Tchad : octobre 2022 – Amnistie générale pour les manifestants

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Le pouvoir militaire au Tchad annonce une amnistie générale pour les policiers et militaires

Le pouvoir militaire au Tchad a récemment annoncé une amnistie générale, notamment pour les policiers et militaires, en lien avec une manifestation réprimée dans un bain de sang il y a plus d’un an. Cette décision a suscité de vives réactions de la part de l’opposition et des ONG, qui accusent le pouvoir de soustraire à la justice les auteurs de ce qu’ils qualifient de « massacre ». Le Conseil national de transition a adopté cette loi d’amnistie avec une majorité de 92,4% des membres de cet organe législatif. Cette mesure s’applique à tous les Tchadiens, civils et militaires, dans le cadre d’une volonté de réconciliation nationale.

Un rappel des événements et des conséquences

Le 22 octobre 2022, des manifestants ont protesté contre le maintien des militaires au pouvoir, qui avaient prolongé de deux ans une transition de 18 mois. Cette manifestation a été violemment réprimée, entraînant la mort d’une cinquantaine de personnes selon les autorités, et entre une centaine et 300 selon l’opposition et les ONG. Les jeunes manifestants ont été principalement tués par balles par les militaires et les policiers, notamment à N’Djamena. Depuis lors, plus de 400 jeunes manifestants ont été emprisonnés, condamnés pour « insurrection » avant d’être graciés et remis en liberté. Aucun membre des forces de l’ordre n’a été publiquement incriminé.

Des appels à une enquête internationale et un référendum à venir

Amnesty International a déploré l’absence d’enquêtes sérieuses sur les responsables présumés des homicides et a maintenu sa demande d’une enquête internationale. La Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) a également fustigé une culture de l’impunité et a appelé à une enquête internationale. Par ailleurs, un référendum est prévu le 17 décembre pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, ouvrant la voie à des élections présidentielle et législatives en 2024. La majorité des partis d’opposition appellent déjà à boycotter ce référendum.

Mots clés : Tchad, amnistie, manifestation, répression, transition, enquête internationale, référendum, élections présidentielles, impunité.

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