Coronavirus : la chute du PIB de l’Allemagne a été moins forte qu’annoncé au printemps

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    Le PIB a chuté de 9,7 % au deuxième trimestre et non de 10,1 % comme annoncé fin juillet, selon les dernières statistiques publiques allemandes. Consommation, investissements et échanges extérieurs sont dans le rouge, l’emploi a connu sa première baisse depuis 2010. Et le déficit public dépasse 3 %. Mais les enquêtes de conjoncture montrent un redressement estival.

    Un peu moins pire. Au deuxième trimestre, la chute du PIB en Allemagne aura finalement été un peu moins forte qu’annoncé dans un premier temps. Selon la nouvelle estimation publiée ce mardi matin par l’office fédéral de statistiques, Destatis, au printemps le PIB allemand a ainsi baissé de 9,7 % et non de 10,1 % comme estimé le 30 juillet.

    Pour autant, le choc reste rude, même s’il est moindre que celui de la France – chute de 13,8 % en première estimation. Et en rythme annuel, la baisse du PIB allemand par rapport à la même période de 2019 atteint 11,3 %. Dans les deux cas, la baisse constatée est la plus importante depuis la crise financière de 2008-2009, souligne Destatis. Et même la plus élevée depuis 1970.

    Mais comme dans de nombreuses autres économies, l’Allemagne espère connaître une reprise rapide, même si, selon le ministre allemand des Finances Olaf Scholz, l’économie du pays ne devrait renouer avec son niveau d’avant-crise que vers la fin 2021. En tout état de cause, la dernière enquête réalisée par l’Institut Ifo suggère que les chefs d’entreprise anticipent un raffermissement de l’activité.

    Publié ce matin, l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne pour le mois d’août est ressorti à 92,6. En hausse par rapport à son niveau de juillet (90,4) mais surtout plus haut que le niveau sur lequel tablaient les économistes. Et selon Clemens Fuest, le président de l’Ifo, le climat des affaires s’est « considérablement amélioré » dans le secteur manufacturier et a « fortement progressé » dans les services. Seul le secteur du commerce semble cultiver encore une grande prudence.

    Si ces résultats estivaux sont encourageants, le détail des chiffres publiés ce mardi par Destatis montre l’ampleur du choc subi par la première économie européenne au printemps dernier. Et soulignent le chemin à parcourir pour retrouver un niveau d’avant crise. Comme dans tous les pays dont l’économie a été mise à l’arrêt par la crise sanitaire et les mesures de confinement, la consommation des ménages s’est effondrée : elle a ainsi baissé de 10,9 % d’un trimestre à l’autre.

    De son côté, l’investissement a subi un sérieux coup d’arrêt et a chuté de 19,6 %. Seul le secteur de la construction a mieux résisté, avec un repli de seulement 4,6 % de ses investissements.

    Au final, seules les dépenses et la consommation des administrations publiques ont permis de limiter la casse. Avec une hausse de 1,5 % sur le trimestre, elles « ont eu un effet stabilisateur […] et empêché une baisse encore plus importante du PIB », souligne Destatis.

    The gross domestic product fell sharply by 9.7% in the 2nd quarter of 2020 on the 1st quarter of 2020 after adjustment for price, seasonal and calendar variations. https://t.co/PIgV1qBKjo #GDP pic.twitter.com/r69vyefm4K

    La pandémie de coronavirus étant mondiale, la « locomotive exportatrice » allemande a, logiquement, été mise à mal. « Le commerce avec les pays étrangers s’est également effondré », souligne Destatis : les exportations de biens et de services ont chuté de 20,3 % et les importations de 16,0 %. Là encore, il s’agit du repli le plus important depuis la crise de 2008-2009.

    L’autre conséquence hautement symbolique de cette crise sanitaire est à chercher du côté de l’emploi. Non seulement l’Allemagne a enregistré au printemps dernier sa plus importante baisse de l’emploi depuis la réunification de 1989-1990 (-1,3 %), mais c’est la première fois depuis 2010 que l’emploi baisse dans le pays. Et ce, alors même qu’il était encore au plus haut en début d’année.

    Enfin, l’Allemagne a vu la productivité globale du travail diminuer de 1,5 %. Et la productivité moyenne des salariés chuter de 10,2 % d’un trimestre à l’autre.

    L’Etat allemand a accusé un déficit budgétaire de 51,6 milliards d’euros au premier semestre 2020, en pleine crise du coronavirus.

    Ce déficit des comptes publics (Etat, régions, communes et Sécurité sociale) représente 3,2 % du PIB allemand et dépasse les critères européens, qui fixent une limite de 3 % du PIB pour un éventuel déficit.

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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