CM – Nothomb, Jaenada, Chalandon : un retour littéraire dans l’histoire en 2021

0

Le poids de l’histoire et les blessures qu’elle laisse marquent les romans de rentrée littéraire, qui ont fait paraître plus de 500 titres dans les rayons des librairies, candidats aux prix d’automne.

Le retour littéraire à l’Ecole reprend son rythme habituel cette année avec un total de 521 romans en librairie dès le 19 août. Après avoir craint le pire lors des restrictions et fermetures de librairies en 2020, mais surprise par de très bons chiffres depuis décembre, l’industrie du livre aborde cette période cruciale avec beaucoup d’optimisme.

Juillet a été « très bon pour la librairie. pas de baisse de fréquentation par rapport à juillet 2020 », a témoigné un libraire anonyme sur Twitter, @librairesecache, par exemple. Et la seconde quinzaine d’août, comme toujours, marque l’arrivée de poids lourds attendus par les lecteurs impatients. Sur les 521 romans, « 379 romans français (13 par rapport à 2020), dont 75 premiers romans (10), et 142 romans traduits (-3) », précise Livres Hebdo le 30 juin.

Amélie Nothomb, die Staying fidèle à la date limite chaque année, publie l’un de ses meilleurs romans, First Blood (Albin Michel), souvenirs fictifs de son père, décédé l’année dernière. Où l’on découvre une famille excentrique et redécouvre un épisode tragique de l’histoire de l’ex-Zaïre de ce diplomate belge. « Je n’aurai pas le Goncourt (…) Vous pensez que je suis un auteur à succès et que vous n’avez pas besoin de lui, et cela peut se défendre », a-t-elle affirmé au Parisien ce mardi 17 août.

Amélie Nothomb, au Salon international du livre de Turin 2010.

(VALERIO PENNICINO / GETTY IMAGES EUROPA)

Sorj Chalandon avec Enfant de salaud (Grasset), Marc Dugain avec La Volonté (Gallimard), François Noudelmann avec Les Enfants de Cadillac (Gallimard) rappellent également leur ascendance au milieu de la drames et Guerres du XXe siècle.

L’Holocauste hante aussi d’autres auteurs : Anne Berest reprend ses racines juives après avoir reçu La Carte Postale (Grasset), ou Gisèle Berkman, qui décrit une rescapée dans Madame (Arléa). L’antisémitisme avant la Première Guerre mondiale est le sujet de la fresque de Christophe Donner La France goy (Grasset), tandis que Jean-Christophe Grangé évoque les attaques contre la haute société berlinoise de la fin des années 1930 dans Les Promises (Albin Michel, paru le 9 septembre). Pour Santiago H. Amigorena, Le Premier Exil (POL) revient sur sa fuite vers l’Uruguay lorsque l’Argentine fut victime du coup d’État militaire de 1968.

Les tourments de l’Afrique et de l’esclavage sont montrés dans Mamba Point Blues (Presses de la Cité) de Christophe Naigeon, qui voyage entre New York, la France et le Libéria, ou dans La Porte du Retour (Seuil) de David Diop, récemment récompensé par l’International Booker Prize, qui est une version fictive des aventures d’un naturaliste français au Sénégal au XVIIIe siècle. Siècle signé.

Le blues est aussi évoqué dans Delta Blues (Grasset) de Julien Delmaire, qui raconte la naissance de cette musique dans le delta du Mississippi. Plus près de nous en temps utile, Philippe Jaenada a recherché l’actualité la plus marquante des années 1960, l’affaire Lucien-Léger : Au printemps des monstres (Mialet-Barrault).

Philippe Jaenada dresse un portrait de la société française des années 1960 dans son nouveau roman « Au Printemps des Monstres ». (ERIC FOUGERE – CORBIS / CORBIS ENTERTAINMENT)

Michaël Prazan utilise Souvenirs du rivage des mortes pour dessiner le portrait d’un ancien soldat de l’Armée rouge japonaise, et Julie Ruocco explore dans Furies (Actes Sud) ce qui a été dévasté par le conflit des dix dernières années au Kurdistan syrien et ses environs.

Autres histoires très personnelles : celles de Christine Angot, qui reconstitue avec justesse son passé de victime d’inceste (Le Voyage dans l’Est, Flammarion), et d’Emmanuelle Lambert, qui revient sur les beaux moments remémorés avec un père atteint d’un cancer (Mon Père, Partage).

L’épopée de deux femmes dissemblables dans La Définition du Bonheur (Gallimard) de Catherine Cusset, les traumatismes de un ancien homme poilu dans Une certaine raison de vivre (Robert Laffont) du comédien Philippe Torreton, a une sombre histoire racontée par Tanguy Viel, The Girl Called (Midnight) ou Plasmas (Rivages), une fiction futuriste déroutante de Céline Minard a attiré l’attention des critiques.

Mais le roi des ventes promet d’être à nouveau Guillaume Musso, qui, après tous les livres évoqués plus haut, attend le 21 septembre pour rejoindre L’Inconnue de la Seine (Calmann-Lévy) en collision.

Côté étranger, Suggie Bain (Globe) du Britannique Douglas Stuart, qui a évoqué la classe ouvrière sous le thatchérisme. Madame Hayat (Actes Sud) du Turc Ahmet Altan, qui a été écrit en prison et non publié dans son propre pays, et Dieu aime Haïti (Caribéditions) de Dimity Elias Léger sont des témoignages du pouvoir de la littérature face au politique. /p> Ces Retours marquent aussi le retour du Prix Nobel de Littérature, du Britannique Kazuo Ishiguro (Klara et le Soleil », Gallimard) et de l’Américain Richard Ford (Rien à déclarer, L’Olivier). Quentin Tarantino a publié son premier roman Once Il était une fois alors qu’il était encore aux USA Hollywood (Fayard), un livre qui suit les aventures d’un acteur de western et de sa doublure pendant le mouvement hippie.

Inconnue en France, Natasha Trethewey est une voix qui compte outre-Atlantique dans la poésie contemporaine.Avec Memorial Drive (Editions de l’Olivier) elle nous plonge dans une histoire très émouvante, au milieu de ses racines dans le sud des États-Unis.C’est aussi une forme de Kathar soeur, trente-cinq ans après le meurtre de sa mère, tuée par son ex-mari.

« Aussi riche que le roi », premier roman d’Abigail Assor : une peinture marocaine sans concession des années 1990

« Tout s’oublie », le dernier roman d’Olivier Adam : Un père confronté à la face obscure du Japon après la disparition de son ex-femme et de son fils

Franceinfo sélectionne chaque jour des contenus des médias audiovisuels publics européens membres de l’Eurovision. Ce contenu est publié en anglais ou en français.

Keywords:

Amélie Nothomb,2021,Philippe Jaenada,Literature,Bookstore,Amélie Nothomb, 2021, Philippe Jaenada, Literature, Bookstore,,,,,,,histoire,livres,Rentrée littéraire,,Culture,Livres,La rentrée littéraire,

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

Vidéo du jour: