CM – L’Arctique, une région stratégique convoitée

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Science et avenir

Environnement & Nature

Par

AFP

le 17 mai 2021 à 14 h 53

5 min de lecture

L’Arctique, dont les États riverains se réunissent à Reykjavik mercredi et jeudi, est une zone de conditions extrêmes, secouée par le réchauffement climatique et convoitée pour ses ressources naturelles naturelles ou perçues.

Géographiquement, la zone arctique du pôle Nord au cercle polaire arctique (66 ° 33 ‘de latitude).

Strictement parlant, il comprend l’océan Arctique, les régions septentrionales de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et de l’Islande en Europe, le Groenland (zone autonome danoise), l’extrême nord du Canada et de la Russie et une partie de l’Alaska (USA).

Le développement de la vie est ralenti par des températures très basses, qui peuvent chuter jusqu’à -50 ° C, et par une lumière très faible pendant la majeure partie de l’année (nuits polaires).

Pendant la période hivernale, la banquise est restaurée pour atteindre une surface d’un peu plus de 14 millions de km2 en mars. Il fond en été et se réduit à moins de 5 voire 4 millions de km2 en septembre. Une tendance qui s’accélère avec le réchauffement climatique.

La population est d’environ quatre millions de personnes, dont environ 500000 autochtones: Inuits (Eskimos), Samis (Lapps), Yakuts (Sakhas) et petits peuples du nord de la Russie (Nenets, Aléoutiennes) …).

En plus des huit pays voisins, six organisations autochtones sont représentées au Conseil de l’Arctique.

Cet organisme de coopération régionale, fondé en 1996, vise à « promouvoir les aspects écologiques, économiques et sociaux du développement durable dans la région ».

L’Arctique, qui abrite plus de 21 000 espèces animales et végétales connues, est l’une des dernières régions à rester à l’état sauvage. Cependant, sa biodiversité est menacée par le développement des activités humaines et la montée du thermomètre.

Le réchauffement y est au moins deux fois plus rapide qu’ailleurs sur la planète («amplification arctique») et réduit l’étendue de la glace de mer, une menace pour des espèces emblématiques comme les ours polaires et les phoques.

Les températures ont atteint des niveaux records en 2019 et 2020. L’année dernière, la glace de mer d’été a atteint sa deuxième plus petite aire de répartition enregistrée après 2012.

Si la fonte des glaces de mer n’affecte pas le niveau des océans, celle de la calotte glaciaire géante du Groenland est inquiétante. Sa disparition complète ferait monter le niveau de la mer de sept mètres.

Autres phénomènes alarmants: la survenue de grands incendies de forêt dans les zones reculées et la fonte du pergélisol, libérant de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2.

L’Arctique est au cœur des désirs des Etats riverains, mais aussi des pays plus lointains comme la Chine, qui se considère comme un Etat « quasi-arctique ».

La fonte accélérée de la glace fait des gisements d’hydrocarbures censés reposer sous son fonds marins plus accessibles.

La Russie a fait du développement des ressources naturelles de la région une priorité. La Norvège estime également que la mer de Barents détient plus de 60% des réserves de pétrole non découvertes restantes du pays, bien que le forage y ait été jusqu’à présent décevant.

Donald Trump, pour sa part, avait accordé des concessions pétrolières et gazières en Alaska, le la plus grande réserve naturelle des États-Unis, mais son successeur Joe Biden les a bloquées.

Le Groenland suscite l’intérêt des sociétés minières même si le nouveau gouvernement local enterre un projet controversé de mine d’uranium et de terres rares.

Moscou, Ottawa, Oslo et Copenhague ont élargi leur «plateau continental» au-delà de leur économie exclusive zone de 200 milles nautiques demandés pour obtenir des droits au-dessus et au-dessous du fond marin (mais pas dans les eaux dans lesquelles ils se trouvent).

Les États-Unis continuent de collecter les données susceptibles de s’appliquer, même s’ils n’ont pas ratifié la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS).

Après que les grandes puissances se sont désintéressées de la région depuis la fin de la guerre froide, elles s’y repositionnent militairement.

La fonte accélérée de la banquise ouvre de nouveaux passages maritimes susceptibles de jouer un rôle rôle croissant dans le commerce international La Russie compte sur le passage du Nord-Est pour relier l’Europe à l’Asie en quittant la Sibérie et a ouvert de nombreuses bases militaires et scientifiques.

D’un autre côté, la route nord-ouest au large des côtes du Canada réduirait également considérablement la distance entre l’Atlantique et le Pacifique.

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