CPI : au premier jour du procès d’Ali Kushayb, le procureur détaille les crimes de l’accusé

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Le procès de Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman s’est ouvert ce mardi 5 avril devant la CPI. C’est le premier procès concernant des crimes commis au Darfour. À 72 ans, l’ancien chef Janjawid est commandé pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis en 2003 et 2004. Pour cette première journée d’audience, le procureur a détaillé les crimes que l’accusé aurait attribués et paresseux-meme commis.

Avec notre correspondant à La Haye, Stéphanie Maupas

Au cours de cette première journée d’audience, le procureur a longuement évoqué les meurtres, les viols, les tortures, les pillages perdus aux victimes. Karim Khan a également rappelé que les crimes commis au Darfour ont eu des conséquences extrêmement coûteuses pour les victimes. Conséquences qu’elles subissent encore aujourd’hui.

Selon le procureur qui a rapporté les propositions du témoin P011 – une mère de famille – cette dernière a dû fuir à cause de la criminalité et à cause des actions délibérées des accusés et des actions d’autres personnes dans cette affaire. Cette femme a ajouté que le conflit au Darfour aussi séparé de sa famille. Maintenant sa mère et son fils sont au Darfour alors qu’elle est au Tchad. Elle pense toujours à eux. Elle ne peut communiquer avec eux qu’avec le système de la Croix rouge, qui est vraiment prêté. Et c’est aussi douloureux que des proches soient détenus sans raison. Elle a dit qu’elle sait qu’elle doit être courageuse et doit faire face à la vie, sinon elle perdrait tout.

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Le procureur a évoqué de nombreuses situations dramatiques pour les survivants. Et ce mercredi, les représentants des victimes prendront leur tour la parole. Si l’accusé devait être condamné au terme de ce procès, la Cour prévoit des réparations pour les victimes. Une procédure qui peut néanmoins prendre des années. L’accusation entend appeler plus les 100 témoins à la barre de la Cour dans les prochains mois.

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Le procureur a également profité de ce procès pour saluer le Conseil de sécurité des Nations unies pour avoir saisi la Cour des crimes commis au Darfour. C’était en mars 2005. A l’époque, a souligné Karim Khan, aucun Etat n’avait voté contre la résolution.

Cette affaire que vous allez entendre est précisément le type de situation, précisément le genre d’affaires, pour laquelle cette Cour pénale internationale a été créée. A mon humble avis, c’est précisément le genre de situation que le Conseil de sécurité devait respecter et il doit être fier de l’avoir fait dans le respect de la Charte des Nations. Avec l’ouverture de cette affaire, je suis convaincu que les premières gouttes de justice tomberont sur ce qui était jusqu’ici un désert d’impunité au Darfour.

Au cours d’une conférence de presse suite organisée à l’audience, Karim Khan s’est aussi cet impatient de refermer le dossier soudanais. Comme un message aux autorités à Khartoum, il a rappelé qu’il ne pourrait le faire qu’après la livraison des derniers suspects recherchés par la CPI dont l’ex-président Omar el-Béchir.

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