RDC : l’explication du ministre sur la taxe sur les téléphones portables n’est pas convaincante

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Pendant un an, à la demande du gouvernement et sans le consentement du parlement, les Congolais ont été punis pour tout achat d’un téléphone portable entre un et sept dollars. Un impôt jugé illégitime que ce soit par l’opposition, la majorité ou la société civile, qui y voient même un «  fraude Lors d’une audition par l’Assemblée nationale mercredi 13 octobre, le ministre des Télécommunications, très proche du président Félix Tshisekedi, a tenté en vain de convaincre les élus.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

En République démocratique du Congo, la taxe controversée sur les appareils de téléphonie mobile achetés n’a pas encore été abolie. Pas de démission d’Augustin Kibassa, ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies (PT-NTIC). Auditionné à l’Assemblée nationale Mercredi 13 octobre, après un retard de deux semaines, il a assuré que les recettes perçues de la taxe sur le registre des appareils mobiles (RAM) n’étaient pas gérées par son ministère, mais par l’Autorité de régulation des télécommunications (ARTPC), qui est chargée des et jouit d’une autonomie financière.

Scepticisme

Pour lui, ce n’est pas un impôt, mais un revenu découlant d’une loi. La décision de maintenir ou non cette facturation doit être prise par le Conseil des ministres. Il s’est également dit favorable à une enquête parlementaire sur la gestion des 25 millions de dollars (près de 22 millions d’euros) déjà collectés. Pour le député de l’opposition Jean-Baptiste Kasekwa, le bureau de l’Assemblée nationale et le ministre jouent le temps.  » J’ai le regret de réitérer l’attitude des députés nationaux qui s’abstiennent d’exercer le devoir de sanctions, a-t-il souligné. Le ministre devrait être sanctionné. Je reste sceptique quant à l’attitude du Président de l’Assemblée. Cette idée d’une commission d’enquête est une façon de clore le dossier, et j’en suis déçu. »

Claude Misare, auteur de l’interpellation du ministre à l’Assemblée, a également fait part de sa déception. Il se dit préoccupé par l’opacité des fonds retirés de donateurs réticents. Plus de 80 millions de dollars (69 millions d’euros) n’ont pas été retrouvés, selon ses estimations.

« La population n’est pas seule »

Des membres du Front commun pro-Kabila pour le Congo (FCC) avaient déjà déposé une motion de censure contre le ministre, mais celle-ci a été rejetée. En colère, ils ont quitté la plénière. Ils se sont rassemblés autour de leur porte-parole Didi Manara et sont menaçants.  » Nous, les représentants nationaux du FCC derrière son autorité morale, Joseph Kabila, disons que la population n’est pas seule. Nous, la FCC, sommes avec vous. C’est pourquoi nous avons vidé cette salle car nous n’allons pas participer à cette messe noire, a-t-il déclaré. L’union sacrée n’est pas avec la population. On passe à une vitesse supérieure. Nous allons maintenant commencer à recueillir des signatures pour une motion de censure contre l’ensemble du gouvernement de Sama Lukonde et nous l’obtiendrons sous peu. Nous n’allons certainement pas accepter que cette population soit soumise de cette façon.. »

Afin de calmer le jeu, le chef du gouvernement a participé lundi 11 octobre à une réunion tendue avec les délégués de la coalition pour obtenir le soutien de la majorité en la matière, mais la réunion s’est terminée sans compromis.

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