World news – A Paris, la place de la République redevient un camp d’exil

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AFP

le 25 mars 2021 à 21h06

4 min de lecture

Les tentes ont réapparu jeudi soir sur la place de la République au cœur de Paris à l’initiative de plusieurs associations œuvrant en faveur des exilés, près de quatre mois après une opération similaire qui a abouti à une intervention musclée de la police terminée.

« Nous retournons sur la place de la République parce que c’est un lieu symbolique et parce que rien n’a vraiment changé depuis la dernière action et qu’il y a encore tellement de monde dans la rue », a déclaré Kerill à l’AFP. Theurillat, responsable parisien d’Utopia56, l’une des associations à l’origine de ce nouveau camp.

Il y en a environ 350 sur la place, principalement d’Afghanistan et d’Afrique subsaharienne, qui plantent leurs tentes dans une ambiance détendue peu avant le début du couvre-feu .

Contrairement aux violences qui ont interrompu le démantèlement du camp précédent le 23 novembre et ont même choqué le ministre de l’Intérieur, la police est restée à l’écart.

Et peu après minuit, les autorités ont commencé une opération de protection en portant les familles sont montées à bord des premiers bus pour les emmener dans un refuge d’urgence, a noté l’AFP.

Tresses rouges vêtue d’une veste en simili cuir, Sandrine, une Ivoirienne de 33 ans, est arrivée en France il y a un an pour des raisons de santé et dans l’espoir « d’avoir une vie meilleure ».

« I je suis dans la rue, je m’accroupis de droite à gauche, mais récemment, je suis allé dehors et j’ai été violée presque deux fois. Ce sont des expériences traumatisantes … j’essaye de m’adapter, mais d’être une femme , seule, dehors. C’est risqué et difficile « , regrette-t-elle.

 » Je dors parfois dans la rue ou loue un lit pour 250 euros. Nous sommes venus en France pour avoir une vie meilleure, mais nous sommes dans la rue « , a déclaré Safai, un Afghan de 24 ans qui a obtenu le statut de réfugié il y a deux semaines. » Sans toit, sans sommeil, ma vie est bloquée « .

L’action a été lancée à l’occasion de la » Nuit de la Solidarité « , un recensement des sans-abri dont, selon leur déclaration commune, les associations ont profité pour » demander leur logement immédiat, stable et décent  » .

Ces exilés de la rue se tournent vers des associations « tous les soirs » à la recherche d’une tente ou d’un logement, alors que de nombreux citoyens leur ouvrent leurs portes tous les soirs « , se plaignent-ils. » Cependant, ce n’est pas aux associations ou des résidents pour trouver un logement pour faire face à l’aggravation de la crise immobilière, mais plutôt une affaire d’État. « 

En marge du début de la » Nuit de la solidarité « , la maire de Paris, Anne Hidalgo, a payé hommage aux associations qu’elle a appelées « Whistleblowers ». il « faisait référence à ceux qui sont présents » à côté du public le plus défavorisé « .

 » C’est la nuit de la solidarité, mais il ne suffit pas de compter les sans-abri, il faut aussi leur proposer un logement « , souligne Theurillat en rappelant que les exilés présents sur la place sont «essentiellement des familles», la préfecture de police de Paris affirme qu’elle «fait preuve de bon jugement».

Le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, a admis à l’AFP «une grande difficulté d’hébergement» en Ile-de-France, puisque «la question des camps inclut non seulement l’orientation vers les demandeurs d’asile, mais aussi l’accès à l’hébergement des réfugiés».

Dans un communiqué, les Préfectures de la police et d’Ile-de-France ont « condamné » l’opération, qu’ils jugent « irresponsable », créant des « risques évidents » dans un contexte de crise sanitaire et « u Bien sûr, « alors que, selon leurs déclarations, la préfecture de région » a les locaux nécessaires « .

Le 23 novembre, évacuation et violences au bord du démantèlement (utilisation de gaz lacrymogène, grenades décodeurs ou journalistes harcelés) a suscité de grandes émotions.

Le même soir, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait évoqué des « images choquantes » et demandé un « rapport détaillé » au chef de la police de Paris. L’IGPN, la «police» et le parquet de Paris ont immédiatement ouvert une enquête.

Cette fois les associations se félicitent, l’opération se termine par la protection. Sans violence.

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