Donald Trump lance sa campagne depuis la Maison-Blanche

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    Analyse

    Donald Trump prononcera, ce jeudi 27 août, le discours d’acceptation de l’investiture, point d’orgue de la convention républicaine. Contrairement à ses prédécesseurs, soucieux de ne pas mélanger fonction présidentielle et politique partisane, il a choisi la Maison-Blanche pour décor. Dans le plus pur style Trump.

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    Depuis qu’il est apparu, un jour de juin 2015, en haut d’un escalator de la Trump Tower pour se lancer dans la course à l’investiture et fondre sur la Maison-Blanche, Donald Trump n’a cessé de casser les codes, à coups de tweets nocturnes et de provocations diurnes… Cinq ans plus tard, à l’heure de briguer un second mandat, il persiste : le discours d’acceptation de l’investiture républicaine, qu’il prononcera ce jeudi 27 août au soir, sera inédit. Il aura lieu à la Maison-Blanche, du jamais vu pour un chef de l’État en campagne, tenu de séparer sa fonction – la présidence – de ses ambitions électorales.

    « C’est un mélange des genres incroyable, tonne un diplomate européen en poste à Washington. C’est tout à fait contraire à l’esprit de la loi Hatch, qui interdit aux fonctionnaires de faire de la politique pendant leur travail. » Contraire à l’esprit de la loi ? Les démocrates ont beau demander des comptes, Donald Trump n’en a cure. Son équipe annonce même un événement spectaculaire avec feu d’artifice et décor grandiose, forcément présidentiel.

    Donald Trump est habitué à flirter avec cette ligne jaune. Un « atavisme familial », assurent ses biographes, qui rappellent que son grand-père, immigré allemand, a tenu des établissements mi-hôtels, mi-maisons closes, au temps de la ruée vers l’or en Alaska et dans le Yukon, et que son père, entrepreneur immobilier porté sur l’entourloupe, a été inquiété par la justice.

    Héritage Trump ou style Donald, cette vieille habitude a déjà valu au président une procédure d’impeachment. Mais il en est sorti sans grands dommages. Alors, pourquoi ne pas continuer ? D’autant que sa base aime cet esprit frondeur. « C’est même sa marque de fabrique, résume Célia Belin, chercheuse invitée à la Brookings Institution, un centre de recherche à Washington. C’est ainsi qu’il a battu les ténors du parti lors des primaires républicaines, dont Jeb Bush, fils et frère de président… Il provoque, il ne s’excuse jamais. Ça lui a réussi, alors il continue. »

    Quitte à s’enfermer dans ce style puncheur et à perdre de vue les attentes des Américains ? Car on ne sait toujours pas ce que le président-candidat a à proposer pour un second mandat. Interrogé dimanche 23 août sur ce qu’il ferait en cas de réélection, il est resté évasif. « Je renforcerais ce que j’ai déjà fait et je ferais de nouvelles choses », a-t-il simplement répondu, sans plus de précisions.

    Alors qu’en 2016 il se présentait armé d’un slogan percutant, il apparaît aujourd’hui les mains vides. La pandémie a mis à mal au printemps le message testé pendant l’hiver – « jamais les États-Unis ne se sont aussi bien portés » – et le locataire de la Maison-Blanche est en panne de plan B. Fait inédit encore, le parti républicain a tenu sa convention avec pour programme celui… de 2016.

    Pourtant, les sondages ne lui sont pas favorables : 42 % pour le président sortant, 52 % pour le démocrate, selon l’enquête CBS publiée samedi 23 août. Il est donné battu dans la majorité des États clés (Floride, Michigan, Pennsylvanie, etc.).

    L’intervention de jeudi soir est donc très attendue. Donald Trump va-t-il faire de nouvelles propositions, ou se contenter de dénoncer « la gauche radicale » ? Stratégie de l’attention – aux Américains – ou stratégie de la tension ? Ce discours, tenu dans une Amérique inflammable, donnera le ton des dix semaines qui mèneront au 3 novembre.

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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