François Busnel : « Il faut écouter les jeunes lorsqu’ils disent que Sartre et Despentes ont changé leur vie »

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    La seule émission littéraire de la télévision française, la Grande Librairie, s’ouvre aux collégiens et lycéens, par le biais d’un concours de lecture à voix haute, dont la finale est diffusée sur France 5 mercredi 26 août. Entretien avec François Busnel, artisan du concept.

    François Busnel La lecture à voix haute a plusieurs vertus : elle libère le lecteur. Lorsque vous lisez dans votre tête, vous créez des images qui vous transportent. Dès que vous lisez à voix haute, s’y greffe le pouvoir des mots qui se libèrent de la gangue de papier pour épouser votre ton et votre voix. Vous renouez avec l’origine de la littérature : l’oralité. Lire silencieusement est un des plus grands plaisirs de l’existence. Mais lire à voix haute permet de décupler le plaisir.

    François Busnel Ce concours s’adresse à des jeunes qui ont l’âge où tout est possible. C’est aussi l’âge où certains sont en décrochage scolaire, notamment à cause des réseaux sociaux, grands concurrents de la lecture. Ce qui m’intéresse, c’est trouver un moyen efficace de lutter contre l’illettrisme, l’analphabétisme et le décrochage scolaire. Je suis persuadé que le meilleur moyen, c’est de raconter des histoires. Car raconter signifie lire et transmettre. Vous avez un auditoire et vous pouvez lui transmettre votre passion. Au départ, l’objectif du concours était d’offrir aux jeunes des armes pour affronter le quotidien. Certains d’entre eux viennent de zones d’éducation prioritaire et la plupart ne lisaient pas. Ce concours leur a permis de redécouvrir la lecture et leur a fait comprendre que lire, c’est aussi s’offrir un monde. Je pense qu’on sous-estime la puissance de la jeunesse et sa grande capacité à s’approprier le vieux média qu’est le livre. Les participants ont choisi eux-mêmes leurs textes, ce qui a permis de s’éloigner de la prescription scolaire. J’ai été agréablement surpris par les livres choisis par les participants. La plupart d’entre eux sont engagés, par exemple King Kong Théorie, de Virginie Despentes. Ces choix de textes donnent à la lecture à voix haute toute sa puissance.

    François Busnel C’est une très bonne surprise. La Grande Librairie s’adresse principalement à un public qualifié par certains de « vieillissant ». Or, nous nous sommes retrouvés avec plus de 140 000 inscriptions en décembre. Preuve que la littérature a encore de beaux jours devant elle… Les grands artisans de cette victoire sont les enseignants. Ils se sont emparés de cette idée comme un support pédagogique supplémentaire. J’ai rencontré le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour lui proposer un partenariat. Il a pris la forme d’une circulaire qui autorisait les professeurs à former les jeunes à la lecture à voix haute sur leur temps de cours. Il faut que les professeurs aident les élèves à lire à voix haute, car ils apprennent ainsi à se tenir droit, à respirer, à sortir de leur bulle.

    François Busnel Nous allons le renouveler, car c’est une formidable réussite ! Les candidatures pour le prochain concours ouvrent début septembre.

    François Busnel J’ai l’ambition de transformer ce pays en nation de lecteurs. Je pense que c’est possible. Il faut ouvrir aux jeunes les portes des libraires. Il faut les écouter lorsqu’ils disent que Sartre et Virginie Despentes ont changé leurs vies. Pour raconter qui ils sont, le meilleur moyen est de choisir un texte qui les représente.

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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