La poliomyélite a officiellement disparu du continent africain

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    INFOGRAPHIE – Le dernier cas de polio y a été détecté voici quatre ans, au Nigeria. Grâce à des campagnes massives de vaccination, le virus ne circule plus que dans deux pays, l’Afghanistan et le Pakistan.

    La souche sauvage du virus responsable de la poliomyélite est éradiquée d’Afrique. L’annonce a été faite officiellement ce mardi 25 août 2020 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Vu d’Europe, cela peut sembler anecdotique, mais il s’agit d’un pas historique pour l’Afrique. « Nous allons célébrer cette certification mais la surveillance doit être renforcée », a expliqué hier le Pr Rose Leke, qui a présidé la commission chargée de confirmer l’éradication.

    Jusqu’au début du XXe siècle, des dizaines de milliers d’enfants restaient paralysés chaque année dans le monde suite à une forme grave de poliomyélite avec atteinte neurologique. Cette maladie très contagieuse se transmet par l’eau ou des aliments contaminés par des excréments contenant le virus. La polio reste la hantise de la planète jusqu’au milieu du XXe siècle avec la mise au point du vaccin, ou plutôt des vaccins, car il en existe deux. « Le vaccin inactivé de Jonas Salk (VPI) est arrivé en 1954 et le vaccin vivant atténué oral (VPO) d’Albert Sabin en 1957, explique le Pr Pierre Saliou, ancien président de l’Académie des sciences d’outre-mer et professeur agrégé du Val-de-Grâce. La vaccination systématique a rapidement fait disparaître la maladie dans les pays développés, mais elle a continué à sévir dans les pays en développement. »

    Fort du succès de l’éradication globale de la variole en 1980, l’Assemblée mondiale de la santé lance, en 1988, l’initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite (Imep), sous l’égide de l’OMS, de l’Unicef et du Rotary international. D’autres financeurs, dont Gavi, l’alliance mondiale pour les vaccins, se sont depuis joints à l’effort.

    Si le virus survit dans ces régions, c’est avant tout parce que les campagnes de vaccination rencontrent de très grandes difficultés dues aux réticences des populations

    « Les deux vaccins sont très efficaces sur le plan de la protection individuelle, ajoute Maël Bessaud, chercheur au sein de l’unité Populations virales et pathogenèse à l’Institut Pasteur. Mais ils ont tous deux un corollaire du point de vue épidémiologique. Le vaccin par injection protège de la maladie, sans empêcher l’infection. C’est-à-dire qu’un individu vacciné peut être porteur sain et peut donc contaminer les autres. Le vaccin oral est lui conçu à partir de virus vivant atténué. Ce virus est secrété dans les selles et peut redevenir pathogène après deux ou trois années de circulation. Il n’est donc pas dangereux pour la personne vaccinée, mais en cas de faible couverture vaccinale, il peut contribuer à faire redémarrer l’épidémie. »

    Dès les premières années, les résultats des campagnes vaccinales ont été spectaculaires, se souvient le Pr Saliou : « On est passé de 35.000 cas notifiés dans 125 pays endémiques en 1988, à 8500 cas dans 60 pays en 1994 et 784 cas dans 7 pays en 2003. » Au 24 juillet 2020, il ne restait que 199 cas de polio dus à une souche sauvage dans le monde, 49 cas en Afghanistan et 150 au Pakistan.

    « Si le virus survit dans ces régions, c’est avant tout parce que les campagnes de vaccination rencontrent de très grandes difficultés dues aux réticences des populations », analyse Maël Bessaud. Le satisfecit reste donc prudent. « À partir de l’Afghanistan et du Pakistan, il peut y avoir des cas importés en Afrique à tout moment », met en garde le Pr Rose Leke.

    En attendant, l’annonce de l’OMS fait souffler un vent d’espoir sur le continent africain. Le dernier cas de poliomyélite à virus sauvage a été détecté il y a quatre ans dans l’État de Borno (nord-est du Nigeria). La difficulté est de vacciner dans les enclaves les plus reculées du monde. Et la stratégie de lutte a évolué en 2014. Plutôt que de ­repérer l’existence du virus à partir des personnes malades, l’OMS s’est focalisée sur les traces environnementales dans les eaux usées. « Ce revirement a permis de limiter la circulation du virus avant même l’apparition de nouveaux cas, analyse Maël Bessaud. Seulement une personne infectée sur cent présente des symptômes de paralysie. Rien n’empêche que l’épidémie progresse à bas bruit, si on se contente de l’observation des malades. »

    On arrivera vraiment à se débarrasser de la polio dérivée des vaccins le jour où on ne vaccinera plus qu’avec le vaccin inactivé

    « L’engagement du plus haut sommet des États et l’implication des communautés ont joué un très grand rôle dans cette réussite, ajoute le Pr Leke. Au Nigeria, les leaders traditionnels ont contribué à faire entendre la voix de ceux qui ont survécu à la polio. » Pour le Pr Saliou, « on arrivera vraiment à se débarrasser de la polio dérivée des vaccins le jour où on ne vaccinera plus qu’avec le vaccin inactivé ». « Il y a un débat sur l’abandon du vaccin oral, ajoute Maël Bessaud. À mon avis, il est trop tôt pour l’abandonner totalement. On sait qu’il existe des excréteurs chroniques qui peuvent transmettre la maladie toute leur vie. Si on se contente du vaccin à injection, au vu de la couverture vaccinale actuelle, on ne peut donc pas empêcher le virus de circuler. Des équipes travaillent sur un troisième vaccin, qui, lui, devrait répondre à cette problématique. »

    En attendant l’éradication globale du virus tant recherchée, la vigilance reste de rigueur. Sur les trois souches de poliovirus qui circulaient dans le monde autrefois, seule la souche PVS1 circule encore dans certaines régions reculées d’Afghanistan et du Pakistan. Mais l’OMS met en garde sur le fait que des souches dérivées des souches vaccinales peuvent encore se propager dans le monde, « dans certains contextes ».

    C’est terrible de dire cela mais la misère et la démographie galopante va s’intensifier si l’on trouve des vaccins pour tout . Malgré tout l’on ne peut que se réjouir pour ces enfants qui restaient paralysés suite a cette maladie particulièrement grave.

    Très bien.On ne peut s’empêcher deux remarques:-en France, beaucoup ne se font pas vacciner par idéologie.-l’Afghanistan est un gros pourvoyeurs de migrants en France et ne bénéficient d’aucun contrôle à leur arrivée .Chacun en tirera les conclusions qu’il voudra.



    SOURCE: https://www.w24news.com

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