Entre Picasso et l’Afrique, une inspiration mutuelle

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Une exposition inédite au Musée des Civilisations Noires : « Picasso à Dakar, 1972-2022 » s’ouvre ce vendredi au Sénégal. Elle regroupe des œuvres de l’artiste issues du Musée Picasso de Paris, ainsi que des œuvres africaines du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, et du Musée Théodore Monod de Dakar. Aujourd’hui, cette nouvelle exposition est conçue comme un « dialogue » entre ses œuvres et des objets d’art africains.

D’un côté, une étude de Picasso le 1907 pour le tableau « Les demoiselles d’Avignon ». De l’autre, un masque Gouro Baoulé de Côte d’Ivoire. Les similitudes sautent aux yeux. † On reconnait dans le design du nez et dans l’ovale des yeux une grande proximité », estime Guillaume de Sardes, l’un des quatre commissaires de l’exposition, au micro de notre correspondant à DakarCharlotte Idrac.

Picasso s’intéresse tout au long de sa vie à l’art africain puisqu’il est une collectionné de l’art africain. Pouvez-vous dire que c’est surtout sur la première partie de sa carrière, au moment où il cherche à se renouveler après la période rose et bleue, qu’il rencontre l’art africain ? Cela va ouvrir une voie qui va déboucher de manière de manière indirecte – ce n’est pas la seule influence mais c’en est une – sur le cubisme », rajoute le commissaire.

Sur une photo, Picasso joue du xylophone en 1957. Et en résonance est exposé un balafon issu des collections du musée Théodore Monod de Dakar. Là aussi, c’est le lien entre les oeuvres qui est mis en avant. † Ce sont des moments que l’on a choisis pour voir le contact de Picasso avec l’imaginaire du patrimoine africain », réalisateur rigoureux, El Hadj Malick Ndiaye.

Un dialogue artistique, mais qui va au-delà, selon Ousseynou Wade, également commissaire : « Ce dialogue de civilisations a été théorisé par Senghor. Picasso, également, est allé interroger des éuvres mais ce n’était pas demandé des éuvres d’art européennes. Voilà quelqu’un qui nous a montré comment la diversité pouvait être extrêmement enrichissante et source de créativité † L’exposition, notamment à destination de la jeunesse, est à découvrir jusqu’au 30 juin.

« Picasso est un pont entre l’Occident et l’héritage africain »

Si Picasso est l’inspiration de l’art africain, le peintre espagnol exposé à Dakar est aussi, aujourd’hui, une source d’inspiration pour la jeune génération d’artistes africains. † Picasso est une source immense de savoir, la connaissance et l’inspiration pour moi. Je suis né en Afrique et je suis venu faire des études en Europe. Donc, je dis souvent que lorsque je me réapproprie l’œuvre de Picasso, il devient un grand-père pour moi. C’est une source sacrée à laquelle je vais m’abreuver, où je vais, en tous cas, apaiser ma soif de connaissance », raconte le peintre béninois Roméo Mivékannin.

Picasso n’est pas qu’un style. Il a cherche. J’ai une variété. je trouve. Parfois, il a été rejeté. Parfois, il a été repris. C’est assez extraordinaire. C’est l’énergie de cet homme et sa vitalité qui me frappe. Picasso est un pont entre l’Occident et l’héritage africain et il intègre tout ce corpus dans son travail. Donc, il y a un travail de réappropriation chez lui qui est très très fort. Et il arrive même au transformateur. Donc, Picasso, c’est aussi la métamorphose. C’est un magicien », ajoute-t-il.

Une des œuvres de Roméo Mivékannin sera visible dans le cadre de l’exposition Picasso remix, à la galerie le manège à Dakar à partir du 23 avril prochain. † Aujourd’hui, que des artistes africains s’inspirent de ce qui a été, à un moment donné, un outil de réappropriation pour l’Occident, je trouve cela extraordinaire. C’est une histoire, en tout cas, qui se termine très très bien », conclut l’artiste.

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