’hui. Nous organiserons également des conférences sur l’état de l’industrie de l’animation en Afrique. C’est vraiment ce que nous avons essayé de faire.

Vous avez mentionné les plateformes. Le Festival de Cannes continue de rejeter les films Netflix ou d’autres plateformes concurrentes. Quelle est la position du Festival d’Annecy sur cette question ? ?

Ces dernières années, nous avons eu une très forte présence sur les plateformes, notamment Netflix et Amazon. Et nous avons une longue histoire avec Disney. Ce que nous montrons [des plateformes] à Annecy n’est pas en compétition, du moins pas pour les longs métrages. D’autre part, nous montrons beaucoup d’aperçus. Ce sont des événements de session sur grand écran. Les films ne sont pas officiellement en concurrence, mais ce n’est pas nécessairement quelque chose que nous recherchons ou que les plateformes recherchent. Nous cherchons une façon différente de montrer les films et de promouvoir les talents qui font ces films et que nous connaissons naturellement. Nous montrons donc ces films, mais d’une manière différente.

L’accès au Festival d’Annecy et au Marché International du Film d’Animation (Mifa) n’est pas subordonné à la présentation d’une carte de santé. La taille du festival ne l’exige pas, car il ne peut pas accueillir simultanément plus de 800 personnes dans les salles de cinéma ou 1 000 personnes dans le marché du film.  » Annecy Festival, en concertation avec le gouvernement et les collectivités territoriales, prend toutes les mesures sanitaires nécessaires à sa préservation. »

Annecy 2021 : les 12 films en compétition officielle

garçon de danse du lion par S. HAMILTON (Chine)

– Ma mère est un gorille, et alors ? ? de Linda HAMBÄCK (Suède / Norvège / Danemark)

Petite Moutarde de Marcus ROSENMÜLLER, Santiago LOPEZ JOVER (Autriche / Allemagne)

Tu es un animal! L’histoire de Nimfa Dimaano d’Avid LINGOREN (Philippines)

Poupelle de Chimney City le HIROTA Yusuke (Japon)

Jiang Ziya : La Légende de la Déification de LI Wei, CHENG Teng (chinois)

Le roi des cerfs l’ANDO Masashi, MIYAJI Masayuki (Japon)

Fuir par Jonas POHER RASMUSSEN (Danemark / France / Norvège / Suède)

Le poème de Lamya par Alex KRONEMER (Canada / États-Unis)

Josée, le tigre et le poisson le TAMURA Kotaro (Japon)

Ma famille afghane par Michaela PAVLATOVA (République Tchèque / France / Slovaquie)

Carrefour par Florence Miailhe (Allemagne / France / République tchèque)

► Festival International du Film d’Animation d’Annecy, du 14 au 19 juin 2021.

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