CAN 2022 : à Limbé-Buea les équipes pensent au ballon, pas aux ballons

0

Dans le groupe F de la CAN 2022, les équipes basées dans les villes de Limbé et Buea, au cœur de la zone de conflit, veulent miser sur le football. L’histoire n’est pas distraite par la grave situation sécuritaire et l’aménagement de ces deux villes de la zone anglophone du Cameroun.

De notre envoyé spécial à Limbé et Buea,

Le paysage change à l’approche de Limbé. Sur les derniers kilomètres reliant Douala à cette ville du sud-ouest du Cameroun, la route est balisée par l’armée. Tous les 100 mètres environ, une partie du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR),  » la crème de la crème de l’armée camerounaise (dit un sergent) est posté, cagoulé, arme à la main. Dans la deuxième plus grande ville de la zone anglophone du Cameroun, caractérisé par un conflit latent entre le gouvernement et le séparatistes ambazoniens, le système de sécurité est impressionnant.

CAN 2022 : calendrier des courses, résultats et classement des équipes

Egalement disputée à Limbé et Buéa, deux villes comptant des équipes du groupe F (Tunisie, Mali, Gambie et Mauritanie), la CAN a renforcé le niveau de sécurité dans la zone avec des factions militaires ajoutées aux patrouilles régulières de police.  » Un dispositif de sécurité impressionnant tout au long du trajet de l’aéroport à l’hôtel reconnaît même le colonel Mouhamed Samaké, responsable de la sécurité de la délégation malienne.

A Buéa, les sirènes hurlantes accompagnant le Mali et la Gambie lors de leurs sorties d’entraînement, de compétitions ou de conférences de presse, ou encore les rondes d’hélicoptères de la police, accentuent le quotidien des Aigles et Scorpions.  » Ce n’est pas bon pour la concentration, ce n’est pas normal pour le foot, a déclaré l’entraîneur gambien Tom Saintfiet. Ça donne un sentiment qui n’est pas « safe » quand il y a beaucoup de militaires, mais il faut travailler le foot, c’est ce qu’on sait faire ».

Une voiture de police près du stade de la Ferme Moyenne où s'entraînent les équipes de Limbé.

Une voiture de police près du stade de la Ferme Moyenne où s’entraînent les équipes de Limbé. © RFI / Ndiassé SAMBE

« Nous nous occupons du football. D’autres s’occupent de la sécurité… »

Logés dans un hôtel 5 étoiles au pied du Mont Cameroun, dont le beau panorama contraste avec le visage fermé des gardes et soldats qui gardent les lieux, Maliens et Gambiens semblent vivre dans une « prison dorée ».

Rester concentré sur le football et essayer d’ignorer toutes les mesures de sécurité – sans même laisser entrer un enregistreur radio dans l’hôtel – semble être le mot d’ordre des acteurs du groupe F. » Nous nous occupons de la technologie, du football. D’autres sont préoccupés par la sécurité. A chacun son métier », a raccourci l’entraîneur du Mali, Mohamed Magassouba, interrogé en conférence de presse à ce sujet.

« L’impression de la vie dans un camp militaire »

Même fusillade du 12 janvier ne semble pas déranger les hôtes de Limbé-Buéa, comme les Mauritaniens.  » On entend des petits trucs mais ça nous touche pas, on a la tête avec les jeux, raconte Aboubacar Camara, capitaine des Mourabitounes. Son coéquipier, Souleymane Doukara a ajouté : Nous ignorons tous cela. Le dispositif de sécurité est très élevé. On en parle pas, on regarde les matchs, on s’occupe comme on peut, on joue aux cartes. »

En tout cas, la sécurité est le mot d’ordre de la Confédération africaine de football, qui a dit à ses agents de ne pas sortir de l’hôtel avec leur badge ou dans une voiture officielle.  » On a l’impression de vivre dans un camp militaire raconte un membre de la CAF, avouant que le seul petit écart qu’il s’est permis depuis son arrivée à Limbé est de se faire couper les cheveux avec une voiture banalisée pour ce trajet à « haut risque ».

.

#LimbéBuea #les #équipes #pensent #ballon #pas #aux #ballons

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

[gs-fb-comments]

[comment]

[supsystic-newsletter-form id=4]

Vidéo du jour:



Laisser un commentaire