CM – Eau contaminée de la centrale de Fukushima rejetée dans la mer: quelles conséquences pour l’environnement?

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Science et avenir

Environnement & Nature

Nucléaire

Par

Loïc Chauveau

14 avril 2021 à 11 h 31

5 min de lecture

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Le gouvernement japonais vient d’annoncer qu’il a approuvé le rejet d’eau dans la mer pour refroidir les cœurs des trois réacteurs de la centrale de Fukushima qui a fondu lors du tsunami du 11 mars 2011.

une décision a dû être prise rapidement sur le sort de l’eau contaminée de l’installation de Fukushima. Le gouvernement japonais a décidé: ces volumes seront rejetés en mer. Cette décision a suscité des protestations de la part des États côtiers, la Chine déclarant en particulier que le permis était « hautement irresponsable ». Taïwan et la Corée du Sud ont réitéré leur opposition. Seuls les États-Unis ont déclaré comprendre la mesure, que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a également jugée compatible avec les normes environnementales et sanitaires.

Dix ans après la catastrophe, la situation est devenue pour Tepco, le directeur de la quatre réacteurs sinistrés, intenables. A côté des bâtiments éviscérés se trouvent plus d’un millier de citernes contenant 1,25 million de tonnes d’eau. 150 mètres cubes (m3) sont ajoutés chaque jour, car il faut toujours se rafraîchir le cœur. «Malgré les efforts de réduction de la demande, il y aura encore 100 m3 de stockage par jour en 2025», note Patrice François, ingénieur qui supervise les travaux de déconstruction de l’installation pour l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Tepco estime sa capacité totale à 1,37 million de m3 et s’assure que son lieu de stockage sera saturé à l’automne 2022. Tepco doit donc s’y attendre car elle doit se préparer à ce rejet dans le milieu naturel. Personne ne sait, par exemple, si les anciens émissaires peuvent être utilisés pour le rejet de résidus radioactifs en mer, dont sont équipées toutes les centrales construites en mer dans le monde, y compris les centrales françaises, ou si une nouvelle canalisation devra être construit. sombrer plus loin dans les vagues du Pacifique. Les publications ne peuvent débuter qu’en 2022.

Lors de sa réunion du 13 avril 2021 en préambule à l’annonce de la décision gouvernementale, la commission intergouvernementale chargée des eaux contaminées a énuméré quatre autres solutions possibles en plus du rejet à la mer : Injection en aquifère profond, enfouissement, évaporation et diffusion des résidus dans l’atmosphère, dégagement sous forme d’hydrogène.

L’eau stockée a été traitée selon le procédé ALPS (Advanced Liquid Processing System), qui a fait il est possible de réduire le césium et de réduire les niveaux de strontium en deçà des normes internationales. Cependant, les concentrations de carbone 14 et de tritium restent élevées. Le carbone 14 est un élément radio très persistant dans le temps et sa distribution dans l’environnement peut interférer avec la datation scientifique qu’il utilise comme marqueur. Le tritium (H3) est un proche parent du dihydrogène (H2), qui est donc très léger et ne peut être séparé de l’eau. La demi-vie est de 12 ans et il faudrait 22 ans avant que les rejets ne soient complètement indétectables. Cependant, Tepco n’a pas beaucoup de temps.

C’est pourquoi le gouvernement japonais promet une transparence totale. Les rejets ne doivent pas dépasser le seuil légal que l’usine de Fukushima devait atteindre en fonctionnement normal avant la catastrophe, c’est-à-dire H.22 trillions de becquerels par an. Pour atteindre ce niveau, l’eau traitée doit être diluée dans un volume 500 fois plus grand d’eau non polluée. Le gouvernement promet une surveillance régulière des rejets ainsi que des mesures drastiques dans l’environnement. «A ce seuil, ces rejets n’auront aucun impact sur l’environnement ou la santé des riverains et notamment des pêcheurs», précise Jean-Christophe Gariel, ingénieur hygiène à l’IRSN. Aspects scientifiques et techniques des problèmes de société qui restent très épineux « .

Dans les années qui ont suivi la catastrophe, les pêcheurs locaux ont réduit leurs prises par eux-mêmes. Les rejets se produisent lorsqu’ils ont repris leur activité normale. Ils craignent donc la méfiance Yasumasa Igarashi, professeur à l’Université de Tsukuba, auteur de Nuclear Accident and Food (non traduit), a déclaré au Japan Times qui ne s’opposera pas à la mesure. pour prendre une décision alors qu’elle n’avait pas reçu l’approbation décisive des pêcheurs », estime le chercheur.

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