Tunisie : le contre-la-montre de Kaïs Saïed politiquement et économiquement

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Dimanche dernier, le président Kaïs Saied a limogé son Premier ministre, gelé les travaux de l’Assemblée nationale pendant 30 jours et levé l’immunité des députés. Pourtant, une semaine après la Tunisie, alors que le président n’a pas nommé de nouveau Premier ministre, Kaïs Saied s’est montré très actif, alors que l’horizon économique reste bouché et que l’épidémie progresse.

Avec notre envoyé spécial à Tunis, Charlotte Cosset

D’abord, le président a limogé une partie du gouvernement : le secrétaire général, le directeur de cabinet du premier ministre et ses conseillers. D’autres personnalités ont été remerciées, comme le président du Comité général des martyrs et des blessés de la Révolution ou le directeur général de la télévision tunisienne.

Le chef de l’Etat a rencontré toute la semaine les composantes de la société civile : syndicat des travailleurs, journalistes, conseil judiciaire ou encore organisation de femmes. Des rencontres qui ont suscité le passage d’un certain nombre de messages. Surtout après avoir reçu les employeurs. 460 hommes d’affaires accusés de malversations sont dans la ligne de mire. Il a appelé les entrepreneurs à investir dans les régions les moins développées du pays.

Enfin, Kaïs Saïed a été très actif dans le domaine de la diplomatie. Il a rencontré les ministres des Affaires étrangères algérien et saoudien au palais de Carthage. Il a également eu une conversation téléphonique avec le secrétaire d’État américain. La communauté internationale a multiplié cette semaine les appels au respect de la démocratie et de l’Etat de droit en Tunisie.

Autre front d’activité pour le président tunisien, le Covid. Plusieurs mesures ont été prises cette semaine et une grande quantité de vaccins et de matériel médical a été reçue.

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Les commerçants en difficulté

Malheureusement, la Tunisie connaît également une grave crise économique dans le même temps. La dépression du dinar et de la dette nationale, qui s’élève à environ 7% du PIB, pèse lourdement sur les portefeuilles des Tunisiens. La crise du Covid-19 a également eu un impact majeur sur diverses activités économiques et le tourisme, qui représente plus de 10 % du PIB. Les petits commerçants ont du mal à faire face.

Dans cette petite pizzeria du Bardo, un seul client en début d’après-midi. C’est le cas depuis des semaines. Bashir n’a plus le choix. Le restaurant va fermer.  » Nous ne pouvons pas payer les fournisseurs. Cela fait un an et demi à cause du Covid. Et avec ça, ils ont fermé toutes les rues autour de notre restaurant. Nous ne pouvons même pas payer la facture d’électricité. Ce que nous gagnons, nous le partageons entre nous… Nous vivons au jour le jour. »

Dans la médina, même constat. Il n’y a pas foule. Mohamed Ali attend patiemment le client. Un peu plus loin, Abd Satar affirme avoir perdu 70 % de son chiffre d’affaires. Il est propriétaire de sa boutique. Tout le monde n’a pas cette chance.

« Il y a déjà des artisans qui ont fermé leurs boutiques. Ceux qui ont loué un petit magasin ont décidé de fermer leurs portes. Ils ne peuvent plus payer leur loyer. »

La pandémie a un impact direct sur le tourisme. Le président a annoncé vendredi de nouvelles restrictions : un auto-isolement de sept jours pour les personnes venant de l’étranger…

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