World news – Bertrand Tavernier en sept films incontournables

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Depuis la disparition de Claude Chabrol en 2010, Bertrand Tavernier, décédé le 25 mars, était incontestablement devenu le réalisateur qui représentait le mieux le cinéma français. En grand cinéphile devant le Seigneur, il considérait moralement son pays et son histoire et décultait les maux de la société avec une grande exactitude. Il aborde tous les genres et s’appuie sur des œuvres remarquables. Il a réalisé 22 longs métrages pour le grand écran. Nous en avons sélectionné sept parmi les plus emblématiques.

Bertrand Tavernier a adapté un roman de Georges Simenon pour son premier long métrage. Si l’intrigue du livre était aux États-Unis, le cinéaste mettra en œuvre l’intrigue de l’écrivain dans un vieux quartier de Lyon où vit un horloger pacifique (Philippe Noiret). Ce dernier voit sa vie bouleversée lorsqu’il apprend que son fils a disparu après avoir tué un homme. Le Quadra se rend compte soudain qu’il ne savait rien de son enfant. Un commissaire (Jean Rochefort) vient lui demander son aide … Ce drame est très émouvant et marque la rencontre du cinéaste avec Philippe Noiret, qu’il rencontrera à nouveau sept fois. En 1973, Tavernier débute sa carrière avec style. D’autant plus que son film a reçu le prix Louis Delluc, considéré comme le «Goncourt du cinéma». «  »

Pour sa deuxième tentative, Tavernier frappe encore plus fort avec ce film en costumes qui retracent une période méconnue de l’histoire de France: le règne. Noiret, son acteur préféré, incarne le duc Philippe d’Orléans, dit le régent. En 1719, ce libertin régnait sur le royaume avec des mœurs plus que douteuses et voulait mener une politique très réformiste. Ce bon vivant a pour bras droit l’abbé Dubois (fabuleux Jean Rochefort), premier ministre rusé et manipulateur qui rêve de devenir archevêque. Devant eux un autonome espérant restaurer l’indépendance en Bretagne: le marquis de Pontcallec (l’inévitable Jean-Pierre Marielle), un petit nobliau à la tête d’un soulèvement paysan … Magnifiquement écrit, plein de dialogues terreux, cet ouvrage tragi-comique montre soixante-dix ans avant la prise de la Bastille, les débuts de la révolution et la fin d’un monde qui sera bientôt balayé.

En France rurale en 1893 un homme brutal (Michel Galabru) et violent, interné dans une institution et puis libéré a été saisi par une folie meurtrière. Il erre dans les rues, violant et tuant des bergères. Un juge (Philippe Noiret) l’identifie enfin et gagne sa confiance … Inspiré de la vraie actualité (l’affaire Vacher), ce Tavernier a permis à Galabru de remporter le César du meilleur acteur en 1977! On rencontre aussi une toute jeune Isabelle Huppert, étonnamment mature, dans ce film qui a été tourné dans CinemaScope, où le réalisateur décrit, en coulisses, d’autres aspects d’une société française (l’affaire Dreyfus, la montée du syndicalisme, etc.) en marche par des relations de classe impitoyables ont été empoisonnées. Voir l’incroyable confrontation entre deux monstres sacrés du cinéma, Galabru et Noiret!

Lucien (Philippe Noiret), un représentant unique de l’Ordre dans un petit village du Sénégal en 1938, est une créature faible qui se moque constamment de deux souteneurs et trompé par sa femme (Stéphane Audran). Un jour, le lâche se sent engagé dans une mission de nettoyage et devient un justicier qui tue tous ceux qui l’ont humilié. Tavernier pose l’intrigue d’une série noire de Jim Thompson (1275 Souls) dans l’Afrique coloniale avant la guerre, en proie à la stupidité et au racisme. On se rapproche de l’esprit de La Victoire en chantant (1976), premier long métrage de Jean-Jacques Annaud, dans ce film d’humour sauvage, de personnages honteux et d’une ambiance délicieusement amorale dans laquelle Eddy Mitchell son premier grand rôle au cinéma . Pris avec une caméra portable, Steadicam, c’est l’un des meilleurs tavernes.

Réalisé avec l’aide de son ami Irwin Winkler, l’un des plus beaux films consacrés au jazz (avec Clint Eastwood’s Bird). Le personnage de Dale Turner (joué par le ténor Dexter Gordon) est vaguement inspiré de la vie du saxophoniste américain Lester Young, mais aussi du pianiste Bud Powell. Tavernier a signé une authentique lettre d’amour sur la musique qu’il aime dans ce drame et raconte la belle histoire de l’amitié entre un vieux jazzman en déclin, ravagé par l’alcool et la drogue, et un jeune admirateur parisien (François Cluzet) qui lui a donné confiance dans son talent et le goût de la vie. Le décorateur Alexandre Trauner a recréé le Saint-Germain-des-Prés nocturne et pluvieux de la fin des années 1950 – mais aussi ses caves mythiques, dans lesquelles se produisaient tous les grands musiciens bebop – pour les besoins de ce mélodrame d’une morne mélancolie. Ce voyage musical dégage d’immenses émotions, d’autant plus que le grand Herbie Hancock a supervisé la bande originale. Ne manquez pas l’apparence hilarante de Martin Scorsese!

Cette introduction ultra-réaliste à la vie quotidienne d’une brigade de la drogue à Paris condamne l’insuffisance des ressources dont dispose la police pour faire appliquer la loi. Ce film très documenté, écrit par un ancien policier, Michel Alexandre, a déclenché scandale et polémique à sa sortie (notamment avec le ministre socialiste de l’Intérieur Paul Quilès, qui a accusé Tavernier de son « inexactitude »). Ce thriller, ancré dans une réalité souvent grotesque, dépeint en réalité la réalité de la rue sans maquillage (boutiques, arrestations dans le métro, cachettes dans des sous-marins, descente dans des squats minables). Contrairement à Police de Maurice Pialat (1985), le réalisateur a choisi des acteurs peu connus, ce qui ajoute à la crédibilité de son film. Parmi eux, feu Didier Bezace, Philippe Torreton et Charlotte Kady. Le titre fait référence à l’article du code de la santé publique qui punit tous les délits liés à la possession, au trafic et à l’usage de stupéfiants.

Tavernier avait déjà parlé de la guerre dans La Vie et Rien d’autre (1989) 14 à 18 ans il y a, dans lequel l’histoire du soldat inconnu a été racontée. Ce drame a été scandalisé par la récupération idéologique des morts et a rendu hommage aux 350 000 disparus. Son meilleur film sur le sujet reste cependant Captain Conan sept ans plus tard, co-écrit par Jean Cosmos. Les soldats français de l’armée de l’Est y combattirent dans les Balkans contre les alliés des empires centraux, notamment contre les Bulgares. Et le personnage de Conan (Philippe Torreton, Césarisé), qui dirige un commandement héroïque, mais aussi son ami, le lieutenant Norbert (remarquable Samuel Le Bihan), un intellectuel, sont des personnages inoubliables dans ce film, rythmé par d’impressionnantes scènes de bataille. Un pur miracle!

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