Explosion à Beyrouth : le gouvernement libanais démissionne 

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    Six jours après l’explosion qui a frappé Beyrouth, la capitale du Liban, le Premier ministre libanais Hassan Diab a annoncé ce lundi 10 août la démission de son gouvernement. Le chef du gouvernement, qui se dit indépendant, a pointé du doigt la classe politique traditionnelle responsable de ses échecs. À la télévision, il a souligné notamment la « corruption » ayant conduit à « ce séisme qui frappe le pays ». « Aujourd’hui, j’annonce la démission de ce gouvernement », a-t-il fait savoir. 

    Durant une réunion du cabinet, « la plupart des ministres étaient en faveur d’une démission », selon Vartiné Ohanian, ministre de la Jeunesse et des Sports. Cette démission ne devrait cependant pas satisfaire le mouvement de protestation populaire qui réclame le départ de toute la classe politique, accusée depuis des mois de corruption et d’incompétence.

    Depuis l’explosion meurtrière du 4 août sur le port de Beyrouth, le gouvernement de Hassan Diab perdait ses ministres un à un. Ce lundi 10 août, le ministre des Finances, Ghazi Wazni, avait démissionné à son tour. La ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, la ministre de l’Information, Manal Abdel Samad, et le ministre de l’Environnement, Damianos Kattar, avaient déjà quitté le gouvernement dans ce climat des plus tendus. En effet, la population, très en colère, rend l’ensemble de la classe politique responsable de l’explosion meurtrière au port de Beyrouth et réclame son départ. Alors que son gouvernement vacille, le président Michel Aoun, de plus en plus contesté, a rejeté une enquête internationale. Et les autorités n’ont pas communiqué les détails du déroulement de l’enquête locale.

    « La démission des ministres n’est pas suffisante. Ils doivent rendre des comptes », a affirmé Michelle, une jeune manifestante dont l’amie a été tuée dans l’explosion. « Nous voulons un tribunal international qui nous dise qui l’a tuée, car ils (les dirigeants, NDLR) vont dissimuler l’affaire. » Selon la Constitution, le gouvernement tombe si plus d’un tiers de ses membres démissionnent. Le cabinet d’Hassan Diab avait été formé en janvier après la démission de celui de Saad Hariri sous la pression d’un mouvement de contestation populaire inédit. Samedi, Hassan Diab a indiqué qu’il était prêt à rester dans ses fonctions pendant deux mois, jusqu’à l’organisation d’élections anticipées dans un pays dominé par le mouvement armé du Hezbollah, un allié de l’Iran et du régime de Bachar el-Assad en Syrie.

    Lors des manifestations samedi et dimanche, réprimées par les forces de sécurité, les protestataires ont appelé à la « vengeance » et réclamé des comptes à une classe politique totalement discréditée après l’explosion, une catastrophe de plus dans un pays mis à genoux par une crise économique inédite aggravée par l’épidémie de Covid-19. Les élections anticipées ne sont pas une des principales revendications de la rue, car le Parlement est contrôlé par les forces traditionnelles qui ont élaboré une loi électorale calibrée pour servir leurs intérêts. « Tous veut dire tous », ont clamé ces deux derniers jours les manifestants, appelant au départ de tous les dirigeants. Des effigies de nombre d’entre eux, dont Michel Aoun et Hassan Nasrallah, ont été accrochées à des cordes de pendus lors des rassemblements. « Il y a une seule personne qui contrôle ce pays, c’est Hassan Nasrallah », a affirmé l’un des neuf députés ayant annoncé leur démission, Nadim Gemayel. « Pour élire un président, désigner un Premier ministre (…), il faut le feu vert et l’autorisation d’Hassan Nasrallah. »

    Alors que les Libanais continuent d’enterrer leurs morts, les secouristes ont désormais perdu tout espoir de retrouver des survivants de l’explosion. Au grand désespoir des familles des disparus, qui accusent les autorités d’avoir tardé à organiser les recherches. Moins de 20 personnes sont toujours disparues, selon les autorités. « Nous réclamons la poursuite des recherches », a lancé sur les réseaux sociaux Emilie Hasrouty, dont le frère serait enseveli sous les décombres.

    Dimanche soir, des habitants ont allumé des bougies sur une corniche surplombant le port pour rendre hommage aux victimes. Dans le même temps, des heurts ont opposé dans le centre-ville pour la deuxième journée consécutive manifestants aux forces de sécurité, qui ont tiré gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc. Le drame a relancé la contestation populaire déclenchée le 17 octobre 2019 pour également dénoncer la corruption des dirigeants mais qui s’était essoufflée avec la pandémie de coronavirus.

    La communauté internationale, qui depuis des années réclame au pouvoir libanais des réformes et une lutte contre la corruption, a bien montré, lors d’une visioconférence dimanche coorganisée par la France et l’ONU, qu’elle ne lui faisait plus confiance. Elle a annoncé qu’elle allait « directement » distribuer à la population les 252,7 millions d’euros d’aide aux victimes de l’explosion. Et elle a exigé une enquête « transparente » sur les causes de la catastrophe qui a fait près de 300 000 sans-abri, auxquels le gouvernement n’a encore fourni aucune aide.

    Ce lundi 10 août, le gouvernement égyptien a annoncé le transfert de « produits dangereux » stockés sur des sites aéroportuaires vers des lieux « sûrs » à la suite de l’explosion meurtrière. Des « mesures de précaution » vont être prises « concernant des produits dangereux en s’en débarrassant immédiatement ou en les déplaçant vers des lieux de stockage sûrs, loin des aéroports et zones d’habitation », a indiqué l’aviation civile égyptienne dans un communiqué tard dimanche soir.

    Ce communiqué fait notamment référence à des matériaux stockés dans « des entrepôts (…) à l’aéroport du Caire et dans d’autres aéroports du pays », sans donner plus de détails. « Un comité va évaluer toutes les procédures qui s’appliquent dans les zones de stockage (…) afin de prévenir tous les risques », a ajouté le ministre de l’Aviation civile, Mohamed Manar, cité dans le communiqué.

    Cette décision intervient après l’explosion meurtrière sur le port de Beyrouth le 4 août, causée par 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis six ans sans « mesures de précaution », de l’aveu même du Premier ministre libanais Hassan Diab. La déflagration, la plus violente qu’ait connue Beyrouth, a fait au moins 158 morts et 6 000 blessés, selon un bilan encore provisoire. Des quartiers entiers de Beyrouth ont été dévastés par l’explosion, qui a provoqué un cratère de 43 mètres selon une source de sécurité.

    La constitution actuelle est bancale et communautaire, c’est un fait, mais elle organise la représentation de tous. Comment la remplacer ? Par un régime parlementaire élu à la proportionnelle ? C’est offrir le pouvoir totalement aux chiites qui représentent 40% de la population et sont totalement aux ordres de Nasrallah… Je ne suis pas certain que les voisins apprécient en particulier Israël…

    Nomination par M. Aoun d’un nouveau PM chargé de former un nouveau gouvernement.
    Puis, à brève échéance, élections législatives anticipées.
    Si tout se passe « normalement », cela va sans dire…

    Après plusieurs démissions au sein du gouvernement, la démission du gouvernement tout entier sera sans doute présentée ce soir. C’est ce que demandait le peuple libanais.
    Ensuite…

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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