Génocide des Tutsis au Rwanda : un rapport de Survie révèle le rôle des mercenaires

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L’association Survie révèle un épisode méconnu du génocide au Rwanda. Dans un rapport publié jeudi 24 mars 2022, l’organisation révèle des notes inédites de la DGSE, les renseignements extérieurs français. Des documents rédigés entre mai et août 1994, appliqués aux plus hautes autorités françaises à Paris, qui mettent en œuvre à jour l’implication des mercenaires français Paul Barril et Bob Denard, pour soutenir le gouvernement génocidaire hutu.

D’après les renseignements français, Paul Barril, Bob Denard et leurs hommes on a collaboré avec les autorités génocidaires rwandaises, réfugiées en France, et notamment Agathe Habyarimana, la veuve de l’ancien président rwandais, dont le meurtre n’a pas été l’élément déclencheur du génocide. Les deux mercenaires auraient signé des contrats avec le gouvernement rwandais intérimaire, fourni des formations et des armes aux forces génocidaires.

Ils préparent également des actions, notamment contre l’aéroport de Kigali. Des faits et gestes suivis de près par la DGSE qui en informaient en temps réel l’Élysée, le bureau du Premier ministre et plusieurs ministères français.

L’exécutif français est au courant que des mercenaires français vont au Rwanda. Il s’agit de Bob Denard et de ses hommes, et de Paul Barril également. L’executif français a fait croire pendant des années qu’il n’était au courant de rien. Cela est un mensonge. Et la famille Habyarimana est au cœur des tentatives de réarmement, le contournement de l’embargo.

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François Crétollier, co-auteur du rapport de Survie

Un accord tacite

Selon Survieil existait  » un accord tacite » entre les plus hautes autorités françaises et ces mercenaires, dans le cadre d’une « stratégie indirecte de soutien au gouvernement intérimaire rwandais † Denard, Barril et les autres n’étaient donc pas des « électrons libres », selon l’ONG.

Ou, Survie s’interroge sur « l’invisibilité » les ces mercenaires dans les différents rapports sur le rôle de la France durant le génocide. Notamment celui de la Commission Duclert, livré il ya un an, qui avait pointé une « responsabilité accablante  » le Paris.

Cette Commission a eu accès aux memes notes des renseignements français, mais Survie dit qu’elle les a « délaisséesDans son rapport finall’historien Vincent Duclert et son équipe ont d’après Survie, « passe sous silence » le rôle des mercenaires. L’organisation dénonce une « volonté de dissimulation d’éléments à charge

La Commission n’a pas du tout masqué les notes de la DGSE

Face à ces accusations, l’historien n’a pas tardé à réagir. Il nie avoir occulté le rôle des mercenaires : « La Commission n’a pas du tout masque les notes de la DGSE, réagit-il. Je renvoie aux pages 501, 1 099, 1 102, 1 196 du rapport. La Commission de recherche a de plus mesuré toute l’importance de ces notes, des liens éventuels entre ces autorités et ces mercenaires sont interrogés par la Commission. Conduire un dossier de recherche comme le font les chercheurs implique de ne pas se contenter d’une source unique, même dictée par la DGSE. Donc, d’interroger d’autres fonds d’archives, le croiser les documents. Ou, la Commission n’a pas eu le temps de mener de tels travaux. Elle n’a pas pu obtenir à temps d’autres fonds d’archives permettant de faire un travail d’historien en attestant d’un savoir vérifié† †

Selon lui, le rapport de Survie n’est pas assez rigoureux. † Tout cela est expliqué en page 36 de l’exposé méthodologique qui a été rendu public. Et là, le problème, c’est que Survie n’a pas dû lire cette importante mise au point de la Commission avant de réaliser son rapport de 17 pages. Il ne pas d’exhiber quelques documents, le dénoncer les méfaits de la Commission Duclert et suffit d’en négliger les mises au point méthodologiques pour faire de l’histoirese défend Vincent Duclert. Donc j’attends en fait que la publication de Survie mentionne notre mise au point, plutôt que de la passer sous silence, certainement de manière involontaire. Ils ont effectivement travaillé trop court et trop vite, mais c’est bien embarrassant tout de meme pour les auteurs de la publication† †

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Vincent Duclert, le président de la Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsis (1990-1994)

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