Pénurie de riz au Cameroun : les manœuvres du Girc

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Il était convaincant et fort de sa conviction de grand expert du marché du riz, Jacquis Kemleu Tsabgou, Secrétaire Général du Groupement des Importateurs de Riz du Cameroun (Girc) et Maire de la Commune de Dschang. Pour lui, le Cameroun a un besoin urgent d’importer la moitié de la demande annuelle d’ici un mois, afin de ne pas plonger dans la pénurie de cette matière première dans les 3 prochains mois.

Il ne manquera pas d’en profiter pour rappeler que le Cameroun commercialise différents types de riz : riz à grain long, riz rond, riz à grain moyen et riz à grain court et ceux des 600 000 tonnes, selon la demande annuelle du Cameroun en riz, le pays lui-même produit seulement 300 000 tonnes. D’où la nécessité d’importer en urgence 300 000 tonnes d’ici un mois, afin de ne pas tomber dans un déficit qui pourrait conduire à des émeutes comme celle de février 2018. Le secrétaire général du Girc explique que la pandémie de Covid-19 touche le monde. limité. « Nous ne cultivons pas nous-mêmes et dépendons de l’importation de riz, qui n’est malheureusement plus disponible avec les coûts élevés qui en découlent », s’inquiète-t-il.

De toute façon, personne ne le sait. Le riz est si populaire au Cameroun qu’il est la céréale la plus consommée au monde après le blé. Cependant, plusieurs actions sont en cours pour augmenter l’offre de riz de qualité et régulariser son prix de vente. De même, les difficultés qui menacent la stabilité du prix de détail de cet aliment de base font peser de graves menaces sur la population au point qu’un déficit serait difficilement soutenable. Cependant, derrière cet avertissement, on a vite vu la volonté du Girc, qui se composait principalement de poids lourds de l’importation : Olam, Soacam, Sonam, Sorepco, Sotracodim, Elite et Froids Cameroun Ltd, qui cacheraient de petites manœuvres pour gagner de nouvelles faveurs du gouvernement. Jacquis Kemleu Tsabgou n’a pas manqué de le faire lorsqu’il a appelé le gouvernement à mettre en place une filière au niveau des banques commerciales et sur la Beac, avec l’avantage supplémentaire de prioriser leurs transferts à un coût abordable. Le Girc demande également au gouvernement de réduire les coûts dans la zone portuaire, la période d’exonération de 20 jours et une retenue à la source basée sur les marges générées et non sur le chiffre d’affaires.

Le masque n’est-il finalement pas tombé ? Surtout, on peut dire qu’en errant nos grandes oreilles du côté du « bâtiment rose » où siège le ministère du Commerce, on conteste forcément ces chiffres. Justement, Luc Magloire Mbarga Atangana, qui est connu comme un cavalier dans ces questions commerciales, peut-il risquer de ne rien faire si une pénurie de riz se profile à l’horizon ? Ce n’est pas son style, car il est important de dire que la stabilité du marché dépend avant tout de la capacité de négocier avec ces différents groupes au seul bénéfice de la population.

N’y a-t-il pas derrière cette sortie une déferlante de spéculateurs en tous genres qui entendent faire de grandes fortunes sur le dos des populations pauvres ? Des interrogations et des interrogations qui ont conduit au départ musclé du secrétaire au Commerce, qui dans un communiqué du 24 juin a tout simplement calmé et rassuré le public. « Les stocks actuellement disponibles dans les différents entrepôts sont d’un peu plus de 200 000 tonnes, soit 4 mois de consommation pour la période de juillet à octobre 2021. Dans le même temps, les cargaisons flottantes ou amarrées ne comptent pas. Les commandes en attente des importateurs auprès de leurs fournisseurs étrangers, représentent pas moins de 100 000 tonnes et suffisent à couvrir les besoins jusqu’à la fin de l’année », précise le communiqué du ministre du Commerce.

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