Cameroun-Audios d’Amougou Belinga: Voici pourquoi Paul Biya ne va pas se laisser faire

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    Après le précipité chimique que vient sommairement de provoquer dans l’opinion la publication et l’écoute de certains audios sur les réseaux sociaux, audios attribués au Pdg du Groupe L’Anecdote, Jean-Pierre Amougou Belinga, et à l’ombre de toutes les hypocrisies qui rampent, dos voûtés, dans les couloirs du pouvoir face à ces publications, certains commentateurs ont cru devoir, à leur tour, instiller dans l’opinion que le pouvoir de Paul Biya, complètent fragilisé pour eux, est dans la rue. Il n’en est nullement question. Voici pourquoi.

    Ah! jolie folklore camerounais… Le spectacle désolant des combats fratricides autour du pouvoir vieillissant. Pour un peu, on pourrait faire du palais d’Etoudi un effrayant parc d’attraction. C’est l’image diantrement noircie que certains bretteurs revanchards tentent désespérément d’instiller dans l’opinion depuis la semaine dernière après la publication de certains audios sur les réseaux sociaux de Jean-Pierre Amougou Belinga, une manière pour eux de remettre une louche dans le mauvais bouillon ambiant. Ce d’autant plus qu’à Etoudi vers où de nombreux regards semblent river et dans certains départements ministériels dont les ministres sont passés à la mou-linette dans ces audios par le Pdg du Groupe L’Anecdote qui les traite carrément avec fort dédain de tous les noms d’oiseau, l’on entend à peine quelques borborygmes diffus.

    Quelques gargouillis à peine audibles pour exprimer la gêne, le dépit et l’embarras. En dehors ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, complètement agacé aux entournures, qui aura aussitôt démenti avoir reçu du magnat de la presse une somme de 60 millions de Fcfa. Mais dans les salons huppés de la capitale, sous les chaumières et les réseaux sociaux, c’est chacun qui y va allègrement de sa petite anecdote, tout garde-fou baissé, pour démontrer comment l’homme fort de Nkoumadzap tient en laisse tous les membres de la coterie au pouvoir par la barbichette. Comment en vrai et prospère évergète des temps modernes, il aura de tout temps distribué sans compter d’innommables gâteries à ces hommes du pouvoir goulus et à leurs épouses. Tant pis pour les maux de ventre et les indigestions.

    Pour éclairer le monde avec les bouts de chandelle, d’aucuns s’indignent même que bonheurs et malheurs privés des dignitaires du régime puissent être ainsi jetés en pâture publique. Et que leur petit tas de secrets se disperse ainsi, au vent mauvais depuis plus d’une semaine. Et pis encore, que nos princes dirigeants partagent avec stars ou célébrités de tout poil la notoriété qu’une certaine opinion insatiable réserve à ce qu’on appelle à l’anglaise, « les people ». C’est ma foi, s’indigner en vain de l’empire croissant que le système médiatique, propulsé par mille technologies nouvelles, exerce sur la société.

    Seulement dans leurs divagations, ils sont nombreux qui trépignent d’impatience de voir le président Paul Biya donner de la voix pour arrêter le cirque. Mais en vain. Serait-il dans une colère noire face aux gênantes révélations d’Amougou Belinga, comme le prétendent certains avec l’autorité de la bonne conscience ? Impénétrable, imperturbable et taiseux dans sa tour d’ivoire à Etoudi, il ne laisse imaginer aucun sentiment.

    Aucun murmure. Aucune réaction officielle jusque-là. Mais sous les chaumières, on brode des scenarii invraisemblables dans l’attente d’un imminent remaniement ministériel qui enverrait ainsi en guise de représailles Laurent Esso, le protecteur de Jean-Pierre Amougou Belinga, au quartier. Des fake news qui circulent sur les réseaux sociaux, prospèrent à profusion, à l’instar de cet encerclement imaginaire du domicile de Jean Pierre Amougou Belinga et de sa prétendue interpellation par les gendarmes samedi dernier. De quoi perdre son latin…

    Banalité est si évidente

    Pour d’autres, l’abondante saignée ne fait que commencer. Le pire serait devant, en cours de téléchargement. Avec de croustillantes révélations sur tous les ministres copains et coquins. Des noms insoupçonnés et prestigieux seraient même avancés en petits comités, présentés comme les pourvoyeurs de fonds en milliards de Fcfa du magnat de la presse dé NSam.

    « Le véritable déballage pointe à l’horizon. A ceux qui nombreux essayent de se convaincre que les audios du Zomlo’o en circulation sont des fake, je tiens à les rassurer du contraire », avertit sans coup férir un certain Achille Priso sur les réseaux sociaux, avant d’ajouter avec un certain sens de la théâtralité : « Tout est savamment orchestré, les audios ont été distillés par dose homéopathique. Ne me demandez surtout pas par qui (…) ». Et là, las d’attendre une éventuelle réaction du président Paul Biya, comme d’autres multiples censeurs en peau de lapin dans les salons huppés, notre confrère Le Messager, dans une récente édition, s’essaie dans la foulée infâme et inquisitoriale à produire, quant à lui, un effet de souffle destiné à ses aflidés politiciens de l’opposition.

    « Le pouvoir est dans la rue », titre-t-il avec ce sens indécrottable de la mise en scène, devenu le propre d’une certaine opposition depuis des décennies. D’ailleurs, pour la petite histoire, empêtrés qu’ils sont dans leur politique buissonnière où ils n’auront que trop gaspillé leur énergie, ne sont-ils pas les mêmes qui s’emploient sans grand succès à faire admettre à l’opinion, depuis les années 90, que le pouvoir d’Etoudi est dans la rue, au point de faire étrangement depuis lors, feu de tout bois pour le ramasser dans cette rue par la casse, la pyromanie, le vandalisme et la violence ? L’ironie de l’histoire actuelle, c’est qu’ils pensent réussir le coup cette fois, juste à travers l’écoute de simples audios dont la banalité est si évidente… Surtout que la publication de ceux-ci coïncide avec la perpétration d’un coup d’Etat militaire au Mali. Un vrai pain bénit pour ces bretteurs revanchards en mal d’inspiration depuis quelques temps.

    Aucune surprise donc que parmi eux, certaines sirènes à queue, spécialistes des effets spéciaux, commencent à hululer des mots pour trouver un sens caché à ces audios de Jean-Pierre Amougou Belinga, afin de justifier au Cameroun un coup d’Etat militaire en gestation dans leur imaginaire stérile et inféconde. On comprend ainsi qu’après de persistants rêves évanouis, de nombreuses espérances volatilisées et toutes ces illusions perdues à se battre depuis des années contre des moulins à vent, ces oiseaux de proie sont aujourd’hui prêts à s’accrocher à tout pour tenter désespérément de surnager au milieu de ’océan de leur incurie politique. Au point de aire la promotion des coups d’Etat militaires n Afrique.

    Et c’est à cette aune qu’on juge cette réaction de Jean-Michel Nitcheu, picaresque député du Sdf dans le Wouri : « (…) Au-delà des apparences aucun chef d’Etat ne peut prendre indéfiniment son armée encore moins son peuple en otage. Une de ces deux composantes finit toujours par se réveiller au grand dam des adeptes du statu quo ou pourrissement. Le régime de M. Ibrahim Boubacar Keita l’apprend à ses dépens. Le Mali’ parle certainement au Cameroun ». Traduit en français facile et en mots clairs : puisque le pouvoir est dans la rue comme le prouvent, selon eux, les audios de Jean-Pierre Amougou Belinga, l’armée doit prendre ses responsabilités et perpétrer un coup d’Etat à Etoudi. Un vrai amalgame parfaitement scandaleux qui nécessite de notre part, certaines pertinentes observations.

    Une armée professionnelle et républicaine

    D’abord, bien qu’il peut paraître intéressant de soumettre à l’épreuve des faits, le contenu des audios de Jean-Pierre Amougou Belinga pour ne pas laisser prospérer dans un Etat de droit, une certaine forfaiture, cette affaire des voices et des audios du Zomlo’o des Mvog-Be-linga, pour le président de la République relève tout simplement d’un fait divers qui n’entrave en rien la marche et le fonctionnement de l’Etat. Alors pourquoi donc accorder une importance particulière à un lait banal à mettre dans le compte des petites histoires qui se passent dans tous les couloirs des palais présidentiels du monde entier.

    En France en 2018 par exemple, l’affaire Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, après avoir été responsable de la sécurité du candidat Macron, n’a-t-elle pas défrayé la chronique pendant des mois sans pour autant que le pouvoir du président français soit dans la rue ? Pourquoi voudrait-on qu’aujourd’hui une simple et banale affaire des audios d’un Zomlo’o des Zomlo’o en furie, mette automatiquement en mal le pouvoir de Paul Biya ? Depuis le coup d’Etat militaire au Mali la semaine passée, le sujet fait débat dans certains milieux où on présente fallacieusement le Bataillon d’intervention rapide (Bir) comme une « milice de Paul Biya ».

    Pour la gouverne de ces ignorants, le Bir est un des bataillons parmi d’autres de notre armée (Btap, Rass, Gpign, Bafumar, etc). Quant à l’armée camerounaise, elle est une armée digne de ce nom en Afrique noire. On pourrait même dire que c’est une armée qui est redoutée par toutes les mains scélérates qui sont chaque fois à la manœuvre pour perpétrer des coups d’Etat militaires en Afrique. Pourquoi ? Simplement, à cause de l’excellence de la formation éthique, morale, physique et intellectuelle de ses éléments. Une armée professionnelle et républicaine qui connait en toute conscience les véritables enjeux géopolitiques internationaux. Vu sous ce prisme, croit-on qu’il soit facile pour que ce qui se passe ailleurs, se passe facilement ici au Cameroun ? De toutes les façons, les aventuriers hardis savent à quoi ils s’exposent…

    Un homme imprévisible

    Ensuite, comment pourrait-on penser que le pouvoir soit dans la rue au Cameroun ? Le président Paul Biya prend-il ses décisions dans la rue ? Signe-t-il ses décrets dans la rue ? Accorde-t-il ses audiences dans la rue ? Nomme-t-il ses ministres dans la rue ? Se sert-il de la rue pour les évaluer ? Ceux qui pensent pouvoir donc instrumentaliser cette rue pour influencer les décisions du président de la République se trompent sur toute la ligne. Pour preuve : les vacances viennent d’être accordées à ces ministres. Le président ne l’a pas fait étant dans la rue.

    La Guinée Equatoriale en cessation de paiements vient de solliciter auprès du président Paul’Biya un appui budgétaire. Il n’a pas donné son accord y relatif étant dans la rue. Selon la Constitution de notre pays, le détenteur du pouvoir et de ses attributs est au palais de l’Unité. Et non dans la rue. L’Oms ne peut pas prendre le Cameroun pour exemple dans la gestion du Covid-19, un pays qui a à sa tête un président dont le pouvoir est dans la rue. Vient alors l’inévitable question : pourquoi n’est-il pas régulièrement visible comme veulent l’instiller dans l’opinion ses prolixes contempteurs ?

    Ceux qui connaissent véritablement le président Paul Biya savent que c’est un homme d’Etat exceptionnel qui a la maitrise de ses sensations. Pour cela, il sait contenir à merveille ses énervements. Ceci, tout en cachant sa fermeté sous une jovialité savamment entretenue. Habile et fin stratège, il attend toujours son moment pour frapper. Qu’il se promène sur les volcans des nombreux conspirateurs de son propre entourage, ou qu’il vogue sur les courants fangeux de ses adversaires, c’est un homme imprévisible qui a toujours su jouer une même partition : la gestion rationnelle du temps. Avec lui, l’art de l’endurance en politique devient une arme redoutable. Einstein disait que le monde serait détruit, non par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent faire. Alors autre question : croyez-vous que le président Paul Biya puisse laisser que l’on détruise le Cameroun sans rien faire ?


    SOURCE: https://www.w24news.com

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