CM – Dans les coulisses de Chanel

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Le 18 mai 1972, Elizabeth II s’est réveillée de très bonne humeur. Elle ouvrit elle-même la fenêtre de la chambre 7 de l’Oustau de Baumanière et tomba sous le charme des pierres et de la lumière provençale qui baignaient de douceur cet élégant mas des Alpilles. Une belle journée en perspective. Une journée volée à son programme de visite officiel. Près d’un demi-siècle plus tard, la maison Chanel a pris possession des locaux en vue du défilé de la collection dite «Croisière» – en fait, elle sort en magasin en novembre, une époque où, dans un passé lointain, des clients fortunés viennent de s’emparer une croisière …

Mais si Virginie Viard, directrice artistique de Chanel, a choisi les Baux-de-Provence et l’Oustau comme « son camp de base », ce n’était pas pour cette référence royale – la souveraine n’a jamais rien d’autre attiré par la rue Cambon, le nationalisme textile promet, que l’on peut aussi regretter.

Non, le choix des Baux est dû à ses célèbres carrières, que Cocteau a faites pour décorer son testament d’Orphée. Fidèle à Cocteau, poète et cinéaste et surtout Coco Chanel des années 1920 après sa propre mort. Une question de filiation intellectuelle. Et un film fantastique – nous connaissons Virginie Viard comme une cinéphile avertie. A l’Oustau on retrouve donc le créateur à la veille du tournage du défilé, qui sera diffusé sur les plateformes numériques de la maison le 4 mai. Le 1er mai n’est pas en reste dans ce cas: un essaim de mannequins et d’employés autour d’eux: Vingt-quatre heures avant le «show» – et finalement quel que soit son format – est le moment sacré. Chez Chanel la « accessoirisation », néologisme du « métalangage » de la rue Cambon, qui marque l’évolution finale du look.

Sur de longues tables, des sacs, des broches, des boucles d’oreilles, sur des cintres, de longs colliers qui complètent le look – cette fameuse «fascination Chanel» dont parlait déjà Paul Morand. Pas de nostalgie cependant dans celui construit par Virginie Viard. Calme, concentrée, le sourire transparaît sous le masque, la créatrice adore ce moment de style. Cela passe d’une image à l’autre, d’un modèle à l’autre. Les vêtements sont prêts; les filles sont là; Le travail commence dans une ambiance détendue compte tenu des enjeux de ce type de collection – c’est celle qui dure le plus longtemps en magasin et donc, mécaniquement, a le plus grand impact sur la construction des ventes. Ce n’est pas la préoccupation du moment. Virginie Viard espère simplement «qu’elle réussira». Cette femme modeste avec juste quelques mots a toujours la dernière chose quand il s’agit de trouver le bon sac, le bon bijou, les bons accessoires de tête pour la bonne tenue sur le bon modèle.

Les modèles passent sous l’œil de le photographe vedette -Paires de Inez & Vinoodh terminé. Ils ont visionné quelques-unes des pièces de la collection dans l’appartement de Mademoiselle au 31 rue Cambon et au lendemain du défilé, ils tourneront la campagne publicitaire. «Une nouvelle temporalité», dit Bruno Pavlovsky. «La crise sanitaire nous a permis de rationaliser le temps autour du défilé. La campagne avait déjà été photographiée quelques mois plus tard. «Parallèlement, nous photographions désormais également les éléments nécessaires à la mise en scène numérique de la collection. Lorsque les «looks» de Virginie Viard seront validés, ils seront photographiés dans un studio sur le côté.

«Nous n’entrerons pas dans le e-commerce», affirme Bruno Pavlovsky, Apôtre de l’Exclusivité. «Mais la crise nous a conduit à développer de nouveaux outils et un véritable« e-service ». Même lorsque les magasins sont fermés, nos vendeurs entretiennent un lien avec nos clients. »La nouvelle pièce de collection de l’ère sanitaire est également envoyée aux plus dévots: des« boîtes »avec les déclarations d’intention pour la collection – ici une brochure avec des références à Cocteau et Coco et une affiche d’Inez & Vinoodh.

Une collection qui le lendemain, le 2 mai 2021, a été filmée dans les carrières des Baux. Un film qui ressemble à un blockbuster hollywoodien entre des décors de pierre reconstitués, une bande originale de Michel Gaubert, des caméras sur rails, des drones, des équipes de montage et de post-production. «Ce sont de nouvelles capacités pour de nouveaux formats. Nous continuerons sans aucun doute à travailler sur de nouveaux récits de cette manière. Sans renoncer à la parade », raconte Bruno Pavlovsky. Prochaine réunion? La Couture, dévoilée début juillet au Palais Galliera à Paris, ce musée de la mode ouvre ses portes avec l’exposition consacrée à… Chanel. Une méthode très rue Cambon pour créer un continuum malgré les vicissitudes. Nous ne sommes pas une maison de plus d’un siècle – le numéro 5 a été créé en 1921 – pour rien. « Tout doit changer pour que rien ne change » – la devise de Lampedusa n’a jamais été autant celle de Chanel.

Pour début 2020, Le Point consacre un thème spécial à la cuisson par lots. Ce nouveau concept des pays anglo-saxons est de préparer un grand nombre d’ingrédients et de plats à l’avance le week-end pour gagner du temps au dîner en semaine.

« Il manque un petit quelque chose » qui ne peut être défini depuis le départ de Karl Lagerfeld … Mais bon … Hé, comment va Choupette? …

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