CM – Scénarios Ademes pour la neutralité carbone – Sciences et Avenir

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Par

Loïc Chauveau

le 1er décembre 2021 à 16h28

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L’Agence de transition écologique (Ademe) publie quatre plans pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, un objectif que la France a inscrit dans la loi. Ces scénarios volontairement très différents posent les questions politiques qui devront être résolues dans les années à venir.

STRATÉGIE. La dernière sortie de l’Ademe « Transition(s) 2050 » fait fureur. Ce rapport décrit quatre scénarios dans lesquels se retrouvent les caricatures du débat actuel entre les partisans amish du « retour à la bougie » et les passionnés de tech de la « start-up nation ». Pourtant, ces 700 pages, produites par une centaine d’ingénieurs, ne sont pas dignes de critique. « Cet exercice s’appuie sur la stratégie nationale bas carbone, explique Arnaud Leroy, directeur général de l’Ademe. Il décrit les différentes manières d’atteindre la neutralité carbone en 2050, la société française ayant la responsabilité de prendre conscience de la nature des transformations à accomplir. prendre et prendre des décisions. « Il s’agit de réaliser une révolution écologique en trente ans, là où il aura fallu près d’un siècle pour que la révolution industrielle supplante la société agricole.

La France a émis 401 millions de tonnes de CO2 en 2015. En 30 années les résultats doivent être négatifs, la consommation inévitable d’énergies fossiles doit être compensée par les puits terrestres, les sols et la végétation. Rappel : la France a mis 30 ans (1990-2020) pour réduire ses émissions de seulement 500 à 400 millions de tonnes L’Ademe a ont travaillé sur les deux axes principaux de transformation de toutes les entreprises du pays : les changements de mode de vie et les bouleversements technologiques.Les chercheurs ont assumé des orientations socio-économiques importantes afin de réduire la consommation par grands secteurs déchets) et à partir d’eux bilans énergétiques, effet de serre déduire les émissions de gaz et l’utilisation des terres. Une analyse des impôts, subventions et subventions devrait achever ce travail en janvier 2022.

COOPÉRATIONS. Les deux premiers « récits » traitent donc de changements majeurs de consommation et d’habitudes. La réduction de moitié de la consommation d’énergie (chaleur, combustible et électricité) repose sur une économie supposée. Les Français quittent les métropoles et s’installent dans les villes moyennes, où les besoins en transports et en énergie sont moindres. La rénovation des bâtiments se fait à un rythme soutenu avec 80 % de surface habitable basse consommation (BBC). La moitié de cette « génération frugale » fait du vélo, 1/3 est vegan et toute la population mange des produits locaux et trois fois moins de viande. Les énergies renouvelables couvrent 88 % de la demande énergétique. A 790 TeraWatt/heure (TWh), la consommation a baissé de 55% par rapport à 2015. Les émissions de gaz à effet de serre sont ainsi maîtrisées et le bilan national est absorbé avec 42 millions de tonnes de CO2 annuellement.

Le deuxième scénario, qui est appelée « coopération territoriale » montre que la rénovation énergétique est moins volontariste vis-à-vis de la BBC, favorisant la collaboration entre particuliers (partage d’électroménager et de voitures) et entre villes pour une gestion plus économe des transports et de l’énergie. Imaginez la délocalisation et le verdissement des industries, décrit une « gouvernance ouverte » dans laquelle ONG, syndicats, citoyens sont impliqués dans les décisions politiques. La consommation a également diminué de 55%, mais le bilan CO2 est moins favorable avec une empreinte négative de -28 millions de tonnes.

BIOMASSE. Les deux autres scénarios supposent que les solutions technologiques sont au premier plan. Il n’est plus question de sobriété lorsqu’il s’agit de « technologies vertes ». La production d’électricité doit répondre à une demande croissante, notamment par l’essor du numérique. La biomasse est souvent utilisée grâce à une utilisation accrue des forêts (pour le chauffage) et des cultures énergétiques pour produire des biocarburants et de la chimie verte. Les villes détruisent des quartiers entiers pour les reconstruire selon des normes plus écologiques (éco-construction, utilisation du bois, bâtiments à énergie positive). Les émissions induites par cette utilisation croissante de ces technologies sont en partie absorbées par le captage-stockage du CO2 (CCS) et le captage direct de l’air (DAC). La consommation finale de 1074 TWh n’est inférieure qu’à 39 % à celle de 2015 et les émissions de gaz à effet de serre affichent un bilan de -9 millions de tonnes.

Enfin, le « pari de la réparation » imagine une entreprise qui a tous ses atouts sur le plan technologique la réponse met. L’agriculture intensive répond aux besoins alimentaires et énergétiques, l’économie reste mondialisée, l’intelligence artificielle permet aux technologies les plus propres de se répandre plus rapidement, les villes continuent de croître pour répondre à la demande de maisons individuelles. L’électrification augmente rapidement et la consommation totale d’énergie est de 1360 TWh, seulement 23% de moins qu’en 2015.

LIFE. Cet exercice de prévoyance a ses limites : la plus importante est qu’il force la ligne. Il est probable que le chemin réellement emprunté conjugue avancées technologiques et changement supposé des modes de vie. Mais ces scénarios soulignent parfaitement les freins à la transition énergétique déjà amorcée. Le premier est l’urgence. Pour atteindre la neutralité, les décisions doivent être prises aujourd’hui. Ce qui demande du courage politique. Deuxièmement, après près d’un siècle d’augmentation de la consommation d’énergie, il faut désormais emprunter le chemin inverse, celui de la sobriété, de l’économie et de l’efficacité énergétique. Et cette sobriété nécessite des changements radicaux de mode de vie. Le troisième est, pour reprendre le terme de l’Ademe, « le respect du vivant ». La biodiversité doit être préservée voire restaurée, tandis que la nature est mise au défi de fournir de la biomasse, qui remplace en partie le pétrole, le gaz et le charbon, et de stocker le CO2. L’agriculture en particulier devra changer ses pratiques pour réduire les 90 millions de tonnes de CO2 qu’elle émet aujourd’hui et redevenir un puits de carbone. Les solutions sont sur la table : agroécologie, agroforesterie, protection des sols. Selon l’Ademe, le sauvetage vient des énergies renouvelables, qui selon leurs scénarios couvriront 70 à 88% de la demande en 2050. Réduction de la part atomique à un montant d’ajustement au mieux.

Fin du rêve de la maison individuelle, de la voiture comme marqueur de réussite sociale, arrêt de la consommation à tout prix, retour au collectif : neutralité CO2 force un changement profond dans le mode de vie d’aujourd’hui. L’enjeu est de rendre cette révolution acceptable et désirable. Quelque part entre les amish et les geeks.

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