Secrets de Palais: Découvrez la guerre au sommet sur la révision constitutionnelle

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    La présente session parlementaire de juin 2020 s’est ouverte dans un contexte où il se murmure l’éventualité d’une révision constitutionnelle, en vue d’instituer un poste de vice-président de la République au Cameroun. Une éventualité qui suscite déjà de houleux débats dans l’establishment politico-administratif de notre pays sur l’opportunité ou non de ladite révision. Décryptage.

    Il faut le dire d’emblée. La Constitution camerounaise en ses articles 63 et 64 prévoit l’hypothèse d’une révision de la Loi fondamentale. L’article 63 (1) dispose en effet : « L’initiative de la révision appartient concurremment au président de la République et au parlement ». L’alinéa 2 ajoute : « Toute proposition de révision émanant des membres du parlement doit-être signée par un tiers au moins des membres de l’une ou l’autre chambre ». L’alinéa 3 quant à lui se veut plus clair et stipule que : « le parlement se réunit en Congrès, lorsqu’il est appelé à se prononcer sur un projet ou une proposition de révision de la Constitution. Le texte est adopté à la majorité absolue des membres le composant, le président de la République peut demander une seconde lecture. Dans ce cas, la révision est votée à la majorité des deux tiers des membres composant le parlement. »

    L’alinéa 4 de l’article 63 renchérit : « Le président de la République peut décider de soumettre tout projet ou toute proposition de révision de la Constitution au référendum. Dans ce cas, le texte est adopté à la majorité simple des suffrages exprimés ». L’article 64 du titre XI conclut en ces termes : « Aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à la forme républicaine, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Etat et aux principes démocratiques qui régissent la République ».

    Si la Loi fondamentale de notre pays prévoit ainsi l’hypothèse d’une révision constitutionnelle, la question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir si cette révision est opportune et ceci, au moment où la question suscite des remous dans certains salons huppés de la capitale. Pour répondre à cette préoccupation, 2 tendances semblent ouvertement s’affronter à côté de multiples autres indécis. On retrouve d’un côté les légalistes qui soulèvent la pancarte « Touche pas à ma Constitution ». Ce camp comporte 2 groupes : celui des fondamentalistes qui estiment que la Constitution est faite pour être appliquée. Pour eux, la Constitution actuelle a prévu tous les mécanismes nécessaires pour une saine alternance confiant ainsi l’intérim au président du Sénat qui dispose alors d’un délai constitutionnel de 20 à 120 jours pour organiser l’élection présidentielle.

    Il faut bien noter en passant qu’il ne s’agit pas de la personne de Niat Njifendji comme individu (parce que certains estiment qu’il est déjà vieux et affaibli par la maladie), mais plutôt du président du Sénat en tant qu’institution. C’est-à-dire que même sur un grabat, il est tenu d’agir et de jouer son rôle, tant qu’il est encore président du Sénat.

    Ces mêmes fondamentalistes estiment par ailleurs que la Constitution actuelle, bonne ou mauvaise, doit être appliquée comme celle qui a porté le président Paul Biya au pouvoir en 1982. Oubliant que quelques mois avant, le président Ahmadou Ahidjo s’était offert le beau rôle en la faisant modifier pour que ce soit le Premier ministre qui le succède en cas de vacance ou de démission à la tête de l’Etat. Quelques temps après, cette Constitution de 1972 modifiée s’est appliquée et Paul Biya est devenu…


    SOURCE: https://www.w24news.com

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