Rentrée littéraire 2020 : les 10 romans choisis par « l’Obs » et France Culture

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    Six ans après « le Royaume », sur les Evangiles et la foi, Emmanuel Carrère poursuit sa quête littéraire et spirituelle. Il est icii question de méditation et de dépression, de sagesse et de folie – celle de l’auteur, hospitalisé à Sainte-Anne. S’entremêlent aussi les attentats contre « Charlie Hebdo » et Patanjali, la tragédie des migrants et la poésie. Un grand livre sur la condition humaine. Bouleversant.

    La Tannerie, c’est le centre culturel de banlieue où Jeanne, jeune Bretonne montée à Paris, est embauchée en CDD. Là, elle va découvrir l’amour fou à sens unique, la fièvre de Nuit Debout, et les dures lois de la solitude contemporaine. Une « Education sentimentale » au féminin, qui se dévore comme une excellente série télé.

    Un jeune journaliste de l’AFP enquête sur la naissance d’Internet et tente de comprendre comment et pourquoi le président Giscard d’Estaing a laissé partir aux Etats-Unis les découvertes de l’ingénieur français Louis Pouzin, à l’origine de la révolution numérique. Ce vaste portrait de la France capitaliste et lobbyiste des années 70 se double d’un autoportrait fantasmé d’Eric Reinhardt. Passionnant.

    Une seule phrase de plus de mille pages ! Dans « les Lionnes », l’Américaine Lucy Ellmann, fille du plus grand biographe de James Joyce, relève cet impossible défi. La narratrice est une mère de famille qui évoque aussi bien l’éducation de ses enfants que la politique américaine, les courses à faire pour le diner ou le dernier film qu’elle a aimé. Un monument littéraire autant qu’une prouesse romanesque.

    La Bassée est un hameau tranquille et endormi du centre de la France où vivent un couple, leur fille, et une artiste-peintre. Et voici qu’y débarquent, surgis de nulle part, trois hommes armés. Avec ce roman noir et haletant de 630 pages, l’auteur d’« Apprendre à finir » plonge dans l’horreur une famille ordinaire, soudain rattrapée par les secrets du passé. Un livre d’une force lyrique exceptionnelle.

    Entre 1908 et 2008, entre le Lot, le Cantal et Paris, Marie-Hélène Lafon déploie le portrait d’un fils face aux silences de sa famille et dessine les bonheurs tièdes, la fragilité tortueuse des âmes, la grâce des paysages pour mieux ajouter la tendresse aux saisons. Peut-on résumer une existence ? Une écriture envoûtante, simple et grave comme le passage du temps.

    À Landvil, capitale imaginaire du très cossu Grand Duché d’Éponne, se joue la farce du monde – les outrances de l’argent, la cruauté des utopies, l’illusion des sentiments. Comme s’intègre-t-on dans un tel univers de trompeuse perfection ? Une magnifique fable pleine d’ironie sur les hypocrisies quotidiennes de notre capitalisme décadent.

    Alors que l’affaire Matzneff occupe toujours les esprits, Lola Lafon ausculte les rouages d’une pseudo-fondation qui n’est qu’un miroir aux alouettes pour très jeunes filles de milieu modeste, livrées en pâture à des hommes puissants. Sans jamais tomber dans le pathos, et en donnant une existence propre à chacune des victimes, la romancière panse et pense la déferlante #MeToo.

    Avril, la compagne d’Elias, dit que pour le débarrasser des drames de l’enfance, ils pourraient rassembler tous ses souvenirs dans une caravane et y mettre le feu. Pour Elias, élevé par un père possédé par le don de médium, le chemin de l’élucidation des origines va être plus long. Comment se libérer de la folie mais conserver la tendresse ? Un roman lumineux plein d’humour et de larmes.

    Après « le péché blanc » de l’esclavage dans « Underground Railroad » (2017), l’écrivain raconte la ségrégation à travers la figure méritante du jeune Elwood. Noir dans un monde de Blancs, il rêve d’égalité au son de Martin Luther King. Victime d’une erreur judiciaire, il va vivre le cauchemar d’une maison de correction… Inspiré d’une histoire vraie, dans la Floride des années 60, ce roman est aussi celui de George Floyd et de l’Amérique d’aujourd’hui.

    Retrouvez les choix des deux rédactions ce jeudi 27 août septembre sur France Culture, dans la matinale spéciale rentrée littéraire avec Sandrine Treiner, Jérôme Garcin, Arnaud Laporte, Mathias Enard et Elisabeth Philippe, et chaque jour sur BibliObs.com.


    SOURCE: https://www.w24news.com

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