VOICI POURQUOI UN MILITAIRE EST MIS AUX ARRETS A MAROUA.

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    UN MILITAIRE AUX ARRÊTS À MAROUA : CAMEROON

    Le caporal-chef Ngwenya Daniel a abattu un moto-taximan.

    La hiérarchie de l’armée a frappé. Le caporal-chef Ngwenya Daniel, en service au Bataillon d’Intervention Rapide (Bir), qui a abattu un moto-taximan au quartier Domayo à Marouaest désormais incarcéré. Il a été conduit à la gendarmerie de Doualaré à Maroua, après un passage au commissariat du 1erarrondissement de la ville. Le militaire s’était lui-même rendu dans les locaux de la police. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 8 au 9 juin 2019, au quartier Domayo.

    Devant le bar appelé « Vieux Manoir », démarre une altercation entre un militaire et un conducteur de moto. Le militaire finit par sortir son arme et tire sur Souhaibou Oumarou, le moto-taximan. Grièvement touché, celui-ci décèdera le lendemain matin à l’hôpital régional de Maroua. Une autre personne a été touchée au cours de ces événements. Il s’agit d’Adamou Ousmanou. Son pronostic vital, selon les médecins de l’hôpital régional de Maroua, n’est pas engagé. Si les autorités de la ville de Maroua redoutaient une montée de tension à la suite de ce dramatique évènement, le dialogue a fini par apaiser les esprits. Le site des camerounais de Belgique. « Le Bir a demandé que son élément soit mis à la disposition de la gendarmerie pour qu’il réponde de ses actes. En aucun moment, cette prestigieuse unité de notre armée ne s’est placée au-dessus des lois. Voilà l’armée républicaine que nous appelons de tous nos voeux. Nous n’assimilons pas les égarements d’une brebis galeuse au BIR qui fait notre fierté », explique Abdoulaye, moto-taximan. Sur les circonstances du drame, les avis divergent. Selon les déclarations des moto-taximen, c’est une divergence autour du prix du transport Domayo-Camp BIR de Salak qui serait à l’origine de la situation.

    « Le militaire a demandé à être conduit au camp du BIR à Salak, mais ce qu’il a proposé n’a pas intéressé le moto-taximan. Il s’en est suivi une dispute et le militaire a pris son arme et a tiré sur lui », relate Bakoura Issa, moto-taximan qui reconnaît toutefois avoir accouru sur les lieux après le premier coup de feu. Et de poursuivre : « Nous sommes arrivés après ce premier coup de feu. Le militaire a voulu se dégager et a tiré un second de feu qui a touché une personne, puis, pour sauver certainement sa tête, il a trouvé refuge au commissariat du 1er arrondissement à Hardé. L’info claire et nette. Sur place, quelques poursuivants ont jeté de nombreuses pierres sur le bâtiment et ont d’ailleurs abîmé un véhicule de police stationné dans la cour ». A la gendarmerie de Doualaré non loin des services du gouverneur où le caporal-chef Ngwenya Daniel est gardé, difficile de lui parler. « L’enquête est en cours. Nous n’avons aucune déclaration à faire aux journalistes », a répondu un gendarme sur les lieux. Cependant, à en croire des sources la version du militaire est en totale contradiction de celle des moto-taximan. « Mettant en avant sa formation d’instructeur au CAT, il dit avoir fait usage de son arme en ultime recours devant des personnes qui se comportaient à son égard de façon hostile », explique un militaire.

    En tout état de cause, seule l’enquête ouverte pourra dégager toutes les responsabilités dans cette regrettable affaire. D’ores et déjà, ce qui ne fait l’ombre d’aucun doute est la mort du mototaximan de suite de balles. Reste à l’enquêter à déterminer les circonstances. « Il y a homicide. L’enquête va dire s’il est volontaire ou non. Connaissant toutefois le sérieux du BIR, je puis dire que le caporal-chef est mal parti. Il sera sérieusement sanctionné pour violation de consignes. Que faisait-il avec son arme-là ? », interroge Jacob Abraham qui tient une échoppe à l’avenue Domayo. Dans les milieux de l’armée, la discipline de fer qui règne au BIR n’est plus à démontrer. Parmi tant d’autres, citons les exemples du capitaine Koung, impliqué dans des violations des droits de l’homme à l’Est et mis à la disposition de la justice par le BIR. Il a pris trois années de prison ferme. De même, le lieutenant Lion Gauthier, accusé des exactions sommaires dans le cadre de la lutte contre Boko Haram à l’Extrême-Nord est actuellement détenu dans les geôles du Secrétariat d’Etat à la défense à Yaoundé.

    source: camer.be

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