Rock en Seine : faux festival mais vrai plaisir pour le public

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    Pour les journalistes musicaux comme pour le public, Rock en Seine est le rendez-vous incontournable de la rentrée. L’occasion de se retrouver dans une ambiance conviviale et musicale, devant quelques-unes des légendes et révélations de la culture pop. Alors, il faut bien l’avouer : en découvrant ce jeudi soir le domaine de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), on a un petit pincement au cœur. On perd nos repères. Où sont les cinq scènes, les multiples bars et stands, la foule ?

    Les policiers armés sont toujours là mais les consignes ont changé : le port du masque est obligatoire, le gel hydroalcoolique est omniprésent, les bars et les stands rares, les tables très espacées, les loges des artistes hors d’accès, les places assises. Et on annonce seulement 1 500 spectateurs sur la grande plaine, où se massent jusqu’à 40 000 personnes les grands soirs. Forcément, ce n’est pas la même ambiance.

    Ce soir, ce n’est pas Rock en Seine, même si c’est son équipe qui organise la soirée avec France 2 et France Inter, qui la diffusent en direct. Ce soir, c’est le Festival des Festivals, un événement solidaire réunissant une trentaine d’artistes qui n’auraient pas forcément joué à Rock en Seine cette année mais qui auraient dû faire la tournée d’été des festivals.

    Ce n’est pas dans un festival que l’on entre mais dans une émission de télévision en plein air. « Le plus dur, avouent Élise et Nicolas, venus avec leur fille Élise, ce n’est pas d’être masqués, c’est d’être assis. Ce n’est pas l’esprit d’un festival. Mais on est contents malgré tout d’être là. » Tous les trois sont masqués. « On n’a aucune crainte d’être là. La preuve, on est venus avec notre fille. »

    Cette famille de Montrouge, fidèle de Rock en Seine, n’a assisté qu’à un seul concert depuis mars dernier, celui de Benjamin Biolay à Radio France : « Ce n’était qu’une demi-heure, mais c’était déjà ça. Et ce soir, c’est aussi une consolation. On prend ce qu’il y a à prendre. » Ont-ils une préférence entre Calogero, Alain Souchon – le chouchou de Roselyne Bachelot -, Camélia Jordana, Yael Naïm, Hatik ? « Pas ce soir, répondent-ils. C’est un plaisir de retrouver tous les artistes. »

    Quand Catherine Ringer, Jeanne Added et Oxmo Puccino lancent à 21 heures ce concert-émission sur une reprise de « Soul Makossa », en hommage à Manu Dibango terrassé par le coronavirus, le public se lève. « C’est super ! » crie la petite Nina. Avec sa mère Anne et sa mamie Odile, la fillette ne rate jamais une édition de Rock en Seine. « Évidemment, on est plutôt rock et électro, mais la programmation de ce soir nous va très bien, avoue sa maman. C’est la première fois qu’on va à un concert depuis six mois. Alors on est bien contents d’être là malgré tout. »

    Ces fidèles de Rock en Seine, qui viennent en voisins de Sèvres, pensaient d’ailleurs qu’il y aurait rien fin août au parc de Saint-Cloud. « Quand on a reçu, en tant qu’habitués du festival, un mail de l’organisation nous proposant de prendre des invitations pour cette soirée, on a été agréablement surpris, avoue Anne. On a tout de suite répondu oui. On est là pour le plaisir et pour soutenir les artistes. On a des amis musiciens pour qui c’est dur de ne pas avoir de travail. J’espère que madame Bachelot, qui est là ce soir, aura une bonne politique d’aide pour eux. La France sans culture, ce n’est plus la France. »

    La ministre de la Culture est venue « saluer les organisateurs de cette soirée qui ont réussi à trouver une réponse dans cette période » mais aussi rencontrer dans les coulisses du festival plusieurs directeurs et directrices de festivals et producteurs de spectacles. « Ce secteur est sinistré, dévasté, rappelle Roselyne Bachelot. C’est un secteur qui a besoin de retrouver la confiance. » Pendant une demi-heure, la ministre écoute les soucis des professionnels mais aussi leurs idées et leur solidarité.

    Les producteurs et festivals privés ont appris dans la journée qu’ils allaient recevoir 210 millions d’aides de l’Etat. Les règles de distanciation dans les concerts ont aussi été allégées, à l’exception des villes situées dans les zones rouges. Ils sont rassurés sur leur avenir, mais demandent que la répartition des aides soit équitable et rappellent qu’ils ont besoin de visibilité pour organiser des tournées.

    « Comment monter une tournée si un préfet dit au dernier moment non dans une zone rouge ? » résume l’un d’eux. « Il manque à vous comme à moi de la visibilité, avoue la ministre. Mais il faut ramener les gens dans nos festivals et nos salles. Il ne faut pas qu’on ait peur. »


    SOURCE: https://www.w24news.com

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