«Soyez indulgent, c’est une première» : retour sur le baptême de feu de Darius Rochebin sur LCI 

    0
    31

    CRITIQUE – Lundi soir, le PPDA suisse faisait ses premiers pas sur la chaine d’info du groupe TF1 dans un JT de plus d’une heure mélant information, décryptage et face-à-face.

    Dès 19h50, David Pujadas l’a intronisé sur le plateau de «20h Pujadas» en le présentant comme «le meilleur présentateur francophone des 20 heures». «Il faut se méfier des éloges», réagit l’intéressé, alors dans le fauteuil de l’invité. «Soyez indulgent, c’est une première», ajoute-t-il après avoir dressé le sommaire de son émission d’1h15 divisée en deux grandes parties: un point sur l’actualité marquée ce lundi par le Covid-19 et les violences de la nuit après le match Bayern / PSG, puis le grand entretien avec un invité politique, Bruno Le Maire pour cette première.

    S’il était un moteur, le «20h Darius Rochebin» serait plutôt un diesel. Lui qui a présenté pendant plus de 20 ans le Journal de 19h30 en Suisse débute son émission sur une longue introduction, pas forcément alléchante. Qui manque en tout cas de dynamisme. Un mal helvête?

    Sa spécialité, c’est l’interview. On nous l’assure de l’autre côté du Jura et cela se confirme ici. Le journaliste aguerri n’hésite pas à poser les questions fâcheuses à ses invités, un virologue ou un expert en sécurité. Mais c’est aussi sa marque de fabrique: ils les enrobent. Il met les formes. «Sans offenser le grand professeur que vous êtes…», lance-t-il à l’un ; «sans faire du café du commerce, vraiment pas», précise-t-il à l’autre. Avec Anne Sinclair, venue analyser la campagne politique américaine, il devient un brin plus mordant. «Vous incarnez ces élites journalistiques qui n’ont pas vu venir Donald Trump. Est-ce par un excès de bien-pensance que vous l’avez raté?»

    L’invité politique, qui débarque à 20h40 pour 20 minutes d’entretien ne sera pas ménagé lui non plus. «Vous faisiez trop de politesses», lance-t-il d’emblée au ministre de l’Economie Bruno Le Maire qui tarde à arriver sur son plateau. Les questions qui suivent sont directes: «Est-ce que vous avez la trouille?», «Est-ce que vous nous racontez des cracks?», «Vous vous rappelez de ce que disait Nicolas Sarkozy de vous, le charisme d’une huître?», «Serez-vous un éternel second?». Toujours en douceur donc et avec le sourire. Un bon bol d’air frais sur nos chaînes info souvent atrabilaires. Et quand Bruno Le Maire relativise les 120% d’endettement en France, le journaliste qui a déjà interviewé Emmanuel Macron ou Vladimir Poutine sur la RTS répond: «Je viens d’un pays, la Suisse, où 50% d’endettement, c’est monstrueux !»

    Les questions des cinq dernières minutes du face-à-face se veulent personnelles. Le «PPDA suisse» fait d’abord remarquer à Bruno Le Maire ses traits vieillis depuis la crise. Le ministre plaide coupable. Les interrogations deviennent parfois anecdotiques. Exemple avec le rappel des surnoms peu flatteurs que le Canard Enchaîné lui avait donné par le passé ou la photo de son cochon dinde Jackie partagée sur son compte Instagram en mars dernier qui s’affiche sur grand écran. Au milieu des taquineries, un compliment. «Vous êtes bon écrivain. Dans votre livre, vous parlez de la mort de votre père. La mort a-t-elle compté pour vous?».

    Une flatterie pour mieux glisser ensuite une devinette, exercice que les politiques n’apprécient guère en général. L’ancienne figure de la droite devant retrouver l’auteur de cette citation: «Personne ne ment comme un ministre des finances, le malheureux n’a pas le choix, le métier de ministre des finances repose sur la confiance, qui est le même repose sur le bluff». «Je ne sais pas qui a dit ça, mais je pense exactement l’inverse», commente Bruno Le Maire qui n’a pas reconnu les mots de Paul Morand.

    Place enfin au «sens de l’actu», une ultime partie «décryptage», comprenant une rubrique historique, linguistique et vérification, portées par trois chroniqueurs, sur trois sujets différents. Un dernier quart d’heure avec beaucoup (trop?) d’informations qui donne un effet fourre-tout. Pas toujours calé entre les transitions, les changements de plateau et les relances des intervenants maison tout au long de l’émission, le présentateur finit par s’en excuser. «C’est une première, il y a un peu de flottement», justifie-t-il. Avant de remercier les téléspectateurs «d’avoir essuyé les plâtres» avec, c’est le Suisse qui parle, «parfois un peu de désordre».


    SOURCE: https://www.w24news.com

    Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

    Laisser un commentaire

    Votre point de vue compte, donnez votre avis

    [maxbutton id= »1″]




    LEAVE A REPLY

    Please enter your comment!
    Please enter your name here