Diagnostic : la direction de Camair-Co en question

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Dans sa thèse, qu’il a brillamment soutenue à Douala le 4 juin dernier, le Dr Jopel Ngoua-Elembe II décrypte les facteurs de contre-performance dans la gestion de la compagnie aérienne nationale en étouffement.

La direction de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) est au centre d’une étude scientifique menée par l’intellectuel Jopel Ngoua-Elembe II Hiob sous le titre « Profil du dirigeant et dynamique du positionnement stratégique de la compagnie ». L’étude, qui a également fait l’objet d’une thèse de doctorat en management, soutenue le 04 juin 2021 par le candidat Ngoua-Elembe II Hiob, montre « comment la vision, la personnalité, le niveau d’études et les compétences spécifiques d’un manager permettent d’expliquer, selon sur les facteurs environnementaux, le succès ou l’échec d’un mode de positionnement particulier au sein de la Camair-Co. » C’est en tout cas en ces termes que l’auteur formule la thèse principale de sa recherche, qui le conduit à une approche comparative.

Comparaison avec d’autres compagnies africaines comme Ethiopian Airlines, « sky major » dans sa sous-région, ou Air Ivoire, pour n’en citer que quelques-unes. Mais ce qui explique pourquoi, à l’échelle du continent africain, ces compagnies nationales sont plus compétitives que la compagnie aérienne nationale camerounaise, fondée en 2006, avec un capital de 500 millions de francs CFA au départ de son vol inaugural, le 28 mars 2011. . , bien en deçà du milliard et demi (1,5 milliard) de francs CFA de la défunte Cameroon Airlines (Camair), lors de sa mise en service en 1972, et du capital d’Air Ivoire, revu à la hausse à 65 milliards après 2015 ? Ngoua-Elembe II Hiob examine les facteurs de sous-performance d’une entreprise nationale qui est constamment sous injection financière et que le gouvernement subventionne la plupart du temps en fonction de son vote, parfois pour aussi peu que 10 milliards par an.

100 milliards de francs CFA

Des frais très maigres que la défunte héritière de la « Onzième Province » (Cameroon Airlines) ne peut même pas se permettre de payer le carburant ou de réparer ses avions, a déclaré le chercheur. Un don insignifiant et bien en deçà des 100 milliards, voire 200 milliards dont l’entreprise camerounaise a besoin pour repartir et reconquérir le ciel africain. Question pertinente d’un membre du jury présidé par le professeur Claude Bekolo, doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion appliquées (FSéga) de l’Université de Douala : Et si Camair-Co avait un chiffre d’affaires de 1000 milliards et 1000 avions, l’entreprise serait-elle meilleure désactivé? « Ce n’était pas ma question », répond l’auteur, qui plaide pour une revalorisation préalable du bilan de la compagnie aérienne camerounaise comme condition d’un éventuel redémarrage.

Selon Ngoua-Elembe II Hiob, le profil du leader idéal souhaité et recherché par Camair-Co est celui des dirigeants d’Ethiopian Airlines, qui fournit à la fois des services de navigation aérienne et des services d’assistance en escale, contrairement à Camair-Co, dont l’assistance en escale est transférée à Cameroon Airports (Adc ), la société qui s’occupe uniquement du segment de la navigation aérienne. Ce n’est qu’alors que la compagnie aérienne camerounaise pourra prétendre être l’armée de l’air de la région atlantique. Les juges ont été unanimes sur l’originalité du sujet, sa contextualisation et ses racines, et sur l’approche de l’auteur, quoique qualitativement. « Le sujet est intéressant et très récent », a commenté l’un d’eux. Les recherches du Dr Ngoua-Elembe II regorgent de données et nous en apprennent un peu plus sur l’industrie aéronautique, même si des améliorations de formulation sont encore nécessaires.

Cependant, ces limitations n’empêchent en rien « les qualités exceptionnelles » de ce travail, sanctionné par une mention « hautement louable » à l’issue de la brillante présentation du candidat désormais docteur en gestion. Même si l’auteur avait aussi gagné en explorant le contexte, voire le profil de ses experts en expliquant comment ce profil influence la dynamique de positionnement. L’autre faiblesse tient au fait que l’auteur travaillait auparavant chez Camair-Co, où il était directeur du département stratégie et planification. Une entreprise que le chef de Ndôngô Bwapaki, village du canton de Bankon Sud (Abo Sud), dans la commune de Bonaléa, sait à portée de main, même si le président du jury émet des réserves sur sa capacité à rencontrer les six dirigeants qui l’entreprise l’a vu fonctionner en dix ans. Dès lors, « il est possible qu’il (le chercheur) ait manqué d’objectivité », se sont plaints le professeur Claude Bekolo, convaincu et satisfait du monde entier, ainsi que le professeur Biwole Fouda, qui a dirigé la thèse.

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