Présidentielle au Kenya : Une campagne marquée par la propagation de « fake news »

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J-1 pour l’élection présidentielle kenyane. Mardi 9 août, 22 millions de Kényans seront appelés aux urnes pour choisir le successeur d’Uhuru Kenyatta. La campagne, qui touche à sa fin, a été globalement pacifique sur le terrain, mais a été marquée sur les réseaux sociaux par la diffusion de « fake news », parfois teintées de propos haineux.

Avec notre correspondant à Nairobi, Florence Moricea

Ce qui domine la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, ce sont les postes dans lesquels les deux têtes de liste sont accusées (Guillaume Ruto et Raïla Odinga, NDLR) pour se préparer à manipuler l’élection. Fausses informations qui visent à délégitimer les résultats des élections. Mais nous avons également vu depuis des semaines de faux sondages, des images détournées et de nombreuses vidéos manipulées, dont certaines contiennent des menaces explicites ciblant une communauté ou une autre. Nous pouvons également citer un prétendu extrait d’une réunion très diffusée de William Ruto intitulée : Ruto déteste les Kikuyu [la principale communauté du Kenya, ndlr] et veut se venger La vidéo a en fait été manipulée.

Les vecteurs de ces « fake news » sont Twitter et Facebook, mais aussi l’application TikTok, qui a fait une percée remarquable au Kenya. Dans un rapport publié en juin, un chercheur de la fondation Mozilla affirme avoir vu 130 vidéos de désinformation sur TikTok, certaines au contenu très violent, vues plus de 4 millions de fois au Kenya, ce qui n’est bien sûr qu’un exemple. .

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Des armées de trolls sur les réseaux sociaux

Les meilleurs candidats du Kenya à la présidence ont recruté des influenceurs, des armées de trolls qui sont payés pour promouvoir leur image aux dépens de leurs adversaires. Alors quitte à relayer et amplifier ce contenu biaisé, voire haineux. La fondation Mozilla dénonce l’existence d’un véritable  » industrie de la désinformation « ce qui serait » épanouissement au Kenya. C’est une préoccupation dans un pays où les élections sont traditionnellement disputées et caractérisées par une violence qui dépasse parfois les frontières ethniques. La crainte est que ces discours violents en ligne n’alimentent un paysage politique déjà très instable, voire ne déclenchent la violence en cas d’élection contestée.

Tous ces réseaux prétendent prendre des mesures, mais elles restent largement insuffisantes, soit parce qu’ils n’arrivent pas à suivre la diffusion de ces contenus, soit parce que leurs systèmes sont défaillants. En avril, Facebook a déclaré avoir supprimé 42 000 messages au Kenya qui violaient ses directives éthiques. Mais dans la foulée, l’ONG Global Witness est parvenue, dans le cadre d’une enquête, à publier une vingtaine de publicités diffusant des propos haineux, voire incitant au viol ou à la décapitation de certaines communautés, réduisant encore l’inefficacité de son pare-feu. Quant aux initiatives de vérifier les faitselles se multiplient au Kenya, mais sont encore insuffisantes pour faire face à l’ampleur du phénomène

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