Braquage au Congo : 3 millions de dollars en espèces retirés par le directeur financier de Kabila.

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L’enquête Congo Hold-up montre que sur les 43 millions de dollars détournés dans le cadre du scandale Egal, 3,3 millions ont abouti dans un compte de la présidence de la République démocratique du Congo. Ce transfert a pu compenser un retrait d’argent effectué par le directeur financier du président Joseph Kabila. Enquête auprès de Médiapart, BBC, PPLAAF et du réseau européen EIC.

Le scandale Egal touche directement l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et ses proches. Comme révélé une de nos enquêtes « Congo Hold-up », cette société congolaise d’importation de poisson et de viande, détenue par le très proche ancien président Kabila, est au cœur d’une enquête judiciaire à Kinshasa sur le détournement d’au moins 43 millions de dollars des fonds de la Banque centrale du Congo (BCC).

Mais ce n’est pas tout. Immédiatement après avoir reçu ces fonds publics, Egal a déposé 3,3 millions de dollars sur le compte auprès du BGFI de la présidence de la république, et cet argent a versé un retrait de 2,8 millions de dollars à Emmanuel Adrupiako, le conseiller financier du président Kabila.

En témoigne ce nouveau volet de l’enquête « Congo hold-up », basée sur 3,5 millions de documents de la banque BGFI, obtenus par PPLAAF et Mediapart et analysés par 24 médias internationaux et ONG coordonnés par l’EIC.

À l’époque, le président Kabila, qui a quitté le pouvoir en janvier 2019, était chez lui avec le BGFI RDC, dont le directeur général était son frère adoptif. François Sélémanique.

Le 8 juin 2011, la présidence de la république a ouvert un compte auprès de la BGFI et déposé 10 000 $ en espèces. Le compte est ensuite resté totalement inactif pendant deux ans. Jusqu’à ce qu’Emmanuel Adrupiako retire près de trois millions de dollars en liquide fin mai 2013.

Emmanuel Adrupiako n’est pas n’importe qui : une note du BGFI indique qu’il a le  » Directeur financier « , et  » son rôle est de gérer, planifier et organiser tout ce qui touche à la finance Il est également membre fondateur du parti politique de Joseph Kabila, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

Il est également au centre d’une enquête judiciaire belge pour corruption et blanchiment d’argent, sur le scandale de l’attribution, en 2015, du contrat de fabrication de passeports de la RDC à Semlex. Cette société belge avait reconnu dans le journal de Montréal versé 700 000 $ à Emmanuel Adrupiako via des sociétés offshore, sans en préciser l’objet. Contacté à l’époque par Jeune Afrique, a assuré Emmanuel Adrupiako que les 700 000 $ qui lui ont été versés en 2015 n’ont rien à voir avec le contrat de passeport, mais il estime qu’ils résulteraient du paiement d’un loyer.

Les 23, 24 et 27 mai 2013, le directeur financier de Joseph Kabila a retiré 2,8 millions en espèces du compte de la présidence à la BGFI en trois versements. Au lendemain du dernier retrait, le mécanisme s’enclenche, permettant à Egal de bénéficier de 43 millions de dollars d’argent public.

Le 28 mai 2013, Egal a signé un accord de transfert de dette avec Afritec, une autre société contrôlée par des proches de Joseph Kabila. Le but de l’opération : faire reconnaître par l’Etat une créance fictive contre Afritec, qui la cédera à Egal. Il recevra donc 43 millions d’argent public, utilisé en garantie d’un prêt de la BGFI.

Lire aussi : Congo Hold-up : Equal, l’autopsie d’un scandale

L’accord du 28 mai 2013 prévoit qu’Equal s’engage à rembourser 40 millions de dollars à Afritec, soit 3 millions de moins que ce que l’État est prêt à accorder sur la base de cette créance fictive.

Le retrait de 3 millions d’euros d’Emmanuel Adrupiako du compte de la Présidence a-t-il été pris en compte dès le début de l’opération ? Les dirigeants d’Afritec, Alain Wan et Marc Piedboeuf, n’ont pas répondu à nos questions.

En tout cas, le 10 juin 2013, une lettre du ministre des Finances officialise cette réclamation. Le 26 juillet, la BGFI accorde un premier prêt à Egal. Et le 29 novembre, la Banque centrale du Congo a promis 43 millions de dollars en garantie de ce prêt à Egal sur son compte auprès de la BGFI, une caisse noire créée pour l’occasion.

A lire aussi : Hold-up au Congo : la caisse noire de la Banque centrale du Congo

Le 23 décembre, deux semaines après ce versement, Egal transfère 3,3 millions de dollars sur le compte de la présidence, ce qui compense exactement le découvert occasionné par le retrait d’Adrupiako six mois plus tôt et les billets de banque.

Comme il n’y avait que 10 000 $ dans le compte à l’époque, le retrait de 2,8 millions de dollars a créé un écart du même montant. Ce n’était pas sans frais : des amendes totalisant 550 000 $ en sept mois ont été enregistrées. Cela a porté le découvert à 3,3 millions.

En mettant ce compte à zéro le 23 décembre, Egal a utilisé l’argent détourné du gouvernement pour financer le retrait.

La Banque centrale, la BGFI et Joseph Kabila n’ont pas répondu aux questions. Emmanuel Adrupiako n’a pas voulu répondre à nos questions. Son avocat a indiqué à notre partenaire PPLAAF que nos questions « ne t’en fais pas « M. Adrupiako au vu de la loi congolaise définissant les responsabilités en matière d’utilisation des deniers publics, et que notre article » sera malheureusement basé sur des contrevérités et [sera] si calomnieux et calomnieux ».

avoir la même démence » recevoir de l’argent de la Banque Centrale du Congo », se souvient avoir été « exemption « Par le chef de l’Inspection générale des finances (IGF), et s’est refusé à tout autre commentaire tant l’instruction judiciaire dans cette affaire est en cours » est secret ».

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